Les compagnies aériennes craignent un rationnement du kérosène

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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L'organisation professionnelle mondiale des compagnies aériennes, l'Iata, a appelé vendredi les différentes autorités de régulation à se coordonner et à être transparentes au cas où un "rationnement" du kérosène se révélerait nécessaire, particulièrement en Europe.

"Il est important que les autorités aient des plans bien communiqués et bien coordonnés en place au cas où le rationnement deviendrait nécessaire, y compris en restant souples dans l'allocation des créneaux dans les aéroports", a indiqué le directeur général de l'Iata, Wille Walsh.

L'organisation s'est exprimée avant l'annonce par l'Iran de la réouverture du détroit d'Ormuz le temps du cessez-le-feu, entré en vigueur dans la nuit du 7 au 8 avril pour une durée de deux semaines.

Aucun porte-parole de l'Iata n'était joignable pour commenter les conséquences de la reprise du trafic des navires pétroliers dans ce détroit, où transitait habituellement 20% du kérosène mondial.

Avant cette annonce par l'Iran, l'Iata affirmait que l'Agence internationale de l'énergie avait raison de prédire d'éventuelles pénuries de kérosène en Europe si l'importation de pétrole depuis le Golfe restait impossible.

"Nous avons aussi estimé que d'ici à la fin mai nous pourrions voir quelques annulations en Europe par manque de carburant pour les avions", expliquait M. Walsh.

A Bruxelles, le commissaire européen Dan Jorgensen a estimé que l'UE "s'approchait très rapidement" d'une potentielle crise d'approvisionnement, avec le risque d'un été marqué par "des billets d'avion plus chers et des annulations".

Dans une interview au Financial Times, il a promis un "observatoire" pour évaluer l'approvisionnement des pays européens et a même évoqué "un éventuel partage et une redistribution du kérosène entre les États membres" si la crise perdure.

A ce stade, il n'y a cependant "pas d'indication de pénuries systémiques de carburant qui entraîneraient une vague d'annulations des vols, et c'est quelque chose que nous suivons attentivement", avait rassuré plus tôt une porte-parole de l'UE, Anna-Kaisa Itkonen, lors d'un point de presse.

Elle a aussi rappelé que les membres de l'Union européenne avaient des réserves stratégiques de pétrole dans lesquelles piocher.

De son côté, l'organisation des compagnies aériennes allemandes, la BDL, a réclamé un ensemble de mesures face au risque de pénurie de kérosène, dans un "plan en sept points" que l'AFP a pu consulter vendredi.

"L'incertitude persistante liée au conflit au Moyen-Orient et ses répercussions sur la disponibilité et les prix du carburant d'avion exigent des mesures immédiates, de préférence coordonnées au niveau de l'UE, pour contrer l'incidence qu'elle a sur les liaisons aériennes allemandes et européennes", commente cette organisation qui regroupe Lufthansa, Eurowings et d'autres transporteurs.

Les mesures avancées reprennent certaines également réclamées par son homologue européenne A4E, comme la suspension de l'obligation de décoller avec un seuil minimum de kérosène acheté dans l'UE.

La BDL appelle aussi à "recourir aux réserves stratégiques de kérosène nationales ainsi qu'européennes".

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