- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les agriculteurs de la puissante FNSEA, réunis en congrès à Caen, ont interpellé jeudi la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, venue sans nouvelle annonce sur le gazole non routier, dont le prix a explosé et pour lequel ils demandent une aide de "30 centimes par litre".
Dans la salle comble du parc des expositions de la ville normande, des centaines de congressistes ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "GNR", lors du discours de leur président Arnaud Rousseau, sifflant et tapant des pieds sur les gradins.
Ils ont réitéré leur action juste avant l'ouverture du discours de clôture par la ministre Annie Genevard, sans réagir au moment où elle a évoqué le sujet.
La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz ont entraîné une flambée des prix du gazole, très utilisé au printemps par les tracteurs pour les grands travaux agricoles, mais aussi des prix des engrais, dont le coûtprix dépend en grande majorité du gaz.
"Il y a beaucoup de morosité dans la plaine, beaucoup d'inquiétude. On le ressent ici, c'est très tendu", a constaté Benoît Piétrement, président de l'interprofession des céréales, présent à Caen.
"Le prix du carburant a doublé, les trésoreries exsangues ne permettent pas d'acheter des engrais ou du gazole. Cela va avoir des conséquences sur les prochains semis et sur la récolte", selon lui.
Reçu lundi à Matignon, M. Rousseau avait affirmé que le Premier ministre Sébastien Lecornu était "prêt à aller plus loin si la guerre devait se poursuivre" au Moyen-Orient, après l'annonce la semaine dernière par le gouvernement d'une aide correspondant à 4 centimes d'euros par litre, considérée comme "pas à la hauteur".
"Le Premier ministre vous l'a dit, ce n'est pas pour solde de tout compte et les mesures seront adaptées à l'évolution de la situation", a déclaré Annie Genevard jeudi à Caen, en rappelant que le budget 2026 prévoyait déjà 1,3 milliard d'euros pour limiter les taxes sur le GNR.
La ministre a ajouté qu'elle avait demandé à Bruxelles la mobilisation de "100 millions d'euros de la réserve de crise communautaire pour les céréaliers français dont le marché ne couvre plus les coûts de production". "Mais la Commission reste jusqu'ici indifférente à nos relances", a-t-elle regretté.