Les industriels internationaux peuvent "faire face" aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Prix de certains matériaux en hausse, retards dans la livraison... Quelques effets de la guerre au Moyen-Orient sont perceptibles pour de nombreux industriels asiatiques présents sur le salon Global Industrie, mais la plupart rassurent sur leur activité, en espérant une résolution rapide.

"Notre usine est à 30 km de la Mecque, c'est un endroit sûr": le fabricant de câbles saoudien Bahra Electric est le seul industriel du Golfe présent sur le salon professionnel Global Industrie, qui se tient jusque jeudi à Villepinte en banlieue parisienne.

Son vice-président chargé des projets et de l'export, Tamim Mustafa Burghul, assure à l'AFP que le conflit dans la région ne perturbe pas l'activité de l'entreprise, qui exporte dans une cinquantaine de pays et dont les activités de production sont situées à mi-chemin entre La Mecque et Jeddah, côté Mer Rouge.

"Il peut y avoir quelques matières premières qui arrivent à l'usine avec des coûts supplémentaires, mais nous pouvons faire face et nous n'avons pas eu à envoyer de lettre d'excuse à nos clients pour le moindre retard", explique le dirigeant, qui a fait le déplacement près de Paris pour chercher de nouveaux clients et distributeurs pour sa production d'équipements électriques.

L'attaque de l'Iran par Israël et les Etats-Unis a des répercussions sur les chaînes d'approvisionnement de composants de base de l'industrie, notamment perceptibles pour les pays d'Asie, plus dépendants des hydrocarbures qui transitent habituellement par le détroit d'Ormuz.

"Dans notre industrie, nous utilisons beaucoup de plastique et de métaux", et la situation au Moyen-Orient "a un impact sur leurs prix d'achat", explique à l'AFP Sonya Huang, de l'entreprise taïwanaise Chang Way Industries.

Créé en 1972, ce fabricant de connectiques pour l'informatique ressent particulièrement les fluctuations du prix du plastique, "qui nécessite du pétrole pour sa fabrication", et de la galvanisation, procédé consistant à protéger les composants métalliques contre la corrosion "dont les coûts ont énormément augmenté à Taïwan".

Autre difficulté: l'approvisionnement en naphta, issu du raffinage de pétrole. "Il est plus difficile de se procurer des plastiques d'emballages", dit ainsi Mme Huang, qui assure que ses clients sont compréhensifs s'il y a des hausses de prix à passer.

- Activités en attente -

Un autre industriel asiatique confirme, ayant demandé à ne pas être cité nommément, "des difficultés à se procurer ce qui est dérivé du naphta, ce qui oriente les prix à la hausse".

Spécialiste du laiton, le métallurgiste indien Ashwani Metals a quant à lui dû mettre certaines de ses activités fortement consommatrices d'énergie en attente, comme la fonderie.

"Le gouvernement indien a priorisé les usages domestiques du gaz liquéfié (GNL)", très utilisé pour la cuisine par exemple, expose K. Nagaraj, directeur général de l'entreprise créée en 1963. "Ce n'est que s'il y a un surplus disponible qu'il peut être utilisé par l'industrie."

Sa production fonctionne "à environ 80%", explique-t-il, avertissant qu'il peut y avoir "deux à quatre semaines de retard dans les livraisons à destination de l'Europe" en raison de difficultés dans le transport.

"Mais nous n'augmentons pas nos prix parce que le prix du gaz n'a pas varié, c'est un sujet d'approvisionnement. Et puis, nos clients ne sont pas toujours désireux de nous donner plus!", sourit le dirigeant moustachu, espérant une résolution rapide du conflit.

Quelques stands plus loin, Neo Niu assure à l'AFP ne ressentir qu'un impact "très léger" sur l'activité de son entreprise, STT Bearings.

"Les prix du transport ont augmenté mais les produits que nous expédions sont très légers", explique le jeune Chinois en montrant les minuscules roulements à billes qu'il produit à Suzhou, près de Shanghai. "En conséquence, cela ne pèse pas sur nos coûts".

La production des minuscules pièces utilisées dans les drones, les véhicules électriques, les climatiseurs ou les data centers n'est pas touchée par les fluctuations du prix des hydrocarbures, car elle se fait grâce à l'électricité.

"Nous avons beaucoup de sources d'approvisionnement en électricité, l'eau, le vent, le soleil, le nucléaire", énumère le Chinois présent à Paris pour chercher des distributeurs en France de ses produits. "Donc nous ne dépendons pas du pétrole".

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