Les passages par le détroit d'Ormuz restent rares malgré le cessez-le-feu

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Des centaines de navires de commerce restent jeudi bloqués dans le Golfe et les passages par le détroit d'Ormuz sont rares depuis l'entrée en vigueur d'un fragile cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran.

Depuis cette trêve annoncée dans la nuit de mardi à mercredi, quatre pétroliers et six vraquiers ont franchi ce bras de mer névralgique pour le commerce maritime international, quasiment fermé par l'Iran depuis le début de la guerre et dont la réouverture était une condition de l'arrêt provisoire des tirs.

Voici le point sur la situation.

- Pas d'accélération du trafic -

Un seul des quatre pétroliers étant passés par le détroit depuis le début du cessez-le-feu, le "MSG", ne semble pas lié à l'Iran.

Ce navire battant pavillon gabonais a emprunté ce passage jeudi, transportant près de 7.000 tonnes de fioul (44.000 barils) chargées à Sharjah, aux Emirats arabes unis et à destination du port de Pipavav, en Inde, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.

Une dizaine d'autres bâtiments semblaient jeudi soir en passe de franchir le détroit, un chiffre stable par rapport au trafic quotidien avant le cessez?le?feu.

Tous les navires en route pour se lancer sur cet itinéraire provenaient d'Iran ou s'y dirigeaient ou bien affichaient des liens avec des pays non hostiles à la République islamique.

"Le détroit demeure aussi ouvert ou fermé qu'il l'était avant l'émergence d'un plan en dix ou quinze points", a déclaré jeudi Richard Meade, le rédacteur en chef de la revue maritime Lloyd's List, faisant allusion au plan servant de base à la trêve entre Iran et Etats-Unis.

Le trafic à travers ce passage était ces derniers jours "toujours inférieur de 90% aux niveaux normaux et était presque entièrement porté par le commerce iranien", a insisté Bridget Diakun, analyste chez Lloyd's List Intelligence.

Les franchissements devraient "rester à un maximum de 10 à 15 passages par jour si le cessez?le?feu tient", a estimé Ana Subasic, analyste chez Kpler.

Sur les 315 passages effectués par des navires transportant des matières premières entre le 1er mars et le 8 avril, 202 concernaient des pétroliers ou des transporteurs de gaz, la plupart se dirigeant vers l'est, en direction du golfe d'Oman, montrent les données de Kpler.

Six transits sur dix impliquaient des bâtiments en provenance d'Iran ou à destination de ce pays.

- Itinéraire approuvé par l'Iran -

L'Iran a imposé jeudi des itinéraires alternatifs pour les navires empruntant le détroit, invoquant le risque de mines marines sur l'itinéraire habituel plus au large de ses côtes.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont diffusé une carte avec des instructions concernant des routes d'entrée et de sortie, passant de part et d'autre de l'île iranienne de Larak.

L'armée idéologique de la République islamique a en outre précisé que les navires souhaitant franchir le détroit devaient le faire en coordination avec les forces navales iraniennes, selon la société de renseignement Vanguard Tech.

À l'exception de trois pétroliers omanais ayant traversé ce bras de mer la semaine dernière près des côtes d'Oman, tous les bâtiments récemment passés semblent avoir emprunté l'itinéraire approuvé par l'Iran, certains ayant, selon des médias, payé des frais pour ce faire.

De nombreuses incertitudes subsistent quant aux éventuelles modalités de passage.

Le Financial Times a écrit mercredi que Téhéran aller réclamer un dollar par baril de pétrole transitant par le détroit, à régler en cryptomonnaies.

Des acteurs du secteur maritime ont par ailleurs dit à l'AFP que d'autres rumeurs circulaient, faisant notamment état d'une obligation pour les navires de figurer sur une liste pour être autorisés à passer ou encore d'un classement des pays sur cinq niveaux, les navires liés à des Etats jugés amicaux par l'Iran bénéficiant de conditions plus favorables.

- 800 navires bloqués -

De nombreux armateurs et associations de ce secteur ont émis des doutes sur le fait que le cessez?le?feu permette aux bâtiments d'emprunter le détroit en toute sécurité.

Quitter le Golfe maintenant "ne serait pas conseillé" sans coordination avec les Etats?Unis et l'Iran, a déclaré mercredi Jakob Larsen, chargé de la sûreté et de la sécurité pour l'association professionnelle Bimco.

Le géant allemand du transport maritime Hapag?Lloyd a annoncé mercredi que ses navires ne reprendraient pas, pour l'instant, les transits via le détroit.

Environ 800 navires sont bloqués dans le Golfe depuis la fin février, selon Lloyd's List.

Au total, 172 millions de barils de brut et de produits raffinés, répartis à bord de quelque 187 pétroliers, se trouvaient en mer dans le Golfe au 7 avril, d'après Kpler.

La guerre au Moyen-Orient a provoqué la plus grave perturbation de l'offre de l'histoire du marché pétrolier mondial, selon l'Agence internationale de l'énergie.

- Trente navires ciblés -

Aucune nouvelle attaque contre des navires n'a été enregistrée depuis l'annonce du cessez?le?feu.

Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué trois attaques contre des navires entre samedi et mardi, dont une a été confirmée par l'Organisation maritime internationale (OMI).

Au total, 30 navires de commerce, dont 13 pétroliers, ont été attaqués ou ont signalé des incidents depuis le 1er mars dans le Golfe, le détroit d'Ormuz ou le golfe d'Oman, selon l'OMI, l'UKMTO et Vanguard Tech.

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