Moyen-Orient: Netanyahu ordonne d'engager des "négociations directes" avec le Liban

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Premier ministre israélien a annoncé jeudi avoir ordonné à son cabinet d'engager des "négociations directes" avec le Liban, au lendemain de frappes meurtrières sur le pays voisin menaçant, selon la communauté internationale, la trêve conclue entre les Etats-Unis et l'Iran.

Le Liban, qui avait proposé de telles négociations le 9 mars, "veut un cessez-le-feu avant tout début de négociations", a réagi pour l'AFP un responsable libanais requérant l'anonymat.

Entré dans sa deuxième journée, le cessez-le-feu a apporté une certaine accalmie, sans bombardement signalé en Iran ou dans le Golfe, après cinq semaines d'une guerre qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et continue de secouer l'économie mondiale.

Mais la communauté internationale redoute qu'il ne soit compromis par la poursuite de la campagne israélienne au Liban.

A Beyrouth, l'heure est toujours à la recherche des victimes des frappes, menées simultanément par Israël sur plusieurs régions mercredi, qui ont fait plus de 300 morts et un millier de blessés.

A Ain el Mreisseh, quartier résidentiel proche de la mer, des corps gisent encore sous l'amas de pierres et de métal d'où émergent, ici un bulletin de notes, là une peluche.

"On ne sait pas où se trouve ma nièce(...) les secours travaillent sans relâche depuis hier" dit à l'AFP Taha Qarqamaz, qui a perdu une autre nièce, et dont deux autres sont en soins intensifs.

"Regardez, ce sont des cahiers, des cours, des livres! Où est le Hezbollah ici?" s'insurge Khaled Salam, un ami.

- "Négociations directes" -

Après un appel à la retenue américain, et de nombreuses demandes de la communauté internationale d'étendre le cessez-le-feu au Liban, M. Netanyahu a annoncé avoir ordonné à son cabinet d'engager des "négociations directes" avec Beyrouth, inédites depuis des décennies.

"Les négociations porteront sur le désarmement du Hezbollah", que le gouvernement libanais s'est engagé à mener à bien, "et l'établissement de relations de paix" entre les deux pays, toujours techniquement en état de guerre, a-t-il ajouté.

Donald Trump a confirmé jeudi à NBC News avoir plaidé la retenue auprès de son allié, après que le site information Axios a fait part d'échanges téléphoniques mercredi entre les deux hommes et l'émissaire américain Steve Witkoff.

Selon plusieurs médias israéliens, l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, devrait diriger les négociations pour la partie israélienne.

Le président libanais avait proposé de telles négociations une semaine après que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale par des tirs de roquette du Hezbollah pro-iranien sur Israël, qui a riposté en pilonnant le pays.

De son côté le Hezbollah a rejeté toute négociation directe entre le Liban et Israël, appelant au "retrait israélien" du sud du pays.

- Enrichissement d'uranium -

M. Netanyahu avait toutefois averti auparavant que les frappes contre le Hezbollah se poursuivraient pour rétablir la "sécurité pour les habitants du nord" d'Israël.

Le Pakistan, médiateur dans le conflit au Moyen-Orient, avait relevé en annonçant le cessez-le-feu que celui-ci s'appliquait "partout, y compris au Liban", ce que démentent Israël et Washington. Il a dénoncé jeudi l'"agression" israélienne sur le Liban.

Le pays doit accueillir à partir de vendredi des négociations entre Iraniens et Américains, ces derniers menés par le vice-président JD Vance.

Sur NBC News, Donald Trump s'est dit "très optimiste" sur la possibilité de conclure un accord de paix, malgré l'écart entre les positions des deux pays.

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a lui exclu d'emblée toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des demandes fondamentales des Etats-Unis et d'Israël qui accusent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique - ce que Téhéran nie.

- Peur que le "régime reste en place" -

En Iran, des milliers de personnes se sont rassemblées pour marquer le 40e jour après l'assassinat de l'ancien guide suprême Ali Khamenei, tué par une frappe israélo-américaine au premier jour du conflit, le 28 février.

Dans la foule à Téhéran, Nastaran Safaï, une étudiante de 24 ans, juge que le cessez-le-feu traduit une "victoire" de l'Iran.

"J'ai peur que la guerre reprenne, et en même temps, j'ai peur que le régime reste en place", témoigne de son côté Sheida, graphiste de 38 ans. Avec la trêve "tout le monde s'affaire à rembourser ses dettes et à régler ses problèmes financiers", ajoute-t-elle.

Un pétrolier non-iranien, le premier depuis le cessez-le-feu, a par ailleurs franchi jeudi le détroit d'Ormuz, dont la réouverture était une condition du cessez-le-feu. Mercredi, quelques navires avaient emprunté ce passage par lequel transite habituellement 20% de la consommation mondiale d'hydrocarbures.

Le cours du baril de pétrole américain, qui était repassé jeudi au dessus du seuil des 100 dollars, s'est détendu en fin de journée.

Le Fonds monétaire international a pour sa part estimé que la guerre en Iran pourrait plonger 45 millions de personnes dans l'insécurité alimentaire.

burx-apz/cab

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