Les syndicats des énergies renouvelables rassurés après leur rencontre à Matignon

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les syndicats des énergies renouvelables sont sortis rassurés de leur réunion à Matignon en amont de la possible publication ces prochains jours de la très attendue feuille de route énergétique de la France sur dix ans, objet de profondes divisions politiques.

« Pas de moratoire sur les énergies renouvelables »

La réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l'Économie Roland Lescure "a confirmé un point essentiel : à l'évidence, il n'y aura pas de moratoire sur les énergies renouvelables", se sont félicités le Syndicat des énergies renouvelables (SER), France Renouvelables et Enerplan dans un communiqué commun vendredi. "Cette clarification était attendue et nécessaire pour rassurer les salariés des entreprises du secteur", ont-ils ajouté.

Les trois acteurs indiquent que la filière "a obtenu des garanties du Premier ministre sur la relance des appels d'offres" indispensables au développement de projets. La réunion a également permis de mettre en évidence "un sentiment d'urgence largement partagé, lié au contexte géopolitique international" autour de l'énergie comme les "questions de souveraineté, de sécurité d'approvisionnement et de compétitivité industrielle", soulignent les trois organisations.

Elles appellent à constituer "une véritable équipe de France des énergies, alignée sur des objectifs clairs et ambitieux afin de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles", un geste en direction des partisans du tout-nucléaire qui s'inquiètent d'un développement trop important des énergies renouvelables. "La réunion a été très constructive. Le Premier ministre a été à l'écoute", a déclaré à l'AFP Daniel Bour, le président du syndicat Enerplan, qui représente la filière de l'énergie solaire.

Au tour des acteurs du nucléaire

Sébastien Lecornu n'a en revanche pas donné de perspectives chiffrées concernant les objectifs de production ou de capacités assignés aux différentes filières productrices d'énergie (solaire, éolien, nucléaire, hydraulique...), qui seront rendus publics dans la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), la feuille de route énergétique de la France jusqu'en 2035.

Les représentants des énergies renouvelables craignaient qu'un moratoire soit mis en place les concernant ou que les volumes de développements prévus ne permettent pas à leurs filières de se maintenir. France Renouvelables s'est inquiété jeudi de l'impact sur l'emploi d'un ralentissement du déploiement du solaire et de l'éolien.

Sébastien Lecornu doit recevoir dans l'après-midi les acteurs de la filière nucléaire : le géant français de l'électricité EDF, sa filiale nucléaire Framatome, le spécialiste français de l'uranium Orano, et à nouveau RTE.

Commentaires

Laval
Les combustibles fossiles ThB, ça sous entend gaz, pétrole, charbon.Et toutes les bonnes résolutions (pour ne pas consommer ou consommer moins) que vous souhaitez c'est idéaliste et ça n'est donc pas réalisable. En la matière il faut rester les pieds sur terre. On nous a annoncé de longue date (avant la fin 2000) la fin des carburants pour les véhicules, par épuisement des ressources. Qu'en est-il aujourd'hui ? En fait c'était pour nous inciter, c'était une bonne résolution, à sortir de cette ressource fossile. Et pourtant......
COCHELIN
Les bonnes résolutions partent d'un bon sentiment. Mais la réalité s'impose, là encore : https://www.franceinfo.fr/environnement/energie/energies-fossiles/le-monde-n-aura-jamais-consomme-autant-de-charbon-qu-en-2025-selon-l-agence-internationale-de-l-energie_7685014.html#:~:text=Climat%20Environnement-,Le%20monde%20n'aura%20jamais%20consomm%C3%A9%20autant%20de%20charbon%20qu,de%20CO2%20d'origine%20humaine.
Laval
Nous sommes d'accord ThB. Mais revenons en France, notre production par énergie fossile est très faible. C'est cela la réalité qui s'impose. Et il est donc inutile de faire des voeux pieux. Passer de 90% à 100 ne changera pas grand chose aux chiffres de l'AIE. La bonne résolution serait de convaincre le reste du monde d'abandonner les énergies fossiles, et en Europe de faire pression sur les pays qui utilisent charbon et lignite, au lieu d'inciter à augmenter les Enri.
COCHELIN
Mais les 90% ne représentent que le secteur électrique, qui ne représente que 1/5 de l'énergie finale consommée en France. Ne vous réjouissez pas trop vite !
Laval
ThB, ma réponse est celle de Cochelin. Votre conclusion n'est pas viable. Vous ne tenez jamais compte de l'instabilité provoquée par les Enri. Les outils disponibles rapidement s'il faut davantage d'énergie, ce serait les centrales à gaz, dont la construction est relativement rapide, mais on ne réglerait pas le problème de l'abandon des combustibles fossiles. C'est pourtant ce que vont faire les Allemands, un spectaculaire retour en arrière.
Laval
ThB, je rajoute que le stockage sur lequel vous comptez n'est qu'une vue de l'esprit, les batteries nont pas de capacité suffisantes, l'hydrogène trop consomateur d'énergie à fabriquer, et les ingénieurs démontrent qu'il n'a aucun avenir. Quand aux STEPs j'y ai travaillé et on connait leurs limites. Il en faudrait plus, mais on se heurte à des contraintes sociales et environementales pour les construire.
ThB
M Laval,

Concernant les batteries, l'idée qu'elles puissent soutenir la transition n'est plus une vue de l'esprit, mais une réalité industrielle. L'amélioration de leur efficacité est constante :

- Densité énergétique : Elle a été multipliée par trois en dix ans. On estime que la densité des cellules lithium-ion augmente de 4 % à 7 % par an.
- Chute des coûts : Le prix du kWh stocké a chuté de près de 90 % depuis 2010, rendant le stockage à grande échelle économiquement viable pour la première fois de l'histoire.
- Rendement "Round-trip" : Les batteries actuelles affichent un rendement phénoménal de 85 % à 95 % (l'énergie récupérée par rapport à l'énergie injectée), ce qui les place loin devant toute autre solution de stockage chimique.

Sur l'hydrogène, vous avez raison : son rendement global reste médiocre (environ 30-35 % sur la chaîne complète). Cependant, il ne doit pas être vu comme un concurrent direct de la batterie, mais comme un outil complémentaire pour l'équilibrage du réseau lors des pics de production excédentaires, là où le stockage massif de longue durée devient nécessaire.

Quant aux STEP (Stations de Transfert d'Énergie par Pompage), bien que les contraintes sociales et environnementales soient réelles, il est urgent de faire preuve de pédagogie. Le coût de l'inaction face au réchauffement climatique (déplacements de populations et crises économiques) sera infiniment plus lourd que l'impact local de ces infrastructures. Faire comprendre où se situe l'intérêt général est aujourd'hui une priorité absolue.

Il est regrettable que dans notre pays, marqué par une certaine inertie façon "Ligne Maginot", on préfère parfois des projets de prestige à court terme, comme pour les JO de 2030 construire une patinoire à Nice, la ville la plus chaude de France, au mépris des infrastructures existantes, plutôt que de porter une vision constructive et sobre de l'avenir.
L'égoïsme électoral ne doit plus primer sur la résilience énergétique.
Laval
Sur les batteries ThB, je ne suis pas d'accord, les ingénieurs et scientifiques que je connais disent que c'est loin d'être suffisant pour faire face au soutien du réseau. Sur votre conclusion, je suis tout à fait d'accord vis à vis des hommes politiques. Je voudrais vous faire lire le document suivant, très bonne analyse, très détaillé. Dites moi ce que vous pensez de la conclusion. https://www.senspo.fr/editorials/la-modulation-nucleaire-fait-elle-gagner-de-largent-a-edf-autopsie-dun-mythe
Cochelin
Concernant l'usage de batteries, même en Allemagne ce stockage n'est que marginal dans leur mix électrique, malgré leur capacités installées fin 2025 de 16,4 GW : https://allemagne-energies.com/tag/stockage-de-lenergie/#:~:text=Fin%202025%2C%20une%20puissance%20de,(RWTH%20Aachen%20University%202026). Concernant la modulation du parc nucléaire, une étude apporte quelques éclaircissements sur les conséquences tant techniques que financières : https://www.edf.fr/sites/groupe/files/2026-02/2026_02_16_ETUDE_MODULATION.pdf
Laval
Monsieur COCHELIN, je vous fais suivre cette étude détaillée, qui refléte bien nos discussions et dont la conclusion est sans appel. https://www.senspo.fr/editorials/la-modulation-nucleaire-fait-elle-gagner-de-largent-a-edf-autopsie-dun-mythe
COCHELIN
M. ThB Vos interventions vous font plaisir mais ne nous apportent rien de nouveau que la plupart d'entre nous ne connaissent. Votre phrase :"Le coût de l'inaction face au réchauffement climatique (déplacements de populations et crises économiques) sera infiniment plus lourd que l'impact local de ces infrastructures". L'impact sur le climat que vous décrivez serait dérisoire aux regards des conséquences environnementales et sociétales si ces projets se développaient à grande échelle.
ThB
M COCHELIN,

Je comprends votre point de vue, cependant, l'argument du "coût de l'inaction" n'est pas une simple formule, mais une réalité documentée par de nombreux rapports économiques (comme ceux du GIEC ou de l'OCDE).
Si le développement à grande échelle pose des questions de soutenabilité locale qu'il ne faut pas occulter, l'inaction climatique globale nous expose à des ruptures systémiques bien plus irréversibles.

Je vous rejoins sur le fait que l'impact local doit être minimisé. C'est pourquoi la question n'est plus seulement de savoir s'il faut agir, mais de définir une chronologie cohérente.

Ma vision s'appuie sur trois piliers :
- La sobriété immédiate : À l'image des efforts de réduction de consommation engagés en Allemagne, c'est le levier le plus rapide.
- Le déploiement des ENR et du stockage : Seules solutions capables d'être mises en œuvre à court terme pour répondre à l'urgence.
- Le socle nucléaire à long terme : Compte tenu des délais de construction (minimum 20 ans), l'atome ne peut être qu'un complément futur, idéalement plafonné à 50% pour garantir la flexibilité du réseau et une exploitation à pleine capacité.

C'est cette approche globale qui permet, selon moi, de réconcilier les enjeux environnementaux locaux et la trajectoire climatique mondiale.
COCHELIN
Les efforts couteux que consentira la France n'auront que très peu d'effets sur les enjeux environnementaux locaux et la trajectoire climatique mondiale.
ThB
M COCHELIN,

Le volume de modulation des parcs solaires et éoliens en 2025 lors d’épisodes de prix spot négatifs a doublé par rapport à l’année précédente, atteignant environ 3 TWh dont 1,3 TWh de production éolienne terrestre et 1,6 TWh de production solaire. À l’issue d’évolutions réglementaires, les capacités solaires et éoliennes ont d’avantage contribué à l’équilibrage en temps réel du système électrique en 2025. La modulation de la production renouvelable contribue à l’équilibre du système électrique mais sa mise en oeuvre doit désormais être pilotée pour assurer une gestion sûre de l’équilibre offre- demande au plus près du temps réel.(extrait RTE)
Les chiffres publiés par RTE pour l'année 2025 marquent un tournant : avec 3 TWh de production éolienne et solaire modulés (soit un doublement en un an), les énergies renouvelables ne sont plus seulement des énergies fatales, mais deviennent de véritables leviers d'équilibrage du réseau.

Cette évolution confirme un changement de paradigme bénéfique pour l'exploitation du parc d'EDF :
- Préservation du parc nucléaire : Traditionnellement, le parc nucléaire français assurait seul le suivi de charge lors des baisses de demande ou des pics de production. En faisant porter une partie de cette modulation par l'éolien et le solaire, on limite les cycles de variation de puissance sur les réacteurs.
- Réduction des coûts de maintenance : Comme vous le soulignez, la modulation thermique (nucléaire et gaz) accélère la fatigue mécanique des composants et augmente les coûts d'entretien. Le transfert de cette contrainte vers les EnR, dont le coût marginal de modulation est quasi nul, représente une optimisation économique majeure.
- Efficacité économique : En s'effaçant lors des épisodes de prix négatifs, les EnR évitent au système de produire à perte tout en garantissant la sûreté de l'équilibre offre-demande.

En conclusion, l'intégration du pilotage des renouvelables est un levier clé pour prolonger la durée de vie de nos actifs pilotables et réduire les coûts d'exploitation globaux du système électrique.
COCHELIN
Vous semblez sous-estimer ici les impacts industriels, socio-organisationnels, humains et économiques d'une modulation croissante imposée par un développement excessif des énergies renouvelables variables : https://www.csecedfsa.fr/actualites/0-1314/etude-sur-la-modulation-du-parc-nucleaire-ce-qu-il-faut-retenir
ThB
M COCHELIN,

Votre analyse semble privilégier une vision syndicale interne (CSEC EDF) au détriment des scénarios prospectifs de RTE, qui est pourtant le garant de l'équilibre du réseau.
Remettez-vous en cause l'indépendance et l'expertise technique de notre gestionnaire de transport ?

Sur le fond, je vous rejoins sur le déséquilibre du mix :
avec un socle nucléaire à 70 % face à seulement 23 % d'énergies renouvelables, nous sommes loin d'une complémentarité saine. Prôner encore plus de nucléaire dans ce contexte ressemble fort à la recette du "pâté d'alouette" : un cheval d'atome pour une plume de renouvelable. Est-ce là votre vision d'un mix énergétique équilibré et résilient ?
Cochelin
Ce n'est pas une vision syndicale mais de l'établissement EDF : file:///C:/Users/Cochelin%20DANIEL/Downloads/2026_02_16_ETUDE_MODULATION.pdf Et qu'est-ce qu'une " vision d'un mix énergétique équilibré et résilient ?" Dans quel pays trouve-t-on ce modèle pertinent ? Il n'y a pas de réponse précise. Chaque pays a son modèle, et le moddèle français a fait ses preuves depuis longtemps avec un contenu carbone très bas,un réseau robuste et fiable et un coût du KWh faible pour les consommateurs.
Laval
Notre vision opposée , ThB, vous c'est plus d'Enri, nous moins. Le mix énergetique Français n'a pas à être équilibré dans le sens ou vous l'entendez. L'idéal serait une production totalement pilotable. Sa qualité c'est la stabilité, assurée par les machines tournantes pilotables, et elle est mise à mal par les Enri. Quand à la résilience, elle existe. Nous avons eu par le passé un incident majeur, en Décembre 79 (si je me souviens bien) ou le réseau s'est écroulé comme un chateau de cartes. Nous avons mis en place des automatismes d'ilotage, pour isoler la zone ou l'incident se produit et éviter sa propagation au reste du réseau. Quand le black out Espagnol s'est produit, il n'y a que Golfech qui a déclanché, je suppose que c'est grace à cette protection. Je n'ai pas connu d'autres incidents de ce type. Et à part les intempéries qui mettent le réseau à mal, nous avons un minimum de coupures. Des têtes pensentes comme Furfari et Raux, critiqent la PPE3 qui viens de sortir, et il ne sont pas les seuls. Pourquoi on n'écoute pas les spécialistes de la physique, plutot que les lobbyistes ? Vous dites que nous sommes loin d'une complémentarité saine Nous ne comprenons pas bien, la complémentarité en sources de production, ce n'est pas autre chose que ce qui est pilotable. Je pense que vous êtes trop près des théories, pas assez près du terrain. Vous n'avez pas répondu au articles chiffrés que j'ai transmi, c'est pourtant une vérité incontournable qui prouve que la PPE3 va nous couter très cher d'argent public, sans garantir la stabilité de notre production électrique, déjà décarbonnée.
ThB
M Laval,

Je vous remercie pour votre retour détaillé et votre expertise de terrain, qui éclaire utilement le débat sur la stabilité et la résilience du réseau électrique français. Permettez-moi de revenir sur plusieurs points, en cherchant à concilier nos approches complémentaires.

1. Sur la complémentarité des sources et la stabilité du réseau
Vous avez raison de souligner l’importance d’une production pilotable pour la stabilité du réseau. Cependant, la complémentarité ne se limite pas à l’opposabilité entre pilotable et intermittent : elle repose aussi sur la capacité à intégrer progressivement des solutions de stockage, de flexibilité (effacement, smart grids) et d’hybridation (ex : ENR + hydroélectricité ou biogaz), comme le préconisent de nombreux rapports techniques récents. L’expérience allemande ou danoise montre qu’un mix intégrant jusqu’à 50-60% d’ENR peut maintenir une stabilité acceptable, à condition d’investir dans ces leviers.

2. Sur le coût et l’efficacité de la PPE3
Vous mentionnez des articles chiffrés mettant en garde contre le coût public de la PPE3. Je partage votre préoccupation sur la rigueur économique, mais il est important de comparer ces coûts à ceux des alternatives. Plusieurs études indépendantes (ADEME, Cour des Comptes, RTE) estiment que le coût actualisé d’un nouveau parc nucléaire (incluant EPR, maintenance, démantèlement) pourrait atteindre 200 à 250 Md€ d’ici 2050, sans compter les risques de retard ou de surcoût. À l’inverse, le développement des ENR, dont les coûts ont chuté de 70 à 90% en 10 ans, permet une décarbonation plus rapide et moins risquée financièrement, comme le souligne l’AIE.

3. Sur l’urgence climatique et les recommandations du GIEC
Vous interrogez : « Pourquoi n’écoute-t-on pas les spécialistes ? » Je partage pleinement cette question, mais en l’élargissant : pourquoi ne pas écouter aussi les climatologues du GIEC, qui alertent sur l’urgence d’agir dès maintenant pour limiter le réchauffement à 1,5°C ? Leurs scénarios montrent que les ENR, combinées à l’efficacité énergétique, sont le levier le plus rapide et le plus scalable pour réduire les émissions, surtout dans un contexte où la construction de nouveaux réacteurs prend 15 à 20 ans.

4. Sur la résilience et les retours d’expérience
Votre exemple de l’incident de 1979 et des automatismes d’ilotage est pertinent. Cependant, la résilience future dépendra aussi de la diversification des sources et de la décentralisation de la production, comme le recommande RTE dans son rapport « Futurs énergétiques 2050 ». Les ENR, couplées à des solutions de stockage et de pilotage intelligent, peuvent renforcer cette résilience, notamment face aux aléas climatiques qui menacent aussi les infrastructures centrales (ex : canicules, inondations).
COCHELIN
En matière de stabilisation du réseau, vous faites référence à l'Allemagne ou au Danemark. Mais ces deux pays (on pourrait rajouter les Pays-Bas) s'appuient soit sur un parc thermique pilotable conséquent, soit sur d'importants imports/exports. Et ces deux ou trois pays facturent bien plus cher que la France l'électricité à leurs consommateurs. La France est assez limitée dans ces deux leviers. Sur la limitation du réchauffement climatique, l'Europe n'a que peu de poids comparé au reste du monde. Sur votre quatrième point (résidence), ces considérations ne sont que des voeux pieux sans certitude aucune et sans évaluation des coûts induits.
Laval
Sur le point 1 que vous mentionnez ThB, c'est incontournable, la stabilité du réseau prime, les sources de production doivent être synchrones. Intégrer des solutions de stockage, aucune certitude la dessus. Ce serait idéal si ça existait, mais on si épuise, on reste sans ressources suffisantes. Sur le point 2, (sans entrer trop dans le détail) les couts de centrales à construire, qui sont propriété d'EDF, sont construites avec des emprunts, donc pas d'argent public. Les champs d'éolinnes privés sont subventionnés et produisent à un cout garanti, qui est disproportionné par rapport à celui imposé au nucléaire. (195€ le MWh pour St Brieu) Il faut savoir que le raccordement d'un champ d'éolienne en mer est à la charge de RTE. Pour l'exemple, si celui ci coute 1 Md€, le raccordement coute autant ! (je ne peux l'affirmer avec certitude, ce serait le cas de St Brieu) Est-ce pris en compte dans vos chiffres qui chutent pour installer des Enri ? Sur le point 3, ce sont nos dirigeants qui sont responsables, nous sommes bien d'accord. Sur le point 4, les conditions de stockage sont pratiquement inexistantes, sauf les STEP et pas en volume suffisant. Les conditions climatiques présentent autant de risques pour les Enri du vent et du soleil. Une tempête sur les champs d'éoliennes ou de panneaux solaires, peut détruire les structures. Même si les éoliennes sont à l'arrêt dans la période, ce qui diminue encore leur taux de disponibilité.
ThB
M Laval,

Les dernières estimations du programme de construction des futurs EPR s’élèveraient à près de 250 milliards d’euros, soit plus de trois fois les 73 milliards annoncés initialement. Cette divergence illustre une nouvelle fois la stratégie d’EDF : communiquer des devis prévisionnels incomplets, entourés de marges d’incertitude considérables, et masquer ainsi la réalité économique du projet.
L’opacité du financement : un paramètre clé
Le coût final de l’électricité produite dépend avant tout de la rémunération du capital mobilisé. Pour atteindre une rentabilité de 9% (celle du parc nucléaire actuel selon la CRE), EDF devrait vendre le MWh à 200 €. Même avec un taux de 7%, le MWh resterait à 150 € – des niveaux incompatibles avec la compétitivité du marché.

Un scénario réaliste ?
Avec un coût moyen du capital de 3,5%, le MWh pourrait atteindre 90 €… à condition de conserver les hypothèses optimistes d’EDF (coût d’investissement et facteur de charge), et en ignorant les frais de démantèlement ou les pratiques financières habituelles de l’entreprise.

L’intervention de l’État : un sauvetage à créditLe 19 novembre 2025, la France a demandé à la Commission européenne l’autorisation d’accorder des aides d’État massives :
  • - Un prêt à taux bonifié couvrant au moins 50% de l’investissement,
  • - Un prêt à taux zéro pour les intérêts intercalaires, soit une gratuité de fait.


Pour financer ce prêt bonifié, le gouvernement prévoit de puiser dans l’encours du Livret A,
un choix lourd de conséquences : l’argent à faible taux ainsi détourné ne financera plus le logement social.

Un déséquilibre flagrant
Ce dispositif représente un cadeau colossal à la filière nucléaire, alors que les énergies renouvelables se financent aux conditions du marché, sans subventions publiques. Sans cette aide, les EPR ne seraient tout simplement pas rentables.

La rentabilité des EPR repose donc sur un soutien public massif, au détriment d’autres priorités sociales et économiques. Une telle distorsion de concurrence interroge : à quel prix la France compte-t-elle maintenir son engagement dans le nucléaire ?
COCHELIN
Permettez-moi de souligner que, concernant les énergies renouvelables, "le prix garanti (de rachat) est puisé directement des caisses de l’État et versé aux producteurs via EDF Obligation D’achat". https://participationcitoyenne.ccomptes.fr/processes/consultation-2025/f/79/proposals/3161/versions/1 Ne venez pas dire que "les énergies renouvelables se financent aux conditions du marché, sans subventions publiques" !
ThB
M COCHELIN,

Vous avez raison de souligner l’existence d’un mécanisme de soutien public pour certaines installations d’énergies renouvelables, notamment via le tarif d’achat garanti. Cependant, il est important de distinguer plusieurs aspects pour éviter de mélanger les coûts et les mécanismes de financement :

1/ Tarif d’achat garanti (subvention indirecte) :
Ce dispositif, historiquement utilisé pour encourager le développement des énergies renouvelables, consiste effectivement en un prix de rachat de l’électricité produite, supérieur au prix de marché, et financé via la Contribution au Service Public de l’Électricité (CSPE). Ce mécanisme a permis de lancer la filière, mais il ne représente plus aujourd’hui la majorité des nouveaux projets, qui sont désormais soumis à des appels d’offres compétitifs.

2/ Appels d’offres et marché :
Depuis plusieurs années, la plupart des nouveaux parcs éoliens et solaires sont attribués via des appels d’offres, où les producteurs proposent un prix de vente de leur électricité. Ces prix sont souvent inférieurs aux tarifs garantis historiques et s’approchent des prix de marché, voire sont parfois moins chers que les coûts de production des centrales fossiles ou nucléaires. Dans ce cas, il n’y a pas de subvention directe : le producteur vend son électricité aux conditions du marché ou à un prix fixé par l’appel d’offres.

3/ Coût de construction vs coût de l’électricité :
Le coût de construction d’une centrale renouvelable (éolienne, solaire) est un investissement initial, qui peut être financé par des acteurs privés, des banques, ou des fonds publics selon les projets. Une fois construite, l’électricité produite est vendue, soit à un prix garanti (pour les anciens contrats), soit sur le marché ou via des contrats privés (PPA). Le fait que l’État ait historiquement soutenu le développement des renouvelables ne signifie pas que l’électricité renouvelable ne peut pas, aujourd’hui, être compétitive sans subvention.

4/ Évolution du modèle :
La baisse continue des coûts des technologies renouvelables (solaire, éolien) permet désormais de produire de l’électricité à des prix très compétitifs, parfois sans besoin de soutien public. C’est le cas, par exemple, de nombreux parcs solaires ou éoliens en Europe et dans le monde, où les prix proposés dans les appels d’offres sont inférieurs aux prix de marché de l’électricité.

Oui, il existe encore des mécanismes de soutien pour certaines installations, mais dire que « les énergies renouvelables se financent aux conditions du marché, sans subventions publiques » est de plus en plus vrai pour les nouveaux projets, grâce à la compétitivité atteinte par ces technologies. La transition énergétique repose aujourd’hui sur un mix de mécanismes, avec une part croissante de projets sans subvention pour le grand bénéfice des contribuables.
COCHELIN
Dans votre avant dernier commentaire, vous écriviez " Les dernières estimations du programme de construction des futurs EPR s’élèveraient à près de 250 milliards d’euros". D'où vous venait cette affirmation autrement qu'en rapportant une estimation démesurée de la publication anti-nucleaire "alternatves économiques". Concernant votre dernier commentaire toujours rédigé avec le même pédantisme, vous oubliez que certaines productions issues des renouvelables sont rachetées à un prix très onéreux, telles celles issues des parcs éoliens en mer recents au tarif de plus de 150€/MWh. Dans le cas de nouveaux tarifs aux conditions du marché, vous oubliez tous les surcoûts engendrés dont l'étude ici surpasse bien vos commentaires : https://www.transitionsenergies.com/tribune-veritable-cout-energies-renouvelables-eoliennes-solaires-fin-mensonge/#:~:text=Selon%20des%20%C3%A9l%C3%A9ments%20issus%20d,de%20v%C3%A9ritables%20enjeux%20de%20s%C3%BBret%C3%A9. Le bénéfice attendu pour les contribuables n'est pas du tout ce que vous prétendez, à l'instar de quelques uns de nos voisins (Allemagne, Danemark, Pays-Bas) ayant investi massivement dans ces technologies et ayant conservé, par sécurité pour la stabilisation du réseau, un parc conséquent fonctionnant aux énergies fossiles avec un contenu carboné de leur électricité autrement plus important que notre pays. https://www.nowtricity.com/
ThB
M COCHELIN,

Vous avez raison de souligner que le ton peut parfois prendre le pas sur l’échange, et je vous en remercie : c’est une critique utile. Mon intention n’est pas d’afficher une posture savante, mais de partager des convictions étayées par des faits, des rapports publics et des retours d’expérience concrets comme ceux de l’ADEME, de la Cour des comptes ou des territoires déjà engagés dans la transition.

Si mon style a pu vous sembler pédant, c’est peut-être parce que les enjeux que nous discutons — déchets nucléaires, sobriété, qualité de vie des générations futures — sont si graves qu’ils méritent, à mes yeux, d’être abordés avec la plus grande précision. Mais vous avez raison : le débat énergétique ne se gagne pas par la technicité, mais par l’adhésion collective et la recherche de solutions pragmatiques. c'est la raison pour laquelle j'apporterai quelques précisions:

1. Sur le coût des EPR
Votre affirmation selon laquelle j’aurais repris une estimation « démesurée » d’Alternatives Économiques mérite d’être nuancée. Les surcoûts des EPR sont régulièrement documentés par des sources variées, y compris des rapports parlementaires et des audits officiels. Par exemple, la Cour des comptes française a souligné à plusieurs reprises les dépassements de budget et les retards des EPR (notamment Flamanville 3, dont le coût est passé de 3,3 à plus de 13 milliards d’euros). Pour le programme global de 6 à 14 EPR annoncés, des estimations indépendantes (comme celles de l’Institut Montaigne ou de l’OFATE) évoquent effectivement des coûts totaux pouvant atteindre des centaines de milliards d’euros sur plusieurs décennies, en incluant les coûts de démantèlement, de gestion des déchets et de prolongement du parc existant.

Source à consulter :
- Rapport Cour des comptes sur le coût du nucléaire (2023)
- OFATE Observatoire franco-allemand de la transition énergétique


2. Sur le coût réel des renouvelables
Vous mentionnez le tarif de rachat de 150 €/MWh pour certains parcs éoliens en mer. Il est vrai que les premiers appels d’offres ont pu aboutir à des tarifs élevés, mais il s’agissait de projets pilotes, incluant des coûts d’apprentissage et de R&D. Aujourd’hui, les prix des appels d’offres pour l’éolien en mer en Europe sont en forte baisse (autour de 50-70 €/MWh pour les derniers projets attribués en France et en Allemagne). Par ailleurs, le coût actualisé de l’énergie (LCOE) des renouvelables est désormais compétitif avec celui du nucléaire, selon l’AIE, l’ADEME et BloombergNEF.

Source à consulter :
- ADEME – Coûts des énergies renouvelables (2025)
- BloombergNEF – LCOE 2025


3. Sur les surcoûts et la stabilité du réseau
L’article que vous citez (Transitions & Énergies) met en avant des coûts cachés, mais il est important de rappeler que toutes les filières énergétiques bénéficient de subventions ou de garanties publiques (y compris le nucléaire, via EDF et Areva). Quant à la stabilité du réseau, la France a déjà intégré avec succès une part croissante de renouvelables sans black-out, grâce à l’interconnexion européenne, au stockage et à la flexibilité de la demande. Les pays que vous citez (Allemagne, Danemark) ont effectivement conservé des centrales à gaz, mais cela relève davantage d’un choix de transition progressive que d’un échec des renouvelables : leur contenu carbone reste inférieur à celui de la France si l’on inclut l’empreinte du nucléaire (extraction d’uranium, construction des centrales, etc.).

Source à consulter :
- RTE Bilan électrique 2025
- AIE World Energy Outlook 2025


4. Sur le contenu carbone de l’électricité
La France a effectivement un mix électrique peu carboné, mais cela ne doit pas occulter le fait que le nucléaire n’est pas « zéro carbone » : son empreinte inclut l’extraction, l’enrichissement, la construction, le démantèlement et la gestion des déchets. Selon le GIEC, le nucléaire émet entre 12 et 110 g CO2/kWh, contre 4 à 46 g pour l’éolien et 18 à 48 g pour le solaire. La différence n’est donc pas aussi tranchée qu’on le croit souvent.

Source à consulter :
- GIEC Rapport spécial sur les énergies (2022)


5. Sur le bénéfice pour les contribuables Les investissements dans les renouvelables créent des emplois locaux, réduisent la dépendance aux importations d’uranium et de gaz, et limitent l’exposition aux risques de hausse des prix des matières premières. En Allemagne, malgré des coûts initiaux élevés, la transition énergétique a permis de réduire la facture énergétique globale et de créer une filière industrielle exportatrice.

Le débat sur la transition énergétique ne doit pas opposer nucléaire et renouvelables de manière binaire, mais plutôt chercher à optimiser le mix en fonction des coûts, des risques, de la résilience et des objectifs climatiques. Les deux filières ont leurs avantages et leurs inconvénients, et c’est la complémentarité qui permettra de garantir une électricité décarbonée, abordable et sûre.
Goldorak
@THB : vous oubliez que 1Mwh de vent ou de soleil et 1Mwh de nucléaire n'ont pas la même valeur. Avec les renouvellables en mode non gérés (comprendre sans stockage conséquent), on aura un prix du nucléaire encore plus haut pour la bonne et simple raison qu'il devra moduler pour éviter le blackout et ne pas produire en continu. si vous produisez 60% du temps au lieu de 80%, votre prix augmente (et je parle même pas du cout de la modulation en lui même). L'urgence n'est pas sur le dévellopement des ENR à grande échelle, l'urgence est déjà d'utiliser l'existant en déplaçant par exemple les utilisations ou en stockant les surplus. L'ajout de solaire dans le réseau n'apporte rien actuellement. Quel est le cout de l'effacement solaire ? Pour moi, il devrait etre de 0€ car il s'agit de surproduction (rien ne justifie une compensation à l'heure actuelle, il n'y a pas de besoin).
COCHELIN
Vous avez raison, et les avis (contestés par la filière des ENR) du CEREME vont dans ce sens : https://piebiem.webnode.fr/l/ppe3-programmation-pluriannuelle-de-l-energie-le-cereme-demande-un-moratoire-sur-les-enr/
ThB
M Goldorak,

Je vous invite à relire ce que j'ai déjà écrit dans ce forum,
"L'abondance est, par nature, bien plus simple à gérer que le déficit, c'est un principe qui dépasse largement le cadre énergétique. Si certains pays redoutent aujourd'hui le blackout, c’est avant tout pour avoir privilégié la capacité de production au détriment des infrastructures de régulation (STEP, batteries, volants d'inertie, air comprimé). Ces technologies de stockage présentent pourtant l’avantage crucial d’une réactivité quasi instantanée".
Cependant, au-delà du stockage, un autre levier majeur existe : l’ajustement de la consommation sur l’offre.

Historiquement, le contrôle de l'énergie est indissociable du contrôle politique. Ce monopole favorise des dérives où la préservation des privilèges de caste l'emporte souvent sur l'intérêt général et l'urgence climatique.
COCHELIN
Contenu carbone de l'électricité en Allemagne plus de dix fois celui de la France à l'année. 363g de en Allemagne contre 21g en France. https://allemagne-energies.com/bilans-energetiques/#:~:text=L'intensit%C3%A9%20carbone%20de%20la,plus%20%C3%A9lev%C3%A9e%20qu'en%20France.
Laval
Cochelin, nous sommes bien d'accord sur les émission de CO2, qui sont des valeurs estimées car non mesurables. Les prix des mWh eux sont réels et donnés par RTE. J'ai écris 155, c'est déjà un scandale, alors qu'à l'heure actuelle c'est 192 !!!
Studer
Les trois arguments utilisés par le lobby des énergies solaire et éolienne (souveraineté, de sécurité d'approvisionnement et de compétitivité industrielles) dans l'article, ont totalement erronés : - Souveraineté ? Les panneaux solaires sont pratiquement chinois à 100 %, et les terres rares des moteurs des éoliennes très majoritairement chinois - Sécurité d'approvisionnement ? C'est une plaisanterie quand on sait que l'approvisionnement est fonction de la météo, et que quand celle-ci s'en mêle, le blackout devient possible (cf. l'Espagne avec ses excès brutaux de solaire) - Compétitivité industrielle ? Les règles de la concurrence sont distordues quand on subventionne une énergie (solaire et éolienne) et pas une autre (nucléaire et hydraulique). Et il n'y a qu'à voir l'Allemagne où le kWh est presque deux fois plus cher qu'en France, avec en outre des émissions de CO2 dues à la production d'électricité 10 fois supérieures, car le charbon et le gaz sont nécessaires pour compenser l'intermittence des énergies renouvelables.
ThB
M Studer,

La question de notre indépendance énergétique ne peut occulter notre héritage technique. Le recours historique aux licences Westinghouse pour nos réacteurs REP, tout comme le dossier Alstom-GE, rappelle que la souveraineté est un combat industriel permanent.

Sur le volet des renouvelables, la synergie saisonnière entre vent et soleil est un atout, mais elle ne règle pas la question de la stabilité du réseau à court terme. L'enjeu n'est plus seulement de produire, mais de maîtriser le triptyque « stockage, pilotage de la demande et flexibilité ». C’est là que se situe aujourd’hui le véritable saut technologique à accomplir.

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