- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le ministère du Pétrole irakien a annoncé débuter ses exportations par camions-citernes via la Syrie, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient et la quasi fermeture du détroit d'Ormuz.
L'Irak a "commencé à exporter du pétrole par camions-citernes via la Syrie voisine", a révélé le ministère dans un communiqué publié mercredi soir.
Il a précisé que la Syrie garantirait "le passage en toute sécurité" du pétrole et que les exportations augmenteraient "progressivement", dans le cadre d'un accord qui court jusqu'en juin.
Sur les 299 camions prévus, "178 camions-citernes chargés de fioul" sont arrivés à la raffinerie du port de Banias, sur la côte méditerranéenne de la Syrie, a indiqué à l'AFP une source du secteur pétrolier irakien.
"Ce chargement, le premier du genre, est entré par le poste-frontière d'al-Tanf", a déclaré à l'AFP Safwan Sheikh Ahmad, porte-parole de la Compagnie pétrolière d'Etat syrienne.
Une fois les véhicules arrivés au terminal de Banias, la marchandise doit être transvasée dans des pétroliers pour être exportée. "Le premier chargement, composé de 299 camions, entre en Syrie par lots, le second étant attendu prochainement", a-t-il ajouté.
Le mois dernier, l'Irak a annoncé la reprise de ses exportations de pétrole, à hauteur de 250.000 barils par jour, via le port turc de Ceyhan.
L'Irak dépend très fortement de ses exportations de brut, qui représentent environ 90% de ses recettes budgétaires.
Recourir à des camions vers la Syrie s'avère "extrêmement coûteux et ne permet d'exporter que cinq millions de barils de pétrole par mois", a expliqué à l'AFP le spécialiste du secteur Assem Jihad, ancien porte-parole du ministère du Pétrole.
Avant la guerre, l'Irak exportait 3,5 millions de barils par jour.
Jeudi, le directeur de la compagnie publique de commercialisation du pétrole irakien (Somo), Ali Nizar, a révélé que les recettes issues de l'exportation de pétrole avaient chuté de plus de 70% en Irak en mars par rapport à février, selon des propos relayés par l'agence de presse étatique INA.
Membre fondateur de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), l'Irak subit, depuis le 28 février et le début de la guerre au Moyen-Orient, les restrictions de circulation imposées aux navires dans le Golfe et dans le détroit d'Ormuz, par où passait jusque-là la majeure partie de ses exportations.