L'Iran saisit deux navires dans le détroit d'Ormuz, Washington minimise

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Iran a annoncé avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, ce que Washington n'a pas considéré comme une violation de la trêve, et exclut de rouvrir ce passage stratégique tant que durera le blocus de ses ports par les Etats-Unis.

Ce détroit, par lequel transite habituellement un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est au coeur du conflit entamé le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran le 8 avril.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via Ormuz, tandis que les Etats-Unis bloquent l'accès aux ports iraniens depuis le 13 avril.

"Un cessez-le-feu complet n'a de sens que s'il n'est pas violé par un blocus naval (...), la réouverture du détroit d'Ormuz est impossible tant que le cessez-le-feu est ouvertement bafoué", a affirmé le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un message sur X.

Dans le cadre de son blocus, l'armée américaine a ordonné à 31 navires, des pétroliers pour la plupart, de retourner au port, a dénombré mercredi soir le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X, injonction suivie par "la majorité" des bateaux.

Une reprise prochaine des discussions entre belligérants malgré tout? "C'est possible!", a écrit le président américain Donald Trump, répondant au message d'une journaliste du New York Post qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent d'ici vendredi.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir "saisi" deux navires qui essayaient de franchir le détroit d'Ormuz et les ont "dirigés vers la côté iranienne".

La Maison Blanche n'a toutefois pas considéré cette saisie comme une violation du cessez-le-feu, entré en vigueur le 8 avril, car "il ne s'agissait ni de navires américains, ni de navires israéliens", mais de "deux navires internationaux", a affirmé sa porte-parole Karoline Leavitt, sur la chaîne Fox News.

Le Panama a confirmé la saisie d'un navire battant son pavillon, le MSC Francesca, et son ministère des Affaires étrangères a accusé Téhéran de porter une "grave atteinte" à la sécurité maritime.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Fruits de l'incertitude, les prix du pétrole ont toutefois bondi de plus de 4% jeudi à l'ouverture en Asie, avant de se modérer.

- Pas de date limite -

Les pourparlers entre Washington et Téhéran, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre qui a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de son expiration, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Mais "le président n'a pas fixé de date limite pour recevoir une proposition de l'Iran", a déclaré aux journalistes Karoline Leavitt, précisant qu'"en définitive, le calendrier sera imposé" par Donald Trump.

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+".

Le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes a dit mercredi "apprécier" les efforts du Pakistan pour mettre fin à la guerre, mais sans se prononcer sur la prolongation de la trêve.

Par ailleurs, le plus haut responsable civil de la Marine américaine, John Pehlan, a quitté ses fonctions, a fait savoir le Pentagone, sans fournir d'explication à ce départ soudain.

- Journaliste tuée au Liban -

Sur l'autre front principal de la guerre, cinq personnes, dont une journaliste, ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche.

Lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington, "le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

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