- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Italie a adopté mercredi un décret visant à réduire, pour une période de 20 jours, de 25 centimes par litre le prix du carburant afin de contrer l'augmentation des tarifs à la pompe provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
« Les Italiens paieront moins cher que les Français »
"Nous réduisons le prix du carburant d'environ 0,25 euro par litre pour tous", a annoncé la Première ministre italienne Giorgia Meloni dans une vidéo postée sur X à l'issue du Conseil des ministres.
Le "décret carburants" adopté par le gouvernement italien, qualifié de "mesure de nature temporaire et d'urgence", prévoit "des dispositions visant à réduire, pour une période de vingt jours à compter du 19 mars, la fiscalité sur le gazole, l'essence et le GPL", précise un communiqué du Conseil des ministres mercredi.
"L'effet attendu de la mesure est une réduction du prix de 25 centimes par litre pour le gazole et l'essence et de 12 centimes par kilo pour le GPL", ajoute le texte.
"Dès les prochaines heures, les Italiens paieront moins cher que les Allemands, les Français et les Espagnols", s'est félicité sur la chaîne de télévision Rete 4 le vice-Premier ministre et ministre des Transports italien Matteo Salvini.
Continua senza sosta il lavoro del Governo per far fronte all’aumento dei prezzi dei carburanti. pic.twitter.com/PmUO52ZFQU
— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) March 18, 2026
Réduire l'impact sur les prix des biens de consommation
Deux autres mesures figurent également dans le décret : une aide exceptionnelle accordée aux transporteurs routiers et pêcheurs d'une part, un mécanisme anti-spéculation d'autre part.
La première consiste en un "crédit d'impôt pour les dépenses supplémentaires engagées au cours des mois de mars, avril et mai par rapport au mois de février 2026" par les chauffeurs routiers, explique le gouvernement. Cette aide doit permettre "d'éviter que la hausse du prix du gazole ne se répercute sur les prix des biens de consommation", a indiqué Giorgia Meloni sur X.
Pour les pêcheurs, ce crédit d'impôt peut "aller jusqu'à 20% des dépenses engagées pour l'achat de carburant au cours des mois de mars, avril et mai 2026", note le Conseil des ministres. Ce dernier précise avoir également prévu "des mesures de prévention et de lutte contre les phénomènes spéculatifs", notamment le renforcement de la surveillance des prix des carburants exercée par le Garant des prix auprès du ministère des Entreprises et du Made in Italy.
"Pendant une période de trois mois, les compagnies pétrolières seront tenues de communiquer et de publier les prix conseillés, qui feront l'objet d'un contrôle de la part du Garant, avec la prévision de sanctions en cas de manquement". "Ce mécanisme nous permettra de stopper immédiatement les hausses injustifiées et de garantir que les compagnies pétrolières et les distributeurs baissent leurs prix en fonction de la baisse des cours du pétrole brut au niveau international", a estimé Mme Meloni.
Depuis les premières attaques en Iran lancées par les États-Unis et Israël fin février, les cours du pétrole brut ont bondi de près de 50%, conséquence notamment du blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal environ un cinquième du pétrole brut mondial.
Vendredi, la Serbie a annoncé réduire de 20% les accises sur les carburants afin de contenir la hausse des prix à la pompe provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement allemand doit quant à lui présenter cette semaine au Parlement un projet de loi pour renforcer le contrôle des prix des carburants, en obligeant les compagnies pétrolières soupçonnées d'abus à prouver qu'elles ont agi "légalement".