Londres veut exclure Pékin de futurs projets nucléaires, selon la presse

  • AFP
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Le gouvernement britannique cherche les moyens d'empêcher un groupe chinois d'Etat de participer à de nouveaux projets de centrales nucléaires dans le pays, révèle lundi la presse au Royaume-Uni.

Cette mesure pourrait envenimer un peu plus les relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et la Chine, déjà abîmées par des dossiers comme Hong Kong (ex-colonie britannique) ou le traitement des Ouïghours au Xinjiang.

L'agence PA, citant une source gouvernementale qui confirme une information révélée par le Financial Times, explique que des membres du gouvernement envisagent de bloquer toute participation du groupe CGN dans le nucléaire britannique.

Le groupe pourrait être exclu du projet de Sizewell (est de l'Angleterre), auquel il participe comme partenaire minoritaire aux côtés d'EDF, et celui de Bradwell (sud-est), moins avancé mais sur lequel il est seul à la manoeuvre et qui serait équipé de sa propre technologie.

En revanche, Hinkley Point, porté par EDF et CGN, ne serait pas concerné, puisque le projet est déjà bien engagé. Il s'agit de la seule centrale nucléaire en cours de construction dans le pays et elle devrait être opérationnelle dans quelques années.

Interrogé par l'AFP, le ministère britannique des Entreprises, de l'Énergie et de la Stratégie Industrielle n'a ni confirmé ni démenti les informations de presse, soulignant que tous les projets nucléaires devaient respecter "les exigences de sécurité nationale, pour protéger nos intérêts".

De son côté, EDF Energy, la filiale britannique du géant français, n'a pas souhaité faire de commentaires.

Interrogé lundi lors d'un point presse régulier, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré avoir pris connaissance des articles de presse en question et insisté sur le besoin d'une "coopération pragmatique" entre son pays et le Royaume-uni.

Celui-ci doit "fournir aux entreprises chinoises un environnement commercial ouvert, équitable et non-discriminatoire", a-t-il insisté.

- Le précédent Huawei -

Se priver de CGN pourrait contraindre Londres à trouver d'autres partenaires dans le nucléaire, alors même que les ambitions britanniques dans l'atome ont été contrariées l'an dernier avec l'abandon par le conglomérat industriel japonais Hitachi de son projet de centrale au Pays de Galles.

Le nucléaire fournit environ 20% de l'électricité du pays et les pouvoirs publics veulent maintenir cette part afin d'atteindre la neutralité carbone en 2050. Il y a actuellement 15 réacteurs au Royaume-Uni sur huit sites.

"D'ici 2030, toute la flotte de réacteurs, sauf un, sera en fin de vie et il est donc crucial que le Royaume-Uni investisse dans de nouveaux réacteurs", a réagi un porte-parole de l'association de l'industrie nucléaire britannique (NIA).

Les mouvements écologistes estiment au contraire qu'il faudrait abandonner le nucléaire, dont les projets nécessitent des sommes colossales, pour mettre le paquet sur les énergies renouvelables dont le coût est moindre.

L'influence de la Chine dans les affaires économiques britanniques est régulièrement dénoncée par des députés conservateurs, un an après la décision du gouvernement d'exclure l'équipementier Huawei du réseau 5G.

Début juillet, les inquiétudes avaient porté sur le rachat par un groupe chinois du gallois Newport Wafer Fab, le plus grand fabricant britannique de semi-conducteurs.

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