- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
La justice a ordonné jeudi la reprise de la start-up nucléaire Naarea par le groupe Eneris, malgré l'annonce par ce dernier de son désistement la veille, un projet qui doit préserver une centaine d'emplois, selon un jugement consulté par l'AFP vendredi.
Le groupe polonais et luxembourgeois Eneris, seul candidat à la reprise de la start-up, avait annoncé mercredi le retrait de son offre, mais le tribunal des activités économiques (TAE) de Nanterre a ordonné "la cession de l'entreprise Naarea à la société Eneris Fuels SA".
"En dépit du faible prix proposé, l'offre de reprise permet d'éviter les licenciements des salariés repris dans le cadre d'un projet sérieux", détaille l'ancien tribunal de commerce. Selon cette source, l'entreprise employait 206 personnes avant son entrée en redressement judiciaire en septembre 2025.
La justice dit avoir reçu une "note en délibéré" qui lui a été adressée le 14 janvier, soit le jour de l'annonce du retrait de l'offre d'Eneris, "alors que l'affaire avait été régulièrement examinée et mise en délibéré".
Cette note a été "produite hors cadre procédural" et "n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le tribunal lors des débats", a-t-il estimé. Elle "n'a pas à être prise en considération".
A la veille du jugement, initialement attendu le 15 janvier, l'unique candidat à la reprise, Eneris, avait annoncé au tribunal le retrait de son offre.
Interrogé par l'AFP, Eneris, société fondée par l'entrepreneur franco-polonais Artur Dela, basée au Luxembourg, n'a fourni aucune explication à son revirement et n'a pas réagi non plus à la décision de justice dans l'immédiat.
Fondée en 2020, Naarea s'est positionnée dans le développement d'un modèle de mini-réacteur nucléaire à sels fondus et neutrons rapides capable de produire de l'électricité, mais aussi de la chaleur décarbonée pour des industries, à partir des combustibles d'uranium usés.
Naarea avait été une des premières start-up à être soutenue par l'Etat, incarnant l'ambition gouvernementale de promouvoir des réacteurs innovants dit SMR (Small Modular Reactors) et de quatrième génération dits AMR (Advanced Modular Reactors) pour contribuer à la souveraineté énergétique du pays et répondre aux besoins des industriels de décarboner leur production, encore très dépendante des énergies fossiles.