Déchets nucléaires : l'ASN « alerte » sur le risque de saturation de l'usine de La Hague

  • AFP
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L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a "alerté" mardi sur le risque de "saturation" des piscines de l'usine Orano (ex-Areva) de La Hague (Manche), où refroidissent les combustibles irradiés dans les centrales nucléaires françaises, avant d'y être retraités.

"On attend des exploitants", EDF et Orano, "qu'ils prennent le sujet en main pour aboutir au plus tôt à la création de capacités d'entreposage soit sous eau soit à sec mais en tout cas sûres, du combustible usé", a averti Adrien Manchon chef de la division normande de l'ASN, interrogé par l'AFP lors d'une audioconférence de presse de bilan annuel.

"À très court terme et à court terme, on ne court pas de risque (...) néanmoins, à plus long terme, il y a nécessité de trouver une solution d'entreposage du combustible usé", a-t-il ajouté. Or "construire une installation qui entrepose des déchets nucléaires, ça prend du temps. C'est un sujet qui doit être pensé au plus vite", a souligné M. Manchon.

Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), une saturation des piscines de La Hague, où refroidissent environ 10 000 tonnes de combustibles irradiés, peut bloquer progressivement tous les réacteurs français. En 2018, l'IRSN estimait que les piscines de La Hague seraient pleines au plus tard "peu après 2030". Le bras technique de l'ASN avait indiqué à l'AFP qu'en "un à deux ans" les piscines de La Hague seraient remplies, si l'usine, qui vieillit, s'arrête et ne redémarre pas.

Au 1er janvier 2016, le pourcentage d'espace disponible dans les piscines de La Hague était de 7,4%. La quantité de combustibles augmente d'une "petite centaine de tonnes" par an car EDF envoie plus de combustibles à La Hague qu'Orano n'en retraite, selon l'IRSN.  Lors de l'annonce du confinement en mars, une partie des activités de retraitement des déchets nucléaires de La Hague a été mise en suspens avant de redémarrer progressivement mi-avril.

En 2018, la députée LREM Barbara Pompili, demandait que soit examinée la piste d'un "entreposage à sec" des combustibles usés, répandu dans les pays étrangers, qui ne pratiquent pas le retraitement, exception française.

Site qui concentre le plus de matière radioactive en Europe, Orano La Hague employait au 31 décembre dernier 2 808 personnes en contrat à durée indéterminée (CDI).

Commentaires

Serge Rochain

La seule solution est d'abandonner le nucléaire pour l'avenir, le mal qui est fait ….est fait. Maintenant focalisons nous sur l'avenir donc son remplacement.

Denis Margot

Quel mal ? Celui de fournir l’énergie la moins carbonée ? Celui de fournir l’électricité parmi les moins coûteuses ? Celui d’être, malgré les accidents surmédiatisés, l’énergie la moins dangereuse au monde ? Celui d’être l’énergie produisant le moins de déchets par kWh ? Celui d’être l’énergie la moins consommatrice de matières premières ? Celui de constituer (pour combien de temps encore ?) une zone d’expertise, de richesse et d’emplois en France ? Celui de produire l’énergie qui défigure le moins les paysages ? Celui de produire des déchets « qu’on ne sait pas retraiter » mais qu’on retraite pourtant depuis plus de 60 ans ? Celui d’être une source d’énergie au potentiel quasi-illimité ? Ah, mon bon Serge Rochain, Sachant parmi les Sachants, venez-moi en aide, dîtes-moi ce qui fait le plus mal dans cette diabolisation, et dîtes-moi bien comment votre bon sens pourrait-il faire un bien encore meilleur que ce mal ?

Thomas

ahah @Denis Margot: mais à vous lire ce serait donc l'énergie parfaite alors, sans aucun enjeu?

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