Nucléaire : les organisateurs du débat public en cours alertent sur les discussions menées au Sénat

  • AFP
  • parue le

Les organisateurs du débat public en cours sur de futurs réacteurs nucléaires en France s'alarment mercredi des discussions menées au Sénat, qui voudrait décider de relancer l'atome avant d'avoir entendu les citoyens.

Le Sénat, majoritairement favorable à une relance de l'énergie nucléaire, a élargi mardi en première lecture la portée d'un projet de loi de simplification administrative pour la construction de réacteurs nucléaires: le texte, amendé, révise de fait en partie l'actuelle loi de programmation des énergies.

Ce qui "revient à considérer comme sans intérêt" le débat public lancé en octobre sur le projet de nouveaux réacteurs, soulignent Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), et Michel Badré, président du débat public en question.

"Dans le cadre de l'examen d'un projet de loi ne portant que sur les procédures de construction (...) et non sur les choix de politique énergétique, la levée des objectifs de limitation de la production nucléaire à 50% de la production électrique totale est actuellement débattue, par amendements au projet de loi initial", constatent-ils.

"Une telle mesure anticip(e) de quelques mois un débat relevant du projet de loi de programmation énergétique", attendu au plus tôt cet été, notent-ils dans un communiqué commun.

Et "elle revient à considérer comme sans intérêt pour définir la stratégie énergétique les interrogations, les remarques et les propositions faites lors du débat public en cours", déplorent les deux responsables.

Le gouvernement a présenté au Parlement deux projets de loi d'accélération des procédures administratives: pour les énergies renouvelables et le nucléaire. Mais députés et sénateurs ne doivent se pencher que dans un second temps, au mieux cet été, sur les objectifs de la France par énergie à horizon 2033, dans le cadre d'une loi de programmation énergie et climat (LPEC).

Dans ce contexte, un débat public organisé sous l'égide de la CNDP se tient jusqu'au 27 février sur la construction de six nouveaux réacteurs EPR, dont deux premiers à Penly (Seine-Maritime).

Obligation légale, "ce débat conduit à examiner, sans concession ni préjugé, les conditions et modalités pratiques de relance d'un tel programme: enjeux de sûreté, retour d'expérience du chantier toujours en cours de Flamanville, conditions de financement d'un programme évalué à plus de 50 milliards d'euros, incertitudes climatiques"..., soulignent Mme Jouanno et M. Badré.

"Aucune de ces questions ne semble anodine, pour éclairer les décisions à prendre", notent-ils.

Les garants du débat auront ensuite deux mois, jusqu'au 27 avril, pour remettre leur rapport.

Commentaires

Larderet

N’en déplaise à Mme Jouanno et M. Badré, le Sénat est une instance de représentants élus aussi légitime, et probablement plus, que la CNDP pour parler de l’avenir énergétique de la France sous tous ses aspects.

Serge Rochain

Mais qu'est-ce que vous croyez ? Vous ne servez que de faire valoir puisque Macron a décider de relancer le nucléaire pour rammaser les voix de tous les nucléophiles nostalgiques du XXe siècle.
Et il a été réélu donc maintenant il ne cherche que la caution du peuple après coup !
De toutes les façons dans quelques dizaines d'années vous porterez le chapeau de la faillite nucléaire quadn dans moins de 50 ans le prix de l'uranium sera devenu inabordable et saus dans le meilleur des cas les deux premiers exemplaires de ces EPR 2 ne serotn en fonction au mieux que depuis une trentaine d'années mais qu'ils leur faudrait produire pendant encore au moins autant de temps que ce qu'ils auront déjà vécu pour être rentabilisés. Quant aux deux suivants ils ne fonctionneront que depuis moins de 20 ans, et les deux derniers depuis moins de 10 ans. Et on aura déjà abandonné l'idée d'en construire d'autres puisque même les plus obtus auront compris que pour l'uranium c'etait fini on raclait déjà les fonds de tiroir.avan même de lancer la construction des deux derniers qui avaient permis à Macron d'être réélu en 2022. De toutes les façons, il y aura belle lurette que les renouvelables avaient déjà repris le flambeau.et la France n'était seulement qu'à la traine sur ses voisins.

Rblase

Mr Rochain, reprenez votre souffle vous êtes tellement dépité de voir que le nucléaire est de nouveau perçu comme indispensable que vos propos sont incohérents dans la pensée comme dans la rédaction.

Houyo

"Perçu" comme indispensable, c'est bien le mot, mais uniquement auprès du grand public et en France, surement aussi auprès de quelques élus.
Dans la réalité, et même pour ses promoteurs, l'électronucléaire n'apparait que comme une solution marginale.

Exemple (parce que je sais qu'ici beaucoup ont une autre "perception"), l'IAEA dans son outlook 2022 scénario "High" (le plus favorable au nucléaire) 5.3% d'électricité d'origine nucléaire dans le monde en 2050, soit une hausse vertigineuse de 0.5% par rapport à 2021... Le "Low" c'est 2.4%.
https://www.iaea.org/publications/15268/energy-electricity-and-nuclear-…

C'est surement du à l'influence incroyable du lobby écolo, le nucléaire ne pouvant être que LA solution comme chacun sait.
A moins que...

victor

quand on sait que le suivant de Macron est Edouard Philippe, on est tranquille sur les suites données à ce débat

Brizon

Heureusement les scénarii de previsions énergétiques de la France supportent différentes hypothèses sur le nucléaire et les énergies renouvelables et non une seule. Qu'il soit permis de développer des options performantes pour faire cohabiter au mieux productions de base et productions intermittentes. Il est curieux que la question du stockage ne soit pas plus souvent abordée en complément des solutions intermittentes à moins d'intervenir de façon autoritaire sur les utilisations. Il me paraît par conséquent légitime que la chambre haute s'en préoccupe dans l'intérêt du pays.

Houyo

Si si, je vous assure qu'entre énergéticiens ça discute stockage et pilotage de la demande.
Les solutions techniques sont de plus en plus nombreuses. Exemple pour du pilotage en résidentiel (un peu tertiaire bureau aussi) : Comwatt et c'est français :-)
https://www.comwatt.com/

philippe legile

Ecoutez l'audition argumentée de Mme Lepage à la commission, elle résume l'historique et les decisions très politico-industrielle du Nuke français qui ont bien berné les français sur l'avenir et elle alerte toujours sur l'irresponsabilité et les risques. Comme de payer des sommes astronomiques liées à l'incompétence de nos chantiers, l'absence d'uranium, le défi du refroidissement face au climat voire meme imaginer nos déchets envoyés en Sibérie, revenir par la force d'un terrorisme sale. Nous n'avons jamais maitrisé la fission du berceau à la tombe, nous n'avons jamais payé le prix réel du kWh nucléaire jusqu'à son démantèlement encore moins jusqu'à la fin de vie des déchets.

Christian Méda…

Pourquoi débattre d'un sujet qui n'est qu'une rustine (nucléaire) sur une bouée mal conçue (industrialisation fondée sur une abondance énergétique aveugle des conséquences) qui avait la prétention pour l'humanité de nous faire circumnaviguer éternellement ?

La réponse est : pour le bénéfice à court terme (30 ans) de ceux qui pilotent et qui sont désignés par nous-même (mea culpa) pour leurs promesses à court terme. Celles (ceux) qui en démissionnent sont rares. Il y en a eu une hier. Chapeau Jacinda !

EtDF

Rappelons que si De Gaulle d'abord et Messmer par la suite n'avait pas pris des décisions remarquables quant à l'Energie Nucléaire en France, pas mal de ceux qui tapotent ici sur leur clavier bien au chaud devant leur bureau auraient bien été content d'émettre tant de CO2 base lignite/charbon (que nous avons plus) et de gaz (importé à bon prix) comme nos cousins germains.. sans oublier les polonais , hongrois, tchèques, bulgares etc etc même italiens.. Quand au vent qui arrive maintenant avec son copain PV,, toujours poussifs n'est ce pas et leur CO2 "reste" de l'autre côté de la planète...
Qu'il soit permis de douter de l'intérêt d'un débat public puisque pour l'accélération des implantations de PV et d'éoliennes, (pour contraindre les râleurs d'opposants) les chambres représentatives viennent de décider souverainement. Je n'ai pas entendu les citoyen.ne.s Jouannau et Badré pleurnicher... !!!
Quant à ceux qui instillent ici que nous n'avons pas d'uranium sous la main... qu'ils rapportent la vérité!
Rappelons aussi que si l'électricité-charbon reste si populaire dans le monde c'est qu'elle est la moins chère, ce qui ne favorise toujours pas le développement des alternatives. (nucléaires entre autres et EnR). A une certaine époque nos dirigeants avaient des idées, car pas de pétrole... Maintenant il nous reste aussi du bois (Vert?), des silex (peu-nuke) et de la bouse (Bio?) tant qu'il y a des vaches!!!

Véro

Toutes les façons de produire de l'électricité ont leur face sombre, mais la particularité du nucléaire c'est qu'il va menacer la vie sur des centaines de milliers d'année après son utilisation. Pendant son exploitation en cas de problèmes techniques hors contrôle (ça n'arrive pas qu'aux autres) ce sont des morts et des évacués pour une région inhabitable et polluée pour des siècles. Quant à une guerre dans un pays nucléarisé, c'est chaque jour la veille d'une apocalypse totale.
La question centrale autour du nucléaire est celle ci, / Quelle est la quantité de victimes potentielles qui m'indiffèrent ? Mon confort à court terme justifie -t-il l'acceptation des crimes nucléaires ?

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