Nucléaire: Naarea se défend après son dépôt de bilan par son repreneur Eneris

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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La start-up nucléaire Naarea a affirmé mercredi que la "transparence requise" pour sa reprise par Eneris avait été faite, notamment sur les aspects technologiques, invoqués par le groupe polonais et luxembourgeois pour déposer le bilan de l'entreprise française.

Eneris, à qui la justice avait ordonné le 15 janvier d'honorer son offre de reprise retirée la veille au dernier moment, a annoncé mardi sa décision de déposer le bilan de Naarea, jugeant son modèle de micro-réacteur dans une "impasse technologique".

"Cette remise en cause" par Eneris de son offre de reprise s'explique, selon lui, par "la découverte, postérieurement" au dépôt de l'offre et à l'audience du tribunal, "d'éléments juridiques, sociaux et technologiques qui avaient été dissimulés".

L'administrateur judiciaire de Naarea Théophile Fornacciari, le mandataire judiciaire Christophe Basse et son fondateur Jean-Luc Alexandre ont réagi mercredi dans un communiqué, nouveau rebondissement d'une série depuis le placement en redressement judiciaire de l'entreprise en septembre.

"L'ensemble des procédures ayant amené le tribunal des affaires économiques de Nanterre à adopter l'offre (...) ont respecté la transparence requise par ce type de processus pour que le repreneur puisse conduire ses enquêtes, vérifications et analyses", affirment-ils.

"L'analyse technique effectuée à la demande d'Eneris par le cabinet Oakridge a notamment porté sur la technologie", ajoutent-ils, précisant que Eneris avait "maintenu son offre puis levé ses conditions suspensives" après plusieurs audiences.

Ils regrettent qu'Eneris "n'honore pas" ses engagements "condamnant de facto à court terme les 108 emplois" que prévoyait "l'offre de reprise, et faisant courir le risque d'une perte de souveraineté quant au savoir-faire acquis".

Eneris a estimé que Naarea se trouvait "dans une impasse technologique sur son projet de micro-réacteur à neutrons rapides", semblant remettre en question la possibilité de le commercialiser dans la prochaine décennie.

Fondée en 2020, Naarea s'est positionnée dans le développement d'un modèle de mini-réacteur nucléaire à sels fondus et neutrons rapides capable de produire de l'électricité, mais aussi de la chaleur décarbonée pour des industries, à partir des combustibles d'uranium usés.

Naarea avait été une des premières start-up à être soutenue par l'État, incarnant l'ambition gouvernementale de promouvoir des réacteurs innovants dit SMR (Small Modular Reactors) et de quatrième génération dits AMR (Advanced Modular Reactors), afin de contribuer à la souveraineté énergétique du pays et répondre aux besoins des industriels de décarboner leur production, encore très dépendante des énergies fossiles.

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