Prison avec sursis pour quatre agriculteurs de la CR condamnés pour dégradations de transformateurs

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

Quatre agriculteurs de la Coordination rurale (CR) de Haute-Garonne, dont son président départemental, ont été condamnés mercredi à Toulouse à quatre mois de prison avec sursis pour dégradations en réunion de transformateurs Enedis en marge du mouvement de colère agricole de l'hiver.

Maxime Raud, 35 ans, le président de la CR de Haute-Garonne, ainsi que trois autres agriculteurs âgés de 40 à 45 ans, ont été reconnus coupables de "dégradations aggravées" de transformateurs et "vols en réunion" de cadenas et de clavettes (pièces métalliques du transformateur), lors de six nuits de janvier, privant 4.300 foyers d'électricité pour un préjudice estimé à près de 100.000 euros, selon Enedis.

Conformément aux réquisitions du parquet, ils ont été également condamnés à des peines d'amende intégralement assorties de sursis. "C'est un avertissement", a commenté le président du tribunal de Toulouse, estimant ne pas avoir "à juger la légitimité des revendications" des agriculteurs.

"Si on en est arrivés à ce point-là, c'est qu'on avait interdiction de sortir" nos tracteurs pour manifester, a déclaré M. Raud, qui a présenté des excuses au tribunal. "C'est regrettable, mais on voulait que l'Etat nous entende" en pleine épizootie de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

"On pensait pas à mal", a-t-il ajouté. Etre éleveur, "c'était mon rêve" d'enfant, a-t-il dit, "j'ai appris à compter avec les vaches (...) c'est pour ça que je me bats tous les jours" et que "j'espère que l'Etat va faire quelque chose pour l'agriculture française" car "on n'en peut plus, on est au bord du gouffre".

Pour le procureur David Charmatz, "c'était une action collective, délibérée et en réunion" lors d'un "périple routier déterminé" et reconstitué avec "les éléments cartographiés" de leur téléphonie.

Après l'énoncé du jugement au terme de trois heures d'audience, les prévenus ont annoncé faire appel.

Leurs avocats avaient réclamé la relaxe. "Ils ont éteint la lumière, c'est tout", a déclaré à l'audience l'avocat de l'un d'eux, Me Emmanuel Dinguirard. "Ils ont simplement baissé une manette. Que fait l'agent Enedis ? Il va juste le remettre en marche", a-t-il dit.

"C'était un appel au secours plus qu'une intention de nuire", a renchéri l'avocate des trois autres, Me Clothilde Esquerre. "Jamais aucun transformateur n'a été détérioré, des cadenas peut-être", a-t-elle plaidé, affirmant qu'un transformateur est "un outil parfaitement autonome et distinct de son cadenas".

Les quatre agriculteurs comparaîtront en audience civile le 16 novembre 2027 à la demande d'Enedis, partie civile, qui réclame une "indemnisation", s'estimant "pris en otage" dans sa "mission de service publique", selon son avocat Romain Zannou.

Ajouter un commentaire