BloombergNEF fait état de progrès du solaire en 2019... mais aussi du charbon

  • AFP
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Solaire et éolien ont représenté 67% des capacités de production électrique installées dans le monde en 2019, mais le charbon a lui aussi poursuivi sa progression, souligne le bilan annuel de BloombergNEF (BNEF).

L'an dernier, le photovoltaïque a représenté 45% des capacités nouvelles et le choix premier pour des dizaines de pays comme l'Inde, l'Italie, l'Australie, la Namibie, les États-Unis, le Chili. Quelque 25% d'entre elles sont, en revanche, alimentées par des énergies fossiles, selon ce rapport "Power Transition Trends 2020", qui couvre 138 pays.

Porté par la chute des coûts, le solaire atteint désormais 651 GW disponibles (contre 43,7 GW il y a dix ans), avec un record de +118 GW en 2019. BNEF s'attend à ce que sa progression continue, avec 140-178 GW supplémentaires raccordés en 2022. En termes de capacités, le solaire est désormais la quatrième source d'électricité au monde, juste devant l'éolien (644 GW). Il reste cependant loin derrière le charbon (2 089 GW), le gaz (1 812 GW) et les barrages (1 160 GW).

Cet écart est plus clair encore si ce classement est établi en fonction de l'électricité effectivement produite : en raison d'un bien plus faible facteur de charge (intermittence de la production) que les fossiles, le solaire a généré en 2019 2,7% de l'électricité mondiale, souligne BNEF. C'était 0,16% il y a dix ans.

Face à cela, le charbon a encore gagné 39 GW de capacités nettes l'an dernier, contre +19 GW en 2018. Sur 10 ans, les capacités de production du charbon ont ainsi crû de 32%. "Plus de 113 GW de recul net des capacités en charbon dans les années 2010 dans les pays développés n'ont pu compenser le flot de 691 GW nouvellement installés dans les marchés émergents", constate BNEF dans son bilan.

"Les pays plus riches se débarrassent rapidement de centrales à charbon vieilles et inefficientes, parce que celles-ci ne peuvent rivaliser avec de nouveaux projets renouvelables ou gaziers", souligne Ethan Zindler, responsable Amériques pour BNEF. "Mais dans des nations moins développées, en particulier en Asie du sud et du sud-est, des centrales à charbon nouvelles, plus efficaces, entrent en fonction,souvent avec le soutien financier de créanciers japonais et chinois", relève-t-il.

Commentaires

Serge Rochain

Et dire que certains, qui se croient manifestement mieux informés que Bloomberg, prétendent que l'Inde ou l'Australie ont choisis préférentiellement le nucléaire pour développer leur réseau électrique.

blaizot

King Coal est toujours présent et le restera encore longtemps : trop facile d'utilisation et trop bon marché malgré tous les mineurs morts et enterrés et le nouveau smog appelé désormais "asian brown cloud" . Une fois le pétrole raréfié on en fera à partir de charbon comme allemands et sud-africains l'ont si bien fait en période de guerre ou d'embargo !

Serge Rochain

Certainement mon cher blaizot, mais dans ces messages il y a souvent des informations plus qu'intéressantes et cachées qu'il faut savoir faire ressortir, comme la progression de l'efficacité des panneaux solaires. Ainsi, en puissance installée on note une progression de 651/43,7 soit 14,9 fois plus en 10 ans, alors la production est passé dans le même temps de 0,16% à 2,7% soit 16,9 fois plus soit une augmentation de leur efficacité de 13,5% en 10 ans, et cela étant une moyenne sur 10 ans, c'est donc une efficacité bien supérieur encore si l'on compare un PPV d'il y a 10 ans à un PPV d'aujourd'hui.

serge

Solaire et éolien ont représenté 67% des capacités de production électrique installées dans le monde en 2019 avec une production de 2.7 % pour le solaire. Merci à cet article de nous aider à comprendre avec une simple soustraction qu'heureusement 33 % d’autres capacités ont fourni l’électricité à hauteur de 97.3 % . La production éoliennes est mystérieusement absente pour des raisons qui m'échappent. Difficile alors de bien comprendre. J'ai cru comprendre par contre que le nucléaire aidait à faire du courant. Aussi le charbon, ce qui est un bien pour la facture d'électricité des consommateurs de ces pays.

Vincent

Bonjour. Une petite précision pour être rigoureux : les 2.7 % de l'électricité produite en 2019 par le solaire ne correspondent pas uniquement à la production des nouvelles installations solaires mais de tout le parc solaire mondial existant. Donc, les 97.3% d'électricité produits par autre chose que du solaire en 2019 ont été produits par une capacité totale bien supérieure aux 33% du total des capacités mondiales. Les 33% représentent la part des nouvelles installations non solaires et non éoliennes sur l'année 2019.
Pour le reste, je partage votre avis : les centrales pilotables (gaz, nucléaire, charbon) ne rendent pas le même service que les ENRi qui produisent selon les conditions météorologiques : c'est pourquoi on utilise le pilotable pour faire de la production d'électricité en "base" (et en "pointe") que l'on doit ajuster pour céder la priorité à la production fatale d'électricité provenant des ENRi.

Etienne

Votre soustraction ne marche pas. Vous confondez "nouvelles capacités installées" avec production de l'ensemble des capacités en fonctionnement. Les 100% de nouvelles capacités (=nouveaux moyens de production d'électricité mis en service en 2019) n'ont produit qu'une (faible) part de l'ensemble de la production d'électricité de 2019 assuré par l'ensemble des moyens de production d'électricité ( renouvelables, charbon, nucléaire, ...)

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