Sobriété énergétique : pas de « solutions toutes faites », insiste le gouvernement

  • AFP
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Tout sauf être "prescriptif" : la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a adopté vendredi un ton conciliant à l'occasion d'un groupe de travail sur la sobriété énergétique des entreprises, dont certaines, comme la grande distribution, ont déjà affiché leur bonne volonté.

"Il n'y a pas de solutions toutes faites", a insisté « APR » à l'issue d'une réunion qui a rassemblé organisations patronales (Medef, CPME), syndicats et représentants des énergéticiens.

Le gouvernement, qui a récemment annoncé vouloir réduire la consommation d'énergie en France de 10% d'ici deux ans par rapport à 2019, "ne se met pas dans une position où on vous dit ce qu'il faut faire", a-t-elle ajouté à l'adresse des entreprises et syndicats.

Pour faire des économies d'énergie dans un contexte où les approvisionnements sont réduits par la guerre entre la Russie et l'Ukraine, "on est très conscients qu'il faut tenir compte de l'extraordinaire hétérogénéité des activités du privé". "Une petite entreprise située dans la Creuse, ça ne sera pas la même chose qu'une entreprise de services qui a une tour à La Défense", a expliqué Agnès Pannier-Runacher. Pour le patronat comme pour les syndicats, "je crois que c'est très important que l'Etat ne soit pas prescriptif", a-t-elle estimé.

Le gouvernement espère tout de même que certaines entreprises prennent des engagements d'ici la fin septembre pour réduire leur consommation d'énergie, ou que les organisations patronales et syndicales émettent des recommandations à leurs adhérents.

Perifem, qui rassemble l'ensemble des acteurs de la distribution pour agir sur les sujets énergétiques ou environnementaux notamment, avait auparavant annoncé vouloir rassembler "l'ensemble des acteurs de la filière" pour établir "un plan d'action commun".

"L'objectif est d'aboutir à la rentrée à un protocole énergétique de crise utilisé par toutes les enseignes permettant la consommation la plus faible possible en cas de besoin", explique cette fédération présente vendredi à la réunion et selon qui le commerce et la distribution pèsent environ 15% de la consommation énergétique du secteur tertiaire en France.

Concrètement, les principaux postes d'économies d'énergie dans les entreprises sont la mobilité au sens large (déplacements domicile-travail, flottes d'entreprise) et le chauffage/climatisation, a détaillé la ministre. Dans le cas des magasins, si la réfrigération ne peut être réduite, les enseignes peuvent jouer sur l'éclairage ou le chauffage par exemple.

La réunion de vendredi a rassemblé à Paris le deuxième des trois groupes de travail lancés par le gouvernement pour plancher sur la sobriété énergétique.

Le premier a été lancé mercredi et travaille sur les économies d'énergie à faire au sein de l'Etat et des collectivités, tandis que le troisième, composé de représentants des établissements recevant du public et des grandes surfaces commerciales, doit commencer ses travaux jeudi.

À long terme, d'ici 2050, le gouvernement espère réduire de 40% la consommation énergétique du pays.

Commentaires

Jean-Baptiste

Que ces mots de sobriété dans les bouches de membres du gouvernement ou encore de dirigeants de grandes entreprises sonnent faux, creux comme de la langue de bambou, ce sont des incantations. Donc il ne faut pas trop se faire d'illusion, mais quand même, lorsqu'il y a 10 ans nous présentions la sobriété énergétique comme incontournable, ils nous ignoraient superbement, aujourd'hui, face à la réalité climatique et à l'épuisement des ressources, ce sont eux qui la promeuvent !

"D'abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez." Gandhi

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