Trois navires pétroliers en route pour les États-Unis avec du brut vénézuélien

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Trois navires affrétés par Chevron transportaient jeudi du pétrole du Venezuela vers les États-Unis, selon une analyse de l'AFP de données de suivi maritime, alors que les pressions de Washington sur Caracas font craindre une saturation des capacités de stockage du pays.

Expéditions régulières de brut vers les États-Unis

Deux autres pétroliers missionnés par la major américaine étaient jeudi à l'ancre au port de la raffinerie de Bajo Grande, dans l'ouest du Venezuela, tandis que six autres faisaient route vers le pays sud-américain, d'après les données fournies par Bloomberg. Chevron, seule entreprise américaine opérant au Venezuela, a affrété ces navires dans le cadre de ses expéditions régulières de brut vers les États-Unis.

Pendant que les navires étaient en transit, le président américain Donald Trump a assuré mardi que Caracas remettrait entre 30 et 50 millions de barils de pétrole "sous sanctions" aux États-Unis.

Le blocus naval imposé par Washington sur les pétroliers sous sanctions liés au Venezuela entraîne une accumulation de pétrole dans les cuves du pays, ont averti les analystes de la plateforme spécialisée Kpler. Le blocus ne concerne pas les navires affrétés par Chevron.

L'un des pétroliers affrétés, l'Ionic Anassa, a été enregistré passant au large de Cuba en direction du port de Pascagoula, dans le Mississippi, après avoir chargé à Bajo Grande le 4 janvier, selon Bloomberg. Le Nave Photon se trouvait jeudi au nord de Caracas, après son arrivée au terminal de José, à l'est du pays, le 5 janvier. Il était suivi de près par le Mediterranean Voyager.

Les deux navires, chargés jeudi selon les données Bloomberg, sont attendus au port de Freeport, au Texas.cDeux autres navires, le Minerva Gloria et le Searuby, étaient jeudi à l'ancre à Bajo Grande. Le Gloria semblait chargé, tandis que le Searuby paraissait vide, selon leur tirant d'eau transmis. Six autres navires, apparemment vides, faisaient route vers le Venezuela.

Stocks en hausse

Ces mouvements interviennent alors que les stocks de brut au Venezuela augmentent depuis la saisie par les États-Unis du pétrolier Skipper, le 10 décembre.

La dernière estimation de Kpler, basée sur des images radar du 30 décembre, indique que les stocks terrestres dépassent désormais 22 millions de barils, soit près de la moitié de la capacité de stockage du pays.

"Avec le ralentissement marqué des opérations de chargement dû au blocus naval", Kpler s'attend "à ce que les prochaines images radar révèlent une nouvelle hausse des stocks", a indiqué Emmanuel Belostrino, analyste senior chez Kpler, dans un rapport transmis à l'AFP.

Les volumes de stockage dit "flottant" augmentent également rapidement dans les eaux vénézuéliennes, signe d'un engorgement des exportations. Selon une analyse satellitaire de Kpler, plus de 16 millions de barils de brut sous sanctions étaient stockés jeudi sur des pétroliers utilisés comme réservoirs temporaires.

Sollicité, Chevron n'a pas fait de commentaire sur ses opérations.

Commentaires

LEBLOND
Bisness is bisness. c'est Américain le reste ne compte pas. Ce sont des margoulins !
EtDF
Pour l'instant on ne peux pas dire que c"est du vol.. puisque Chevron avait été (de façon surprenante) accrédité par Trump à rester au Vénezuela.. lequel président s'adonnait au safari "bateaux-drogue", certes prenant son temps pour peaufiner "l'exportation des Maduro"!!! C'est de l'optimisation énergétique !
GV
Cette annonce constitue la première concrétisation du projet de pillage de Trump, à la suite de l’agression impérialiste brutale et de l’enlèvement de Maduro, samedi dernier. Pendant que la justice américaine a été contrainte d’abandonner les charges accusant Maduro d’être un chef de cartel, ce qui était pourtant le principal prétexte de l’opération étasunienne, les objectifs de Trump sont plus clairs que jamais : il est venu pour le pétrole du Venezuela, et réclame son dû.
Alors que les États-Unis maintiennent l’embargo sur le pétrole vénézuélien et leur présence militaire dans les Caraïbes, Trump accentue la pression sur le régime pour s’accaparer les ressources du pays. À ce titre, les États-Unis ont annoncé ce mercredi avoir saisi le pétrolier Marinera, parti du Venezuela fin décembre et poursuivi par les USA depuis. Le Secrétaire à la guerre Pete Hegseth affirmait aujourd’hui en ce sens que « seul le commerce légitime et légal, tel que défini par les Etats-unis, sera autorisé ». En d’autres termes, les Etats-Unis s’arroge le droit de contrôler les exportations vénézuéliennes et de décider celles qui peuvent exister ou non.
Cette réquisition n’est qu’une première étape, alors que la multinationale Chevron continue d’opérer malgré le blocus et que les majors américaines du pétrole voient leur cours en bourse exploser depuis le kidnapping de Maduro. Pour concrétiser le pillage des ressources pétrolières du pays, Trump doit rencontrer ce vendredi des dirigeants de grandes entreprises pétrolières étasuniennes, d’après Reuters, tandis que le secrétaire à l’Énergie des États-Unis Chris Wright a répété que le Venezuela devait « créer les conditions pour que les entreprises pétrolières étasuniennes entrent dans le pays ».
En parallèle, des sources proches de l’administration étasunienne ont révélé à ABC News que la Maison Blanche avait exigé que les autorités vénézuéliennes mettent un terme aux relations économiques qui lient leur pays à la Russie, à la Chine, à l’Iran ainsi qu’à Cuba. Ainsi, Trump poursuit les objectifs présentés dans son document de « stratégie de sécurité nationale » en décembre dernier : chasser les capitaux chinois de la région et placer l’hémisphère occidental, de la Terre de Feu au Groenland, sous son contrôle total. Les négociations entre l’administration Trump et les autorités chavistes, menées par Delcy Rodriguez, montrent que l’agression impérialiste des États-Unis est, à plus large échelle, une tentative de freiner le déclin de l’hégémonie étasunienne en réimposant la discipline géopolitique de Washington en Amérique latine.
Les velléités impérialistes de Trump pourraient ne pas s’arrêter là. Depuis plusieurs jours, un certain nombre de médias désignent le ministre de l’Intérieur vénézuélien, Diosdado Cabello, comme le « principal obstacle aux ambitions du président [étasunien] ». Des officiels étasuniens ont confié à Reuters que Cabello avait été averti qu’en cas de signe de défiance à l’égard des États-Unis, il pourrait connaître le même sort que Maduro.
La même source a également indiqué que le ministre de la Défense Vladimir Padrino, qui est comme Cabello sous le coup d’un mandat d’arrêt des États-Unis et d’une prime de plusieurs millions de dollars pour sa capture, pourrait être une cible dans l’éventualité où il ne se plierait pas aux ambitions de Trump. Ces intimidations sont scandaleuses et montrent une nouvelle fois la brutalité de l’impérialisme étasunien, prêt à renouveler l’opération qui a conduit à l’enlèvement du président vénézuélien pour contraindre le régime à se soumettre à ses intérêts, alors que Trump a vraisemblablement écarté l’hypothèse d’une transition menée par Machado, l’opposante d’extrême droite à Maduro, qui pourrait plonger le Venezuela dans une guerre civile qui rendrait le pays incontrôlable.
Il est nécessaire de dénoncer l’offensive impérialiste en cours, d’exiger le retrait total des troupes étasuniennes des Caraïbes et la libération de Nicolàs Maduro et de se battre pour la défaite de l’impérialisme étasunien. L’urgence est à la construction d’un large mouvement anti-impérialiste, mené par les travailleurs et les classes populaires vénézuéliennes et de toute l’Amérique latine, en indépendance du régime de Maduro qui n’a eu de cesse de mener des politiques anti-ouvrières qui ont affaibli la capacité des masses vénézuéliennes à mettre en échec les attaques étasuniennes, pour chasser l’impérialisme du Venezuela et d’Amérique latine.

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