- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Donald Trump a menacé lundi l'Iran d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole, ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si un accord n'est pas trouvé "rapidement".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, engagé aux côtés de Washington, a lui estimé avoir rempli plus de la moitié de ses objectifs de guerre contre l'Iran, sans s'avancer toutefois sur un calendrier.
Dans un message sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a averti Téhéran que sans réouverture du détroit d'Ormuz, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux, les Etats-Unis poursuivraient l'offensive "en anéantissant complètement toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l'île de Kharg".
Le président américain avait déjà évoqué dimanche une possible opération terrestre pour s'emparer du terminal de Kharg, qui assure environ 90% des exportations de brut du pays, et "prendre le pétrole" iranien.
"Toutes les usines de dessalement" pourraient aussi être ciblées, a-t-il avancé.
Pour son allié Benjamin Netanyahu, "en termes de missions, et pas nécessairement de durée", "la moitié du chemin est clairement dépassée", a-t-il évalué au cours d'un entretien accordé à la chaîne américaine conservatrice Newsmax.
- Réunion du Conseil de Sécurité -
A rebours des exigences de Donald Trump, une commission parlementaire iranienne a approuvé lundi un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par le détroit stratégique d'Ormuz, selon des médias d'Etat. Le texte inclut aussi "l'interdiction de passage" pour les Etats-Unis et Israël.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est néanmoins dit optimiste sur la possibilité de pouvoir travailler avec des interlocuteurs - non identifiés - au sein du gouvernement iranien, après "quelques échanges" positifs.
A New York, l'ONU tiendra mardi une réunion d'urgence du Conseil de sécurité après la mort de trois Casques bleus de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), des "incidents gravissimes" condamnés "avec la plus grande fermeté" par la France, à l'origine de cette requête.
Deux Casques bleus ont été tués lundi dans "une explosion d'origine inconnue" dans le sud du pays. Un premier, indonésien, était mort dimanche après l'explosion d'un projectile d'origine inconnue dans la zone frontalière.
Le conflit au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts depuis son déclenchement le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, continue de faire vaciller les marchés.
Pour la première fois depuis le début de la guerre, le WTI, référence pétrolière américaine, a clôturé au-dessus des 100 dollars le baril lundi.
- "Pas au pied de la lettre" -
Le G7 Finances-Energie, réuni par la France lundi en visioconférence, s'est dit prêt "à prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la stabilité du marché de l'énergie.
Les bourses européennes ont tenu bon (Londres +1,43% et Paris +0,92%), les investisseurs semblant privilégier les "énormes progrès" dans les "discussions sérieuses avec un régime nouveau et plus raisonnable" en Iran aussi évoquées par Donald Trump dans son message. Mais Wall Street n'a pas suivi.
"Wall Street sait désormais qu'il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre", a résumé auprès de l'AFP Sam Stovall, analyste chez CFRA.
Face aux bombardements qui se sont poursuivis ce week-end et lundi en Iran, dans le Golfe et au Liban, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé Donald Trump à "stopper la guerre", soulignant les "conséquences graves" d'une poursuite du conflit.
Téhéran a attaqué tôt mardi un pétrolier du Koweït à Dubaï, déclenchant un incendie sans causer de blessé, a rapporté l'agence koweïtienne.
Quatre personnes ont été blessées à Dubaï par la chute de débris provoquée par la défense anti-aérienne.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a exhorté l'Arabie saoudite à "expulser les forces américaines" de son territoire, réaffirmant que ses attaques dans la région ne visaient que ses "agresseurs ennemis".
- "S'effondrer de l'intérieur" -
Après une accalmie la semaine dernière, les frappes semblent s'être intensifiées depuis ce week-end sur la capitale iranienne, provoquant notamment des coupures temporaires d'électricité, selon des journalistes de l'AFP sur place.
L'armée israélienne a notamment annoncé avoir bombardé une université dirigée par les Gardiens de la Révolution, affirmant que "des activités de recherche et développement sur des armes de pointe" y étaient menées.
"A terme, ce régime va s'effondrer de l'intérieur", a considéré Benjamin Netanyahu, à propos du pouvoir iranien lundi, en répétant que ce n'était pas l'objectif de la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis.
Israël a poursuivi lundi ses frappes contre le Liban.
Trois membres du Hezbollah ont été tués près de la banlieue sud de Beyrouth. Un barrage de l'armée dans le sud du pays a également été ciblé, tuant un soldat libanais.
De nouveaux avis d'évacuation ont été émis en début de soirée aux habitants de plusieurs localités du sud et de l'est du Liban.
L'ONG Acled, qui compile les données sur les conflits, a fait état lors du premier mois de guerre de près de 2.300 bombardements américains et israéliens, et de 1.160 frappes iraniennes en représailles.
L'organisation HRANA (Human Rights Activists News Agency) a recensé près de 3.500 morts en Iran depuis le début du conflit.
"Les jours ordinaires me manquent. Une vie où je n'avais pas à penser constamment aux explosions et à la mort", raconte Shahrzad, 39 ans, femme au foyer de Téhéran, jointe par l'AFP depuis Paris.
burx-cg-es/eml