- Connaissance des Énergies avec AFP
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Plus de 170 personnes, en grande majorité des travailleurs du secteur pétrolier, sont en prison depuis 2024, accusées de contrebande, de sabotage et de corruption, ont rappelé leurs proches mercredi en demandant leur libération dans le cadre de l'amnistie pour les prisonniers politiques qui sera débattue jeudi à l'Assemblée nationale.
Ces 173 personnes - des employés du secteur mais aussi des policiers et des personnes sans aucun lien avec le pétrole - ont été arrêtées dans le cadre de l'affaire connue sous le nom de "PDVSA Obrera" (du nom de la compagnie publique pétrolière PDVSA et "obrera" pour "ouvrière").
"PDVSA Obrera" est une affaire complexe, sur laquelle les autorités ne s'expriment pas, et qui comprend notamment de la contrebande d'essence dans l'Etat d'Anzoategui (est).
L'industrie pétrolière, principale source de revenus du pays, en mauvais état après des années de corruption, de désinvestissement et de mauvaise gestion, est un secteur très sensible pour les autorités, qui considèrent par exemple l'ensemble des installations de PDVSA comme des "zones de sécurité" avec des règles sévères.
"Ce ne sont pas des terroristes, ce sont des professionnels!", ont scandé les proches lors d'un rassemblement à Caracas.
Les accusés ont été traduits devant des tribunaux compétents en matière de terrorisme et accusés, entre autres, de contrebande et de trafic de matériaux stratégiques, selon un document rédigé par les propres familles et envoyé au président de l'Assemblée nationale.
Celle-ci doit reprendre jeudi la discussion d'une loi d'amnistie générale promise par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a succédé à Nicolas Maduro après sa capture par l'armée américaine le 3 janvier.
"Cette affaire est nulle dès le départ, car toutes les garanties et tous les droits constitutionnels ont été violés. Nous sommes face à une affaire politique en raison du caractère disproportionné de l'application de la loi", estime Zimaru Fuentes, avocate et parente de l'un des détenus.
Il est reproché à un groupe d'accusés d'avoir "contaminé" de l'essence dans la raffinerie d'El Palito (Carabobo, centre-nord) et à un autre d'avoir endommagé une vanne servant à charger du carburant dans un pétrolier.
Les familles ont en outre dénoncé des actes de torture et des sévices dans les prisons. "Ils ont été maltraités physiquement, psychologiquement, soumis à des tortures", assure à l'AFP Katherine Pino, 24 ans, soeur d'un ouvrier incarcéré. "Mon frère a été torturé avec un tube au niveau du coccyx".
L'ONG Foro Penal recense plus de 600 personnes détenues pour des raisons politiques dans le pays, dont une partie arrêtée dans le cadre de "PDVSA Obrero".