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La France, un pays de transit du gaz naturel

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Transit du gaz en France

Près de 80% des entrées de gaz naturel en France s'effectuent par gazoducs, le reste étant acheminé par la mer sous forme de GNL. (©EDF-Bruno Conty)

Il est naturellement largement question dans l’actualité du rôle crucial joué par l’Ukraine dans l’approvisionnement gazier européen. Les événements récents amènent les pouvoirs publics et fournisseurs de gaz en Europe de l’ouest à s’interroger de nouveau sur la sécurité de leurs importations. En France, la quasi-totalité de la consommation de gaz naturel est satisfaite par ces importations et par les stocks. Rappels de quelques grandes données grâce à une enquête publiée lundi dernier par le ministère en charge de l’énergie(1)-.

5 principaux points d’entrée du gaz

La France constitue un lieu de transit pour le gaz naturel entre le Nord et le Sud de l’Europe. Sur les cinq principaux points d’entrée du gaz naturel en France, quatre sont situés dans la partie nord du pays :

  • les trois entrées par gazoducs à Taisnières et à Dunkerque dans le Pas-de-Calais et à Obergailbach en Lorraine ;
  • le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne dans les Pays de la Loire (arrivée de gaz sous forme de GNL).

Le dernier point central d’entrée du gaz en France est Fos-sur-Mer (Provence-Alpes-Côtes d’Azur) où sont situés deux terminaux méthaniers. Un autre terminal méthanier est par ailleurs en construction à Dunkerque.

Contrairement à une idée reçue assez répandue, les importations françaises de gaz proviennent en majorité de Norvège et de Pays-Bas plutôt que de Russie (14% des importations). Le gaz russe arrive en France par un seul point d’entrée (Obergailbach) après avoir transité à travers l’Allemagne. La Russie a certes été un fournisseur de gaz  important pour la France dans le passé, allant jusqu’à lui délivrer jusqu’à 37% de ses entrées en 1995 mais cette prépondérance est aujourd’hui révolue. Ce constat tend à relativiser pour la France les risques liés à une rupture de l’approvisionnement gazier russe. Ce risque est bien plus important dans le cas d’autres pays européens comme l’Allemagne.

2 opérateurs pour le transport intérieur

Sur le territoire français, deux opérateurs transportent le gaz naturel sur les « grands axes » (comparables aux autoroutes du réseau routier) :

  • TIGF, filiale de Total, exerce ce rôle dans le Sud-Ouest sur un réseau de 4 900 km ;
  • GRTgaz, filiale de GDF Suez, exploite le réseau de transport sur le reste du territoire (32 600 km de gazoducs).

Des gestionnaires du réseau de distribution (GRD) acheminent ensuite le gaz jusqu’aux consommateurs finaux. GrDF, autre filiale de GDF Suez, est en charge de la grande majorité de cette distribution avec un réseau de 194 600 km desservant près de 9 500 communes.

2 sources de disponibilité de gaz : les importations et les stocks

En 2012, seule 1,2% de la consommation française de gaz naturel était satisfaite par la production nationale en 2012. Depuis lors, l’exploitation du gisement historique de Lacq (Pyrénées Atlantiques) a été arrêtée en octobre 2013. La production intérieure de gaz ne repose ainsi plus que sur la récupération de gaz de mine dans le Nord-Pas-de-Calais. Abstraction faite de l’exploitation hypothétique des gaz de schiste et de houille, c’est donc sur les importations de gaz que la France se repose.

Ces importations servent à satisfaire en direct la consommation française mais aussi à remplir les capacités de stockage dans des cavités souterraines (période de « remplissage » généralement de mai à septembre). Ces capacités de stockage sont vidées en période de forte demande (période de « soutirage ») et peuvent lors de période de grand froid couvrir jusqu’à près de 45% de la demande, comme en février 2012.

3 principaux points de sortie

Une fois entré en France, le gaz naturel n’est pas uniquement consommé sur place ou stocké. Une partie ressort du territoire par trois autres principaux points. L’un d’entre eux est situé à la frontière franco-suisse à Oltingue (Alsace) et deux autres à la frontière avec l’Espagne, Biriatou et Larrou (Aquitaine).

Ces sorties constituent au total 69,3 TWh, soit 12,7% des entrées initiales de gaz naturel en France. En 2012, les sorties vers l’Espagne ont augmenté de moitié tandis que celles vers la Suisse ont diminué d’un tiers.

Carte du transit du gaz naturel en France

Carte des entrées et des sorties de gaz naturel en France (©Connaissance des Energies)