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L’autoconsommation photovoltaïque, un intérêt croissant et des « points d’attention »

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Autoconsommation

Près de 63% des foyers français se disent intéressés à produire et auto-consommer leur propre électricité même si elle est plus coûteuse selon un sondage de l’Ademe de 2016. (©Pixabay)

En France, l’Ademe souhaite encourager le développement de l’autoconsommation d’origine photovoltaïque qui présente de « réels bénéfices » pour les consommateurs et la collectivité selon son avis publié le 1er février(1). Elle signale toutefois également des « points d’attention », notamment sur les projets résidentiels en métropole.

Soutien public et « consom’acteur »

En 2017, le coût de revient des petites installations photovoltaïques résidentielles (0-3 kW) dans le sud de la France pouvait « atteindre 155 €/MWh » selon l’Ademe, soit un montant proche des prix de fourniture de l'électricité du réseau. Avec la division par 3 des coûts de production photovoltaïque sur toiture depuis 2010, l’intérêt pour l’autoconsommation augmente rapidement. A l'heure actuelle, le parc photovoltaïque français, dont la puissance avoisinait 7,7 GW à fin septembre 2017 et qui comptait pour 1,6% de la production électrique en 2016, est toutefois encore composé en très grande majorité d’installations « en vente totale » au réseau.

Le gestionnaire de réseau Enedis fait état de 8 000 demandes de raccordement d’installations photovoltaïques en autoconsommation en 2016 et de 6 000 autres demandes pour le seul 1er semestre 2017. Ces deux dernières années, le cadre réglementaire et des aides financières ont favorisé ce développement, avec notamment la définition de la notion d’autoconsommation individuelle et collective, une exonération du paiement de taxes comme la CSPE sur les kWh autoconsommés(2), des primes à l’investissement pour les installations de moins de 100 kW crête et des tarifs d’achat.

Ce soutien public permet d’assurer aujourd’hui la rentabilité d’installations en autoconsommation en réduisant notamment l’investissement initial. Cette politique doit permettre de favoriser le développement de la production renouvelable, tout en limitant notamment les conflits d’usage avec des projets d’autoconsommation en toiture. Côté auto-consommateur, la réduction de la part variable de la facture d’électricité (sur les kWh consommés) peut atteindre jusqu’à 70% pour un immeuble de bureaux mettant en œuvre dans le même temps des actions de maîtrise de l’énergie selon l’Ademe.

L’autoconsommation doit par ailleurs permettre de sensibiliser le consommateur devenu producteur à une meilleure gestion de ses besoins. Devenu « consom’acteur », il est alors incité à augmenter ses taux d’autoconsommation (part de la production de l’installation consommée sur place) et d’autoproduction (part de la consommation électrique d’un site couvert pour la production de l’installation).

Les conditions d’une autoconsommation « pertinente »

Avant tout projet d’autoconsommation, l’Ademe appelle à effectuer des études de faisabilité systématiques, intégrant entre autres les profils de production et de consommation du site concerné ainsi que des actions de maîtrise de l’énergie. L’autoconsommation présente naturellement un intérêt particulier dans les zones non interconnectées (ZNI) d’outre-mer, lorsque « les courbes de consommation (notamment en climatisation) coïncident avec celle d’une forte production photovoltaïque diurne ».

En métropole, l’autoconsommation est « d’abord pertinente pour les grandes toitures tertiaires, industrielles et agricoles » où les périodes de plus forte consommation correspondent là aussi avec ceux de la production solaire, par exemple dans des bureaux ou dans un supermarché (dont le taux d’autoconsommation peut atteindre 95% selon l’Ademe).

Le bénéfice est moins évident dans les logements (où le taux d’autoconsommation peut atteindre 20% à 50% selon l’Ademe), les pics de consommation des ménages intervenant généralement le matin et le soir.  L’Ademe recommande alors de mettre en place des dispositifs de pilotage de la demande électrique (box, asservissement des chauffe-eau à accumulation, etc.). D’ici à 2025, l’Ademe estime que les importantes baisses de coûts des dispositifs de stockage permettront d’associer des batteries aux installations en autoconsommation pour en augmenter la rentabilité.

Les bénéfices associés à l’autoconsommation dépendent enfin en grande partie du « juste dimensionnement de l’installation » photovoltaïque, met en garde l’Ademe, deux écueils étant à éviter : un sous-dimensionnement limitant un impact significatif sur la facture d’électricité et, a contrario, un surdimensionnement réduisant la rentabilité globale de l’installation et obligeant d’augmenter les injections sur le réseau.