Les États-Unis, premier fournisseur d'énergies fossiles de l'UE pour la première fois

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Centrale solaire de Montalto di Castro en Italie

Centrale solaire de Montalto di Castro en Italie. (©Iberdrola)

En 2025, « les investissements dans les énergies propres dans l'UE ont pris du retard sur les importations de combustibles fossiles », déplore le CREA (Centre for Research on Energy and Climate Air) dans un nouveau rapport publié ce 29 janvier.

880 euros par citoyen de l'UE

En 2025, l'Union européenne a consacré 396 milliards d'euros à ses importations d'énergies fossiles tandis qu'elle a investi près de 330 milliards d'euros dans les énergies propres, selon les estimations du CREA. La facture des importations d'énergies fossiles avoisinerait ainsi près de 880 euros par citoyen de l'UE. 

Sur ce total, 150 euros par personne auraient été consacrés à des importations provenant des États-Unis, pays qui devient le principal fournisseur d'énergies fossiles de l'UE pour la première fois, souligne le CREA. En 2025, les États-Unis ont fourni 19% des importations d'énergies fossiles de l'Union européenne : les importations européennes provenant de ce pays ont augmenté de 7%, portées par la hausse des livraisons de GNL.

Une évolution qui pose question, en particulier dans le contexte de tensions actuelles avec l'administration Trump, puisqu'elle pourrait remettre « en question l'engagement du bloc en matière de sécurité énergétique, alors qu'il se détourne des importations de combustibles fossiles russes vers les États-Unis ». Ce 28 janvier, le commissaire à l'Énergie Dan Jorgensen reconnaissait d'ailleurs « une inquiétude grandissante liée au risque de remplacer une dépendance par une autre », soulignant que « les bouleversements géopolitiques consécutifs à la crise au Groenland ont [...] servi de signal d'alarme ».

En 2025, l'UE a par ailleurs encore dépensé 17,1 milliards d'euros pour importer des combustibles fossiles de Russie (contre 24,8 milliards d'euros en 2024), dont 12,3 milliards d'euros pour du gaz (7,4 milliards d'euros sous forme de GNL et 4,9 milliards par gazoduc) et 4,8 milliards pour du pétrole.Pour rappel, l'UE s'est engagée à supprimer ses importations de gaz naturel russe d'ici novembre 2027 au plus tard.

Une transition trop lente

En 2025, la production d'électricité d'origine éolienne et solaire a pour la première fois dépassé celle à partir de combustibles fossiles dans l'UE, se félicitait Ember dans son dernier rapport sur le mix électrique européen. Le CREA appelle toutefois à la vigilance, y compris au sujet de la filière solaire, dont « la croissance de la production a dépassé les objectifs » mais qui « risque de ralentir si des obstacles ne sont pas levés » (notamment sur l'attribution de permis).

Le CREA souligne par ailleurs que les investissements dans l'énergie éolienne sont très en deçà du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs de l'UE à l'horizon 2030. Les capacités installées du parc éolien de l'UE ont augmenté de 16,5 GW, contre 25 GW nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques et de sécurité énergétique selon le think-tank. Malgré cette hausse de la puissance installée, la filière a en outre généré moins d'électricité dans l'UE en 2025 qu'en 2024, d'après les données d'Ember (16,9% du mix électrique en 2025).

Mix électrique de l'UE en 2025

L'an dernier, les émissions de CO2 de l’UE ont diminué d’environ 0,8 %, un rythme également « insuffisant pour atteindre les objectifs d’émissions fixés pour 2030, et ce pour la deuxième année consécutive ». De fortes variations sont constatées d'un pays à un autre, comme l'attestent la forte baisse en Finlande (-6 %), et dans une moindre mesure en Hongrie, aux Pays-Bas ou en Suède (-2 %), tandis que les émissions ont augmenté en Bulgarie (+6 %), en Espagne (+3 %), au Portugal (+2 %), en République tchèque (+2 %) ou encore en Belgique (+1 %).

Consulter le rapport EU fossil fuel imports and CO2 emissions in 2025 (CREA, janvier 2026)