22
pays producteurs
réunis au sein de l'OPEP+
12
membres de l'OPEP
les 10 autres sont des producteurs associés
2016
création de l'alliance
l'OPEP+ est née fin 2016
Quels pays font partie de l'OPEP+ ?
L'OPEP+ rassemble 22 pays producteurs de pétrole : les 12 membres de l'OPEP, emmenés par l'Arabie saoudite, et 10 producteurs associés, dont la Russie et le Kazakhstan. Ensemble, ils assurent près de la moitié de la production mondiale de pétrole et coordonnent leurs volumes depuis fin 2016.
Les 12 pays membres de l'OPEP
Les 12 pays membres de l'OPEP, classés par volume de production, sont les suivants :
| Pays | Production 2023 (Mb/j) | Part mondiale |
|---|---|---|
| Arabie saoudite | 11,4 | 11,8 % |
| Iran | 4,7 | 4,8 % |
| Irak | 4,4 | 4,5 % |
| Émirats arabes unis | 3,9 | 4,1 % |
| Koweït | 2,9 | 3,0 % |
| Nigéria | 1,5 | 1,6 % |
| Algérie | 1,4 | 1,5 % |
| Libye | 1,3 | 1,3 % |
| Venezuela | 0,9 | 0,9 % |
| Congo | 0,3 | 0,3 % |
| Gabon | 0,2 | 0,2 % |
| Guinée équatoriale | 0,09 | 0,1 % |
Production 2023 en millions de barils par jour (Mb/j) et part dans la production mondiale, d'après l'Energy Statistical Review of World Energy 2024(2).
Précisons que l'Angola (1,15 Mb/j en 2023, soit 1,2 % de la production mondiale) s'est retiré de l'OPEP début 2024, à la suite d'un désaccord sur son quota de production.
Les 10 producteurs associés (OPEP+ hors OPEP)
Les 10 autres pays réunis au sein de l'OPEP+ mais non membres de l'OPEP sont, toujours par ordre de production :
| Pays | Production 2023 (Mb/j) | Part mondiale |
|---|---|---|
| Russie | 11,1 | 11,5 % |
| Mexique | 2,0 | 2,1 % |
| Kazakhstan | 1,9 | 2,0 % |
| Oman | 1,05 | 1,1 % |
| Azerbaïdjan | 0,6 | 0,6 % |
| Malaisie | 0,6 | 0,6 % |
| Bahreïn | ≈ 0,2 | 0,2 % |
| Soudan du Sud | 0,1 | 0,2 % |
| Brunéi | 0,09 | 0,1 % |
| Soudan | 0,06 | 0,1 % |
Genèse : comment s'est formée l'OPEP+ ?
L'OPEP+ est une coalition informelle née fin 2016, réunissant les membres de l'OPEP et une dizaine d'autres producteurs menés par la Russie. Formalisée par la « Déclaration de coopération » du 10 décembre 2016, elle vise à stabiliser le marché pétrolier et a été reconduite à de multiples reprises, jusqu'à fin 2026.
La coalition a été formée fin 2016 par les membres de l'OPEP et 11 autres pays producteurs de pétrole (la Guinée équatoriale est depuis devenue membre de l'OPEP en mai 2017).
La Déclaration de coopération(3) signée le 10 décembre 2016 entre ces pays prévoyait « un effort concerté pour accélérer la stabilisation du marché pétrolier mondial ». Prévue à l'origine pour une période de 6 mois, cette coopération a depuis été renouvelée à de multiples reprises.
Lors de la 38e réunion ministérielle des pays de l'OPEP+ le 5 décembre 2024 (« ONOMM » en anglais), les parties prenantes ont convenu de prolonger la Déclaration de coopération jusqu'à fin 2026(4).
Quel est le rôle de l'OPEP+ ?
Le rôle de l'OPEP+ est d'ajuster collectivement la production de pétrole de ses membres pour peser sur les cours mondiaux. En fixant des quotas révisés lors de réunions ministérielles régulières, l'alliance cherche à limiter la volatilité des prix et à sécuriser les revenus des pays producteurs.
L'objectif principal des membres de cette coalition est d'ajuster collectivement et de façon concertée les niveaux de leurs productions de pétrole afin de peser sur les cours des marchés pétroliers mondiaux, réduire la volatilité du marché et assurer des revenus stables pour les pays producteurs.
Des révisions régulières des niveaux de production
Lors de leurs réunions très attendues, les membres de l'OPEP+ décident principalement de prolonger ou d'ajuster des quotas de production pour chaque pays membre. Ces décisions sont prises en fonction de diverses considérations, telles que le niveau de la demande mondiale de pétrole, l'état des stocks mondiaux, les conditions économiques mondiales ou encore les objectifs financiers des pays membres. En ajustant ces quotas, l'OPEP+ cherche à contribuer à équilibrer l'offre et la demande sur le marché pétrolier, afin de maintenir des prix du pétrole à des niveaux jugés acceptables en fonction de leurs objectifs.
Les membres de l'OPEP+ ont un intérêt à vendre le baril au prix le plus élevé (en réduisant l'offre), mais les pays importateurs, souvent occidentaux, influent autant que possible pour faire baisser ces prix. En outre, la production de pétrole des États-Unis (1er producteur mondial) est un levier important.
Le JMMC (Joint Ministerial Monitoring Committee) suit la conformité des niveaux de production par rapport aux engagements des producteurs de l'OPEP+. Cet organe n'a pas de pouvoir décisionnaire quant à une augmentation ou une réduction des quotas de production, mais fait des recommandations servant de base aux mesures prises lors des réunions ministérielles de l'organisation. Il peut également convoquer une réunion plénière s'il l'estime nécessaire.
Des engagements différents selon les pays
Ces efforts de plafonnement de la production varient dans le temps selon les producteurs(5), au point de creuser parfois un écart important entre quotas et production réelle. L'Iran, la Libye et le Venezuela ont par exemple été autorisés à être exemptés de quotas en raison des difficultés rencontrées : lors de leur réunion d'avril 2021, les 20 autres pays au sein de l'OPEP+ s'étaient par exemple engagés à limiter leur production cumulée de pétrole brut à 37,3 Mb/j en mai 2021, soit près de 15 % de moins que leur « production de référence » (niveau d'octobre 2018, sauf pour l'Arabie saoudite et la Russie, pays pour lesquels la production « de référence » est fixée à 11 Mb/j).
Lors des périodes de baisse de prix, comme lors de la « période de grand stress » de 16 mois entre janvier 2015 et août 2016 (le prix du baril ayant chuté sous la barre des 30 $/b début 2016), hormis le Venezuela très dépendant, les principaux producteurs de l'OPEP+ ont réussi à traverser cette période critique pour leurs finances.
Quel poids l'OPEP+ a-t-elle sur les prix du pétrole ?
Chaque décision de l'OPEP+ est scrutée par les marchés : les cours du Brent et du WTI réagissent immédiatement à ses annonces de quotas. Mais l'alliance ne contrôle pas seule les prix, qui dépendent aussi de la demande mondiale, des tensions géopolitiques et de la production hors OPEP+, notamment américaine.
Chaque annonce de l'OPEP+ est suivie sur tous les marchés internationaux et dans toutes les chancelleries. Les deux contrats de référence du brut, cotés à New York et Londres (le WTI américain et le Brent de mer du Nord), sont très sensibles aux décisions de l'alliance. Des tractations avant et à l'occasion des annonces ont toujours lieu.
Outre l'offre des pays de l'OPEP+, les cours du pétrole dépendent toutefois d'autres critères :
- les tensions géopolitiques ;
- le niveau de la croissance ;
- les taux de change.
Des intérêts pas toujours convergents entre membres
Les membres de l'OPEP+ ne partagent pas toujours les mêmes intérêts : selon les périodes, certains privilégient des prix élevés à court terme quand d'autres cherchent à défendre leurs parts de marché. L'Arabie saoudite et la Russie, principaux producteurs, arbitrent l'essentiel de ces tensions internes.
Tous les pays membres n'ont naturellement pas toujours les mêmes intérêts politiques, ni le même poids. Riyad et Moscou sont les piliers du groupe (en tant que principaux producteurs de cette alliance).
Lors de la pandémie de Covid-19, deux lignes se sont par exemple confrontées au sein de l'alliance : l'approche de l'Arabie saoudite, qui passait par le maintien en l'état des coupes de production (pour soutenir les prix à court terme), et la tentation de la Russie de réinjecter jusqu'à 500 000 barils quotidiens sur le marché (pour asphyxier des producteurs aux coûts de revient plus élevés, comme les États-Unis, et gagner ainsi des parts de marché à moyen terme). La première stratégie a finalement été globalement suivie, en raison d'incertitudes autour de la reprise de la demande.
L'Angola, qui s'était vu attribuer fin 2023 un objectif de production inférieur à celui décidé quelques mois précédemment, avait par ailleurs rejeté ce nouveau quota (via une note de protestation auprès du secrétariat général de l'OPEP) et s'est retirée de l'OPEP.
À la suite de l'invasion de l'Ukraine, la Russie a rejoint le rang des pays indésirables faisant l'objet de nombreuses sanctions occidentales, aux côtés de l'Iran et du Venezuela.
Un exemple récent : la remise de barils sur le marché en 2025
Depuis avril 2025, huit membres de l'OPEP+ (dont l'Arabie saoudite et la Russie) ont entamé la remise progressive sur le marché de 2,2 millions de barils par jour retirés lors des coupes précédentes. Cette décision illustre la manière dont l'alliance pilote son offre au fil de ses réunions.
Le 3 mars 2025, 8 pays de l'OPEP+ s'étant précédemment engagés à des ajustements supplémentaires de leurs productions (Arabie saoudite, Russie, Irak, Émirats arabes unis, Koweït, Kazakhstan, Algérie et Oman) ont confirmé leur souhait de remettre sur le marché 2,2 millions de barils par jour (Mb/j) supplémentaires à partir du 1er avril 2025 et jusqu'en septembre 2026.
Concrètement, ces pays envisageaient d'accroître leur production cumulée d'environ 120 000 barils quotidiens supplémentaires chaque mois pendant 18 mois. « C'est une nouvelle importante et une surprise intéressante », alors que les cours de l'or noir étaient déjà jugés faibles par les producteurs, a estimé auprès de l'AFP Robert Yawger, de Mizuho USA(6).
Questions fréquentes sur l'OPEP+
Pour aller plus loin
Sources / Notes
- Part de l'OPEP+ dans la production mondiale de pétrole : 48,4 % en 2024, d'après l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
- Productions nationales 2023 et parts dans la production mondiale : Energy Statistical Review of World Energy 2024.
- « Déclaration de coopération » (Declaration of Cooperation) signée le 10 décembre 2016 entre les membres de l'OPEP et les producteurs associés.
- Saudi Arabia, Russia, Iraq, United Arab Emirates, Kuwait, Kazakhstan, Algeria, and Oman held a virtual meeting on the sidelines of the 38th OPEC and non-OPEC Ministerial Meeting (ONOMM), OPEP, 5 décembre 2024.
- Notons que les pays de l'OPEP+ ont des capacités variables d'ajuster leurs productions : crises politiques à rallonge, manque d'investissements et d'entretien pendant la pandémie ont par exemple handicapé les infrastructures pétrolières de certains producteurs comme l'Angola ou le Nigéria.
- Saudi Arabia, Russia, Iraq, the United Arab Emirates, Kuwait, Kazakhstan, Algeria, and Oman reaffirm commitment to market stability on healthier oil market outlook, OPEP, 3 mars 2025.