À un mois de la COP28, l'Irena appelle à accélérer massivement le développement des filières renouvelables

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Parc solaire photovoltaïque de Southern Oak aux États-Unis. (©Invenergy)

Parc solaire photovoltaïque de Southern Oak aux États-Unis. (©Invenergy)

À quelques semaines de la COP28 (30 novembre - 12 décembre 2023), l'Irena appelle, dans un nouveau rapport (accessible en bas de cet article), à tripler les capacités électriques renouvelables installées dans le monde d'ici à 2030.

46% d'électricité générée par les filières renouvelables à production variable en 2030 ?

Selon le World Energy Transitions Outlook 2023 de l'Irena (Agence internationale pour les énergies renouvelables), les émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie devraient être réduites à près de 23 Gt à l'horizon 2030 (contre 36,8 Gt CO2 en 2022) pour espérer limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C. Mission impossible alors que DNV envisage, dans son scénario tendanciel, une chute de seulement 4% de ces émissions d'ici à 2030 (avec un pic atteint en 2024) ?

L'Irena poursuit toutefois d'esquisser une trajectoire compatible avec un scénario « + 1,5°C », reposant en grande partie sur des progrès majeurs en matière d'efficacité énergétique et une électrification très rapide reposant sur les filières renouvelables et l'hydrogène « propre ».

Concrètement, le scénario « 1,5°C » de l'Irena prévoit un triplement des capacités renouvelables installées dans le monde entre 2022 (3 382 GW) et 2030 (11 174 GW). Précisons que cette trajectoire de développement est similaire à celle du scénario « Net Zero by 2050 » de l'AIE (Agence internationale de l'énergie).

Comme dans de nombreux autres rapports de prospective sur le sujet, le solaire photovoltaïque (plus de 5 400 GW en 2030, contre 1 055 GW en 2022) et l'éolien (3 040 GW terrestres et 500 GW offshore en 2030, contre 899 GW toutes installations confondues en 2022) sont les filières sur lesquelles s'appuie l'électrification bas carbone que l'Irena appelle de ses vœux. Au total, la part des filières renouvelables à production variable dans le mix électrique mondial devrait passer de près de 10% en 2021 à 46% en 2030, précise l'Irena.

Investir plus rapidement dans les pays en développement

Les énergies renouvelables, toutes filières confondues, compteraient pour 68% de la production mondiale d'électricité dans le monde en 2030 dans le scénario « 1,5°C » de l'Irena, contre environ 30% en 2022 (voir ci-après). Pour rappel, les énergies fossiles ont généré 59,9% de l'électricité dans le monde au 1er semestre 2023 (contre 60,1% au 1er semestre 2022). Le charbon était en particulier encore de très loin la principale source d'électricité dans le monde, comptant pour 35,8% du mix mondial (devant le gaz naturel, 22%).

Mix électrique mondial au 1er semestre 2023

L'Irena précise que « les capacités d'énergies renouvelables doivent être accrues plus rapidement dans les pays en développement, compte tenu de la demande croissante d'électricité et du rôle important des renouvelables pour remédier au déficit significatif d'accès à l'énergie dans ces pays ».

Pour permettre ce développement massif des filières renouvelables productrices d'électricité, l'Irena estime que les investissements annuels moyens y étant consacrés doivent être portés à 1 300 milliards de dollars en 2030 contre 486 milliards en 2022, avec une réorientation importante des capitaux vers les pays du Sud(1).

Sources / Notes
  1. Sur la période 2000-2020, l'Afrique n'a par exemple perçu que 60 milliards de dollars sur les 2 841 milliards de dollars d'investissements cumulés dédiés aux énergies renouvelables dans le monde (soit un peu plus de 2%).

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