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Un projet solaire pour extraire plus de pétrole en Californie

Vue 3D des futures centrales solaires à proximité du champ pétrolier de Belridge. (©GlassPoint)

En Californie, deux grandes centrales solaires pourraient voir le jour pour améliorer la récupération de pétrole au sein du gisement de Belridge. Explications.

Une récupération assistée reposant jusqu’ici sur du gaz

Situé au cœur de la Californie, à près de 70 km au nord-ouest de la ville de Bakersfield, Belridge est l’un des principaux gisements pétroliers terrestres des États-Unis. Exploité depuis plus d’un siècle, il permet encore d’extraire aujourd’hui plus de 75 000 barils par jour.

Lors de l’extraction du pétrole « lourd » de ce gisement, de l’eau mélangée aux hydrocarbures remonte en surface. Cette eau est séparée desdits hydrocarbures, chauffée et réinjectée sous forme de vapeur pour fluidifier le pétrole et faciliter son extraction. Initiée dans les années 1960, cette technique de récupération assistée permet de prolonger l’exploitation de ce gisement dit « mature ».

Pour produire la vapeur d’eau, d’importantes quantités de gaz naturel sont actuellement brûlées (de l’ordre de 140 millions de m3 par an sur l’ensemble du site). L’exploitant du gisement Aera Energy(1) et la société GlassPoint ont annoncé le 29 novembre leur intention de construire deux centrales solaires qui se substitueront au gaz consommé sur le site(2).

Deux centrales solaires produisant de la vapeur et de l’électricité

Le projet solaire imaginé par GlassPoint comprend une centrale thermique à concentration de 850 MW thermiques produisant de la vapeur(3) et une centrale photovoltaïque de 26,5 MWc produisant de l’électricité (pour les différentes opérations du site). Elle occupera un espace d’un peu plus de 3 km2, au plus près du gisement de Belridge.

La vapeur sera produite grâce à des miroirs incurvés qui concentreront le rayonnement solaire sur des tubes contenant l'eau à chauffer. Ces miroirs, qui suivront la course du Soleil, seront installés sous serre afin de les protéger du vent et de la poussière. Le circuit de distribution de vapeur actuel sera conservé.

Ce projet devrait permettre d’éviter l’émission de 376 000 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions annuelles de 80 000 voitures selon les porteurs du projet. Précisons que cette décision a entre autres été motivée par la prolongation jusqu’en 2030 du marché carbone de l’État de Californie(4) (mesure adoptée en juillet 2017). Les travaux de « Belridge Solar » pourraient commencer au 1er semestre 2019, en vue d’un lancement de la production de vapeur et d’électricité début 2020.

La société GlassPoint, dont l’activité est dédiée à concevoir des installations solaires pour l’industrie gazière et pétrolière, avait lancé un autre projet de plus petite taille en Californie dès 2011 et construit actuellement une autre centrale de grande envergure à Oman.

Centrale solaire Miraah
Dans le sultanat d’Oman, GlassPoint construit actuellement une centrale thermique à concentration de 1 021 MW thermiques . (©GlassPoint)