- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Le FMI a conseillé mercredi à l'Italie de mieux cibler ses aides à l'achat de carburant pour ne pas plomber ses comptes.
Avec la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement italien a réduit depuis le 23 mars les droits d'accise sur les carburants.
Le gouvernement de Giorgia Meloni a prolongé ces mesures pour la quatrième fois le 22 mai en réduisant la remise sur ces taxes à 5 centimes au litre pour l'essence et à 10 centimes pour le diesel.
"La récente réduction généralisée des accises sur le diesel et l'essence pour amortir l'impact du choc devrait être remplacée par des transferts monétaires ciblés vers les ménages les plus vulnérables", ont souligné les experts du Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport préliminaire publié mercredi et faisant suite à une visite de l'institution mi-mai.
"Les mesures visant à atténuer l'impact de la hausse des prix de l'énergie devraient être neutres sur le budget, temporaires, bien ciblées et ne pas affaiblir l'incitation à réduire la consommation d'énergie", poursuivent les experts dans ce rapport qui n'a pas encore été validé par les organes centraux du FMI.
Au cours des dernières années, l'Italie a réussi à stabiliser son économie mais reste fragile, décrivent les experts.
L'assainissement des comptes publics "a continué de progresser, mais la dette publique reste trop élevée", atteignant environ 137% du produit intérieur brut (PIB) fin 2025, et "la dynamique de la dette demeure vulnérable aux chocs de croissance, de taux d'intérêt et de confiance", poursuit le rapport.
Les experts recommandent des efforts budgétaires supplémentaires d'environ 1% du PIB sur la période 2026-2027, éventuellement étalés sur trois ans.
"Une dette plus faible contribuerait à son tour à générer un cercle vertueux de rendements plus bas, ce qui stimulerait l'investissement privé, soutiendrait la croissance et renforcerait la trajectoire descendante de la dette", selon les experts.
Le FMI prévoyait en avril que le PIB de l'Italie atteigne une croissance faible de 0,5% en 2026. Mais depuis ces dernières projections, "la hausse des prix mondiaux de l'énergie a contribué à affaiblir la confiance des consommateurs, augmentant la probabilité d'une croissance plus faible que prévu".
À moyen terme, "le vieillissement rapide de la population et la faiblesse persistante de la croissance de la productivité devraient continuer de limiter la croissance potentielle autour de 0,6%", note le FMI.