Carburants : l'approvisionnement de l'Île-de-France et de ses aéroports a redémarré

  • AFP
  • parue le

L'approvisionnement du bassin parisien en carburants, et notamment en kérosène, par la grande raffinerie TotalEnergies de Gonfreville-L'Orcher en Normandie a repris vendredi après une intervention des forces de l'ordre et des réquisitions, selon le gouvernement.

"Le pompage a redémarré" et "cela permet d'approvisionner l'Ile-de-France", a déclaré la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, interrogée par RMC sur le déblocage par la force de la raffinerie de Gonfreville-L'Orcher pour permettre aux salariés réquisitionnés de prendre leur service.

L'oléoduc Le Havre-Paris alimenté depuis la raffinerie dessert aussi les aéroports parisiens. "Ca se passe bien", a-t-elle assuré. "Ce sont des réquisitions ultra-ciblées, on parle de trois ou quatre salariés qui doivent prendre leur service", a ajouté la ministre. "Il y a du kérosène qui part mais c'est un contremaître et un technicien non habilités qui ont ouvert les vannes", a déclaré à l'AFP Alexis Antonioli, secrétaire général CGT de la raffinerie.

Le salarié réquisitionné pour l'opération a, lui, fait un malaise, selon la CGT.

Ces réquisitions "ont pour objectif le réapprovisionnement en produits pétroliers, notamment en carburant aviation pour les aéroports de Paris", a indiqué à l'AFP Olivier Gantois, président de l'Ufip, syndicat professionnel des entreprises pétrolières. "Il y a un dialogue sur chaque site qui a des personnels en grève, mais la difficulté pour nous, c'est que les revendications ne concernent pas notre secteur, nous n'avons pas de pouvoir de négociation", a-t-il déclaré par ailleurs sur France Info.

Selon Eric Sellini, coordinateur national CGT Chimie, "ce sont juste les expéditions qui vont reprendre, très partiellement et s'ils y arrivent, et sur un seul produit, le kérosène car les aéroports parisiens sont à sec".

À Gonfreville-L'Orcher, après des négociations entre les syndicats et les forces de l'ordre, 500 manifestants ont pu accéder au parking de la raffinerie qui était barré par la police. Il n'y a eu aucun heurt mais un feu de palettes rallumé, a constaté l'AFP sur place.

Le secteur de l'énergie -gaz, pétrole, électricité- reste particulièrement mobilisé depuis le 19 janvier contre la réforme des retraites du gouvernement. Pour M. Sellini, "maintenant, avec des dépôts en grève, et cinq raffineries sur six à l'arrêt, l'objectif est de tenir jusqu'au retrait" du texte.

Environ 15% de stations-services étaient en rupture d'au moins un carburant ce vendredi matin, selon des données publiques analysées par l'AFP. Dans les neuf départements les plus touchés, entre deux et cinq stations-services sur dix sont à sec. Il s'agit de la Loire-Atlantique, du Morbihan, de la Mayenne, du Maine-et-Loire, de l'Ile-et-Vilaine, de l'Ariège et des Bouches-du-Rhône, de l'Hérault et du Var, selon ces données.

Le gouvernement dispose de "trois à quatre mois" de stocks "pour faire face à tout type de crise" et dans lesquels le gouvernement puise depuis début mars, a rappelé Mme Agnès Pannier-Runacher. "Le sujet, ce n'est pas les stocks mais la logistique", a-t-elle dit.

Commentaires

Maelle Vannier

Très souvent, ces réquisitions, que le gouvernement et les médias à sa solde estiment légales, se trouvent battues dans les tribunaux. Le problème étant que ces jugements se font a posteriori.
Les salariés non réquisitionnés décident de maintenir la grève, ce qui va empêcher de réaliser la moitié du programme qui était prévu.
Le droit de grève est constitutionnel, si on veut conserver un minimum de démocratie dans ce pays, il serait bon que le gouvernement cesse ses acharnements illégaux.

Albatros

Mettre l'économie à genoux, cela ne risque pas de "sauver" les retraites, réfléchissez une demi-seconde, s'il vous plaît. Un Etat ruiné financièrement sera incapable d'assurer le paiement des retraites et votre action est la meilleure manière de les flinguer.
Relisez Jean Jaurès, s'il vous plaît, qui a écrit que les travailleurs devaient profiter des fruits du capital. En effet, fondateur de L’Humanité a soutenule projet de loi instaurant la capitalisation ouvrière. Selon lui, la capitalisation a l’avantage de rendre la classe ouvrière « à la fois capitaliste et salariée », lui permettant de recevoir « tout le produit social qui résulte de la mise en œuvre de ce capital par le travail ouvrier »

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