- Connaissance des Énergies avec AFP
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Des entreprises privées à Cuba ont commencé à importer du carburant, au moment où l'île, sous pression des États-Unis, souffre d'une crise énergétique aiguë, ont confirmé lundi à l'AFP plusieurs sources du secteur.
Washington, qui impose un blocus énergétique de facto à La Havane, a précisé la semaine dernière qu'il autorisait la vente de carburant à des entreprises privées de l'île, à la condition que les transactions ne profitent pas au pouvoir cubain.
Le propriétaire d'une entreprise privée cubaine a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, avoir pu réaliser une première importation d'environ 25.000 litres de gazole depuis les États-Unis.
Cet entrepreneur, spécialisé dans la vente en gros de produits alimentaires, a expliqué que ce carburant était arrivé dans un conteneur-citerne (ou "iso-tank") à la fin de la semaine dernière au port de Mariel, situé à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de La Havane, et qu'il avait déjà pu l'acheminer jusqu'à la capitale.
"Je peux déjà l'utiliser", a-t-il assuré, ajoutant qu'il avait déjà entamé de nouvelles démarches pour "garantir un prochain" envoi, alors que début février le gouvernement communiste, qui en détenait jusque-là le monopole, a autorisé l'importation de carburant par des acteurs privés.
Oniel Diaz, un consultant pour le secteur privé cubain, a indiqué à l'AFP que deux de ses clients avaient également importé du carburant.
"Nous avons deux clients qui ont déjà réalisé une importation d'iso-tanks avec du carburant", a-t-il déclaré, tout en insistant sur le fait que toutes les entreprises privées, dont le nombre atteint désormais près de 10.000 sur l'île, n'avaient pas les capacités logistiques ni financières pour importer du carburant.
La crise énergétique qui secouait Cuba ces dernières années s'est fortement aggravée depuis janvier et la fin des livraisons de pétrole vénézuélien vers l'île sous pression de Washington. après la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis.
Si Washington a quelque peu assoupli sa position sur ce type d'exportations de pétrole vers Cuba, y compris celui d'origine vénézuélienne, le secrétaire d'État Marco Rubio a insisté mercredi sur le fait que Cuba "devait changer radicalement".
"Si nous surprenons le secteur privé à jouer au chat et à la souris et à détourner ces marchandises vers le régime ou vers des entreprises (contrôlées par l'armée), si nous constatons qu'il les transporte d'une manière qui viole l'esprit et la portée de ces autorisations, ces licences seront annulées", a-t-il également averti.