France: l'État lance un appel d'offres photovoltaïque pour l'après-Fessenheim

  • AFP
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L'État va procéder à un appel d'offres de 300 mégawatts pour des installations photovoltaïques dans le Haut-Rhin où la centrale nucléaire de Fessenheim va fermer, a déclaré vendredi à Colmar le secrétaire d'Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu.

"Fermer Fessenheim sans en faire un démonstrateur de la transition énergétique n'aurait pas de sens", a affirmé M. Lecornu à la presse à l'issue d'une réunion du comité de pilotage créé en janvier pour la reconversion du site de la plus ancienne des centrales nucléaires françaises et de ses environs. "L'Etat consent à un effort inédit: un appel d'offres dédié et ciblé à l'échelle du département du Haut-Rhin sur les énergies renouvelables" et le photovoltaïque en particulier, a indiqué le secrétaire d'Etat.

Cet appel, dont la Caisse des dépôts (CDC) sera partenaire, portera sur un total de 300 mégawatts, dont 100 MW sur des bâtiments et 200 MW de panneaux photovoltaïques au sol. Le début de l'appel d'offres est prévu pour novembre 2018 et devrait se dérouler en plusieurs phases jusqu'en novembre 2019, avec une "possibilité ouverte au financement participatif", a détaillé Sébastien Lecornu.

EDF avait d'ores et déjà indiqué être intéressé par un tel appel d'offres. Dans le cadre de la reconversion du territoire alsacien après la fermeture de Fessenheim, des coopérations économiques franco-allemandes doivent être menées.

Une "étude de faisabilité" franco-allemande doit être réalisée d'ici à la fin de l'année sur la reconstruction d'une liaison ferroviaire entre Colmar et Fribourg en Allemagne, jamais rétablie depuis la destruction d'un pont sur le Rhin durant la Seconde guerre mondiale.

Lors d'une rencontre d'une heure des syndicats du site de Fessenheim avec Sébastien Lecornu, la CGT a présenté ses propositions de réutiliser certains bâtiments pour en faire "un site de recherche", "un centre d'ingénierie" ou "un grand centre de formation", a expliqué à la presse Jean-Luc Cardoso, délégué CGT.

"Il y a beaucoup d'initiatives prises. Maintenant, il s'agit d'aider à mettre tout cela en oeuvre", a expliqué David Coste, délégué interministériel à l'avenir du territoire de Fessenheim, nommé fin mars.

La fermeture de Fessenheim, centrale avec deux réacteurs à eau pressurisée de près de 900 mégawatts chacun, est pour l'heure prévue vers la fin de l'année 2018 ou du printemps 2019, mais est surtout liée à la mise en service de l'EPR de Flamanville (Manche), où des défauts de soudure ont été dévoilés mardi par EDF.

Un éventuel nouveau report de la mise en service de Flamanville ne changera rien au sort de la centrale de Fessenheim, mise en service en 1977. "La fermeture de cette centrale est actée. Son principe est désormais irréversible", a répété Sébastien Lecornu. Une nouvelle réunion du comité de pilotage de l'après-Fessenheim est prévue en septembre.

Commentaires

BARRE Lionel

Texte merveilleusement tendancieux comme tout ce qui touche aux énergies renouvelables.
Si vous ne faites pas attention on vous dit que la centrale nucléaire de Fessenheim ferme. MAIS on va construire des centrales photovoltaïques, et on vous laisse pensez qu'elles seront là tout naturellement pour remplacer la centrale nucléaire.
Donc tout va bien ! Restez dans votre rêve !
Pourtant on est loin, très loin du compte : 300 MW en pointe lorsque l'ensoleillement est maximum pendant 1/3 de 24H ne pourront jamais remplacer deux fois 900 MW qui peuvent produire 24h/24 lorsqu'on a besoin d'électricité. Le rapport est de l'ordre de 1 à 18, au moins !!!
La nuit vous vous éclairerez à la bougie.
Une fois de plus ce qui touche à la transition écolo-énergétique est un vaste bourrage de crâne.

studer

"Fermer Fessenheim sans en faire un démonstrateur de la transition énergétique n'aurait pas de sens", a affirmé M. Lecornu.
Il faudrait d'abord qu'il donne un sens à l'arrêt de Fessenheim !! Aucune justification recevable n'a été donnée, et celle de dangerosité vient d'être contredite par la seule autorité capable de se prononcer, à savoir l'ASN, qui vient de permettre au réacteur n°2 de redémarrer.
Les 300 MW d'énergie intermittente (solaire) ne sont qu'une goutte d'eau face aux 1800 MW permanents et ajustables des deux unités de la centrale nucléaire.
Cette décision uniquement fondée sur des motifs idéologiques et électoralistes, va coûter 4 milliards d'€ au contribuable (indemnisation décidée par le Conseil Constitutionnel) et pourrait provoquer un "blackout" par manque d'électricité lors des prochains hivers. Ceux-ci pouvant entraîner des victimes dans les hôpitaux, sur les routes sans signalisation, et même chez les particuliers qui ne vivent que branchés à un appareil médical.
Lecornu devra alors en rendre compte devant la justice du pays.

GegenKernEnergie

Bonjour, le nucléaire est l'énergie la plus dangereuse qui existe et désormais la plus chère, très très chère en intégrant le problème non résolu des déchets radioactifs durant des dizaines de milliers d'années.
Il est grand temps de passer aux énergies renouvelables et non dangereuses afin qu'enfin nos petits-enfants ne nous maudissent pas pour leur avoir légué cette cochonnerie qu'est l'énergie nucléaire militaire et civile, l'une découlant de l'autre.

student

Bonjour,
Soyez objectifs : dangereuse l'énergie nucléaire ? (civile j'entends, car contrairement à vos dires aujourd'hui les technologies civiles et militaires ne sont plus corrélées). Si c'est votre conviction : combien de morts en 50 ANS d'exploitation de cette énergie en France ??? Réponse : 0 !
Votre nom suggère que vous êtes allemand, et votre pays n'aime pas le nucléaire : c'est son droit !
Pourtant il exploite depuis des décennies des centrales nucléaires sans avoir jamais connu d'incident sérieux.
OK il a failli se prendre une bombe à la fin de la dernière guerre ce qui explique probablement cette peur, mais elle est très irrationnelle !
D'autre part comme vos énergies renouvelables ne fonctionnent que quand la météo le veut bien, vous avez installé des centrales au lignite (charbon sale) qui génèrent des dizaines de milliers de morts en raison des particules fines CHAQUE ANNEE, en plus de dérégler le climat.
Alors quelle énergie est dangereuse ???
Ne véhiculez plus des idéologies totalement absurdes, à moins que vous n'ayez assez de mauvaise foi pour contester les chiffres ci-dessus.

chevallier

Si je ne me trompe, en lisant votre texte, vous véhiculez l'idéologie pro-nucléaire. Si des mesures de radiations existent pour les agents qui interviennent c'est parce que c'est dangereux, même que ce serait mortel, non ? C'est aussi une des raisons qui ont poussé edf à externaliser les travaux dangereux à des entreprises extérieures qui font tourner les salariés de centrale en centrale... . Ces salariés sont ainsi fragilisés. C'est ça le problème: ne pas exposer ses salariés pour dire que ce n'est pas dangereux.
C'est purement scandaleux !
Et vous ferez partie de ceux qui disent que les éoliennes sont dangereuse pour les oiseaux, je suppose.
Le charbon pollue, certainement, la provenance du charbon suppose un transport extrêmement polluant. Donc il faut fermer les centrales à charbon polluante... c'est ce qui est prévu en Allemagne, en France aussi.
Monsieur, il va falloir changer le logiciel en allant jusqu'à la possibilité de services intermittents, choisis... ça existe déjà !

FLUCHERE JEAN

Quand une industrie présente un risque spécifique, il est normal que le personnel d'exploitation et de maintenance soit formé pour se prémunir contre ce risque.
Il existe des usines chimiques où la production de certains produits présente des risques et les personnels les connaissent et se protègent en conséquence.
La France compte à ce jour 1900 années de fonctionnement réacteur sans un seul blessé par la radioactivité. J'ajoute que le personnel des prestataires est également formé comme celui d'EDF et surveillé comme celui d'EDF par L'IRSN.
Pour éviter de dire n'importe quoi, je vous invite à prendre connaissance du rapport annuel sur la radioprotection publié par l'IRSN. Vous y verrez que les doses de rayonnements max (mais inférieures aux limites) sont prises par le personnel médical en tête et ensuite par le personnel navigant de l'aviation civile. Les centrales nucléaires arrivent en 3ème position.
J'ai moi-même été exploitant dans une grande centrale à charbon avant d'être exploitant pendant de nombreuses années dans des centrales nucléaires. En termes de nuisances, il n'y a pas photo!

FLUCHERE JEAN

Si vous êtes d'origine allemande, je vous comprends. Vous êtes hystériques sur le sujet du nucléaire et il est impossible d'avoir avec vous une conversation rationnelle.

François Cordelle

Si on veut installer 300 MW de panneaux photovoltaïques à Fessenheim, point n'est nécessaire de fermer la centrale nucléaire puisqu'il y a largement la place pour le faire, entre les deux centrales, hydraulique et nucléaire.
Le terme "remplacer" est tout à fait impropre car la centrale nucléaire (1800 MW) est capable de garantir 12,5 TWh par an alors que 300 MW solaire ne peut fournir que 0,45 TWh, soit 28 fois moins.
On ne voit d'ailleurs pas pourquoi on arrêterait Fessenheim, qui est en état de marche, et dont l'autorité de sûreté déclare dans son rapport pour 2017 qu'elle est la meilleure du parc du point de vue de la sûreté.

HOUDBINE

Est-il raisonnable de se priver, par anticipation et sans justification sécuritaire, d’un outil rénové et reconnu par l’ASN, organisme indépendant et vigilant, conforme aux critères de sûreté et, à ce titre, autorisé à prolonger son fonctionnement pendant 10 ans, soit jusqu’en 2023 et 2025 (sauf incident spécifique) ? Comment l’Etat, mobilisé sur la réduction de sa charge financière, peut-il sacrifier une installation utile et rentable, pour un coût estimé à 4 Mds d’€ selon un rapport parlementaire…? L’intégrité du parc nucléaire actuel est par ailleurs utile pour satisfaire les objectifs plus généraux du gouvernement, développement de l’emploi et réduction des déficits financiers, maîtrise de l’augmentation des tarifs et de la sécurité d’alimentation électrique...
Suivre le "modèle écologique" allemand, sans analyse objectivée de ses résultats, serait gravement coupable. Pour s’en persuader, voici quelques éléments d’appréciation des performances allemandes en 2017.

L’Allemagne, dotée d’une puissance électrique installée de 202 GW, a produit 550 TWh, en 2017, dont :
- 142 TWh d’origine photovoltaïque et éolienne (moins de 26 % de sa production électrique totale et guère plus que la moitié de la production des centrales à combustibles fossiles, charbon et lignite (264,3 TWh)) générés par une puissance de 98 GW (près de 50% de la puissance électrique allemande) ;
- 72 TWh, soit 13% de la production électrique totale et 50% de la production d’origine éolienne et solaire délivrés par 11 GW de puissance nucléaire (9% du total ; capacité pourtant promise à l’arrêt en 2022).

Ainsi, avec une puissance électrique supérieure de 60% à la nôtre (131 GW), l’Allemagne, surdimensionnée, produit à peine 4% d’énergie électrique de plus que la France (529.4 TWh).
Ses moyens éoliens et solaires, de puissance supérieure de 60% à celle de notre parc nucléaire (63 GW) ne produisent que 37% de notre production nucléaire (380 TWh). Ces EnR sont donc plus de 4 fois moins performantes en énergie.
En fait, 1 GW (1000 MW) de puissance photovoltaïque produit, bon mal an, 900 GWh en Allemagne, 1100 GWh en France  ; une centrale nucléaire ou conventionnelle de même puissance fournit, bon an mal an, une énergie moyenne de 6500 à 7500GWh, en France comme en Allemagne. Ce qui veut dire environ 0.3 TWh à attendre des 300 MW de Fessenheim.
Au risque de décevoir les croyances en une énergie naturelle, propre et gratuite, retenons que les énergies renouvelables intermittentes (ENRi), d’origine solaire et photovoltaïque, soumises aux caprices du vent et aux alternances d’ensoleillement, déversent sur les réseaux une énergie fatale, limitée et irrégulière. Elles sont incapables de satisfaire les besoins des consommateurs en qualité comme en quantité. Pour favoriser leur développement, elles ont été exonérées des obligations de service (réglage de la fréquence, de la puissance et de la tension) imposées aux producteurs traditionnels. Le poids croissant de ces moyens non modulables impose des contraintes de flexibilité et de manoeuvrabilité de plus en plus lourdes sur les installations historiques (nucléaire, hydraulique et fossiles), occasionnellement réduites à des fonctions supplétives. Ce qui conduit à l’augmentation du risque de pannes géantes en Europe.
Pour disposer des nouveaux moyens renouvelables, l’Allemagne a investi quelque 300 Mds d’Euros depuis une quinzaine d’années ; une somme que seule sa prospérité économique a pu autoriser.
Il en résulte en 2017 :
- des tarifs aux particuliers allemands supérieurs aux nôtres de plus de 80% ;
- une subvention annuelle au développement des ENRi, prélevée via les tarifs, qui atteint 25 Mds d’Euros en Allemagne ; près de 8 Mds en France, via la CSPE ;
- une fragilisation de la sécurité des réseaux électriques interconnectés, allemands et européens, liée aux aléas de production des ENRi ; ce qui induit une perte de valeur des actifs de production historiques ;
- un niveau d’émissions de CO2 de l’électricité allemande 5 à 10 fois supérieur au nôtre ; en France, l’électricité est décarbonée à plus de 95%, elle participe pour 6% aux émissions totales ;
- la stagnation depuis 4 ans des émissions de CO2 allemandes (quelque 930 Mt/an soit plus du double des émissions en France, 430 Mt/an), toutes énergies confondues.

Il apparaît par ailleurs que les 100000 (cent mille!) MW de puissance renouvelable allemande emploient moins de 20 000 personnes tandis que les 63000 MW français en emploie 220000! et produisent 3 fois plus d'énergie, de surcroît adaptée à la demande de consommation.
Je confirme en tous points les arguments des personnes soucieuses de préserver notre modèle électrique performant à tous points de vue.

En conclusion, doit-on, en France, continuer d’investir massivement dans des moyens aussi inadaptés aux besoins des réseaux d’électricité et si faiblement contributeurs à la baisse des émissions?

BARRE Lionel

Oui Monsieur HOUDBINE, hélas !
Oui nous allons continuer parce que les investisseurs dans les énergies renouvelables (pas le pauvre quidam qui installe 3KW crête sur son toit, mais les groupes financiers) y gagnent beaucoup d'argent en faisant payer la note au contribuable par les "additifs" sur sa facture d'électricité. Et c'est maintenant le monde de l'Argent qui gouverne.
Oui nous allons continuer parce que les bobos écolos digèrent allègrement les informations données par les diffuseurs qui s'obstinent à ne jamais regarder et montrer un problème dans son ensemble et n'utilisent que la petite partie d'arguments anormalement déformés qui les arrangent. D'ailleurs combien vous ont lu et compris jusqu'au bout ?
Pourquoi cela changerait-il ?

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