Guerre au Moyen-Orient: les conséquences économiques mondiales

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Voici les dernières évolutions économiques mondiales mercredi vers 5H09 GMT, au 34e jour du conflit au Moyen-Orient.

Les marchés virent au rouge

Les bourses asiatiques, qui ont profité dans la matinée et la veille d'un vent d'optimisme, ont replongé après avoir vu leurs espoirs d'une sortie rapide du conflit douchés par l'allocution de Donald Trump, promettant de "frapper extrêmement durement" l'Iran au cours des prochaines semaines.

L'indice vedette Nikkei à Tokyo lâchait 2,37% à 52.463,55 points vers 04H45 GMT, tandis qu'à Séoul le Kospi chutait de 4,1%. Les indices reculaient aussi à Sydney (-1,15%), Taipei (-1,56%) et Hong Kong (-1,09%).

Le Brent dépasse 107 dollars

Les cours du pétrole, qui s'étaient apaisés depuis que le président américain avait évoqué mardi un retrait des Etats-Unis de la guerre d'ici "deux à trois semaines", repartaient en nette hausse, le Brent repassant au-dessus de 107 dollars.

Vers 04H45 GMT le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, reprenait ainsi 6,51% à 107,75 dollars. Son équivalent américain, le WTI, remontait de 5,27% à 105,40 dollars.

Royaume-Uni: réunion internationale pour sécuriser le détroit d'Ormuz

"Le Royaume-Uni a maintenant rassemblé 35 nations autour de notre déclaration d'intention de faire front commun pour la sécurité maritime dans le Golfe", a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer, en annonçant la tenue de cette réunion "cette semaine".

Cette réunion doit rassembler virtuellement jeudi des représentants d'une trentaine de pays prêts à se mobiliser pour restaurer et garantir la sécurité du transport maritime dans le détroit d'Ormuz une fois les hostilités terminées. Le ministre australien de la Défense, Richard Marles, a indiqué jeudi que son pays y participerait.

Carburants: le gouvernement français prêt à des mesures d'économies d'énergie

Le gouvernement français sera prêt à prendre des mesures d'économies d'énergie en cas de difficultés d'approvisionnement en carburant, a indiqué sa porte-parole Maud Bregeon, sans autre précision.

Le SP95-E10 a atteint mercredi le seuil symbolique des 2 euros le litre, selon une moyenne calculée par l'AFP avec des données officielles. Quelque 10% des plus de 9.500 stations-service en France sont en rupture d'au moins un des principaux carburants, selon les données publiques analysées par l'AFP.

USA: la réserve stratégique de pétrole en repli

De l'or noir a été prélevé sur la réserve stratégique des Etats-Unis la semaine passée, pour la première fois depuis le début de la guerre, selon des chiffres publiés mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), tandis que les stocks commerciaux ont encore progressé.

Les stocks stratégiques sont très scrutés ces derniers temps en raison des perturbations d'approvisionnement liées au conflit. Selon l'EIA, la SPR ("strategic petroleum reserve") a perdu environ 300.000 barils durant la période de sept jours achevée le 27 mars.

La guerre menace la stabilité financière, avertit la Banque d'Angleterre

Le choc économique engendré par la guerre fait peser des risques sur la stabilité du système financier britannique, met en garde la Banque d'Angleterre (BoE).

Le conflit "constitue un choc d'offre négatif pour l'économie mondiale, et augmente la probabilité de pressions inflationnistes, de taux d'intérêts plus hauts et d'une croissance plus faible" dans le monde, indique la BoE dans un document publié mercredi.

La Banque mondiale s'inquiète

Le directeur général de la Banque mondiale (BM), Paschal Donohoe, s'est dit "très inquiet" des conséquences sur l'économie mondiale, alors qu'un certain nombre de pays étaient déjà en situation difficile avec l'enchaînement des crises mondiales.

"Nous sommes très inquiets des conséquences que cela va avoir sur l'inflation, les emplois et la sécurité alimentaire, c'est la raison pour laquelle nous nous préparons à pouvoir apporter de l'aide" aux pays qui en demanderaient, a-t-il déclaré à l'AFP.

Allemagne: la guerre casse la reprise économique attendue

Le choc énergétique provoqué par le conflit va "freiner" la reprise de l'économie allemande, dont l'élan va dépendre des investissements publics supplémentaires, ont averti les principaux instituts économiques allemands.

Selon eux, le Produit intérieur brut (PIB) allemand va croître de 0,6% en 2026 et de 0,9% en 2027, soit une baisse respectivement de 0,6 et 0,5 point de pourcentage par rapport à celles de l'automne.

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