- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Indonésie a annoncé mardi un blocage du prix des carburants malgré les pressions budgétaires croissantes liées à la guerre au Moyen-Orient et les difficultés d'approvisionnement.
Le gouvernement a indiqué dans un communiqué transmis à l'AFP qu'il n'y aurait aucune augmentation du prix des carburants, "qu'ils soient subventionnés ou non", à compter du 1er avril.
Les autorités exhortent les citoyens à ne pas céder à la panique face aux "fausses informations" circulant au sujet d'une hausse imminente des prix.
"Nous espérons que le public ne paniquera pas et ne ressentira aucune anxiété, car nous garantissons la disponibilité du carburant", a indiqué le porte-parole de la présidence, Prasetyo Hadi, cité dans le communiqué.
L'Indonésie, producteur de pétrole, est néanmoins un importateur net et subventionne massivement les carburants et le gaz naturel pour la consommation domestique.
Cette subvention s'élève à 12,3 milliards de dollars (10,7 millirads d'euros) et représente environ 5% du budget annuel de l'Etat pour 2026.
Le budget de l'Etat a été construit sur un baril de pétrole à 70 dollars. Or, le prix du baril a dépassé les 100 dollars, ce qui alourdit sensiblement l'effort que doit consentir l'Etat pour maintenir les prix à la pompe.
Selon les observateurs, le gouvernement pourrait finir par être contraint d'agir en relevant le prix des carburants ou en autorisant à aller au-delà du déficit public maximum fixé par la loi à 3% du produit intérieur brut (PIB).
Par le passé, de précédentes hausses du prix du carburant ont provoqué des émeutes massives en Indonésie.
Contrairement à bon nombre de ses voisins, la première économie d'Asie du Sud-Est ne connaît de longues files d'attente aux stations-service, alors même que les prix mondiaux du pétrole s'envolaient.
Pour réduire les dépenses publiques, le gouvernement a annoncé dimanche une réduction d'un jour par semaine de son programme de repas scolaires gratuits, sauf dans les zones présentant des taux élevés de malnutrition.
De nouvelles mesures visant à limiter les dépenses et la consommation de carburant devraient être annoncées dans la soirée.
Parmi les mesures envisagées figurent une journée de télétravail par semaine pour les fonctionnaires, la réduction des déplacements officiels et l'encouragement à l'utilisation du vélo, des véhicules électriques et des transports en commun.