Iran: retour sur les différentes étapes depuis le retrait américain de l'accord nucléaire

  • AFP
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L'accord international sur le nucléaire iranien, dont Téhéran a annoncé lundi qu'il ne respectera plus les termes concernant ses réserves d'uranium enrichi à compter du 27 juin, est fragilisé depuis le retrait unilatéral des États-Unis en mai 2018.

Trump sort de l'accord

Le 8 mai 2018, Donald Trump annonce le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire et le rétablissement de sanctions économiques contre l'Iran.

Conclu en 2015 entre l'Iran, les États-Unis, la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, l'accord a permis la levée d'une partie des sanctions contre Téhéran en échange de l'engagement iranien de ne pas se doter de l'arme nucléaire.

Washington donne un délai de 90 à 180 jours aux entreprises étrangères présentes dans les secteurs visés par les sanctions pour cesser toute activité avec Téhéran.

Paris, Berlin et Londres se disent "déterminés à assurer la mise en oeuvre" du texte en "maintenant les bénéfices économiques" au profit de la population iranienne.

Douze conditions

Le président iranien Hassan Rohani prévient que Téhéran pourrait cesser d'appliquer les restrictions auxquelles il a consenties et reprendre un enrichissement d'uranium plus élevé si les négociations avec Européens, Russes et Chinois ne donnent pas les résultats escomptés.

Le 21 mai, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo énumère douze conditions pour conclure un "nouvel accord", avec des demandes beaucoup plus draconiennes concernant le volet nucléaire, les programmes balistiques de Téhéran et le rôle de l'Iran dans les conflits au Moyen-Orient.

Le 2 juillet, les États-Unis se disent déterminés à réduire "à zéro" les exportations de pétrole iranien.

Sanctions

Le 7 août, Washington rétablit unilatéralement de sévères sanctions économiques: blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, mesures pénalisantes sur les achats dans l'automobile et l'aviation commerciale.

Le constructeur allemand Daimler cesse ses activités en Iran. Les Français Renault et PSA mettent fin à leurs activités ou projets de production de voitures en Iran.

Le 20 août, le géant pétrolier français Total se désengage de ses projets de plusieurs milliards de dollars. D'autres grandes entreprises étrangères suivent. Le 5 novembre, les sanctions américaines contre les secteurs pétrolier et financier iraniens entrent en vigueur.

Mécanisme de troc

Le 31 janvier 2019, Paris, Berlin et Londres annoncent la création d'un mécanisme de troc, Instex, pour permettre aux entreprises de l'UE de commercer avec l'Iran malgré les sanctions américaines.

L'Instex doit fonctionner comme une chambre de compensation permettant à l'Iran de vendre du pétrole et d'importer des produits ou services nécessaires à son économie, mais le système n'a encore permis aucune transaction à ce jour.

Accusations de « terrorisme »

Le 8 avril, Washington place les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, sur sa liste noire des "organisations terroristes étrangères".

L'Iran accuse les États-Unis d'être un "État parrain du terrorisme", et indique qu'il considère désormais les forces américaines déployées du Moyen-Orient à l'Asie centrale comme des "groupes terroristes".

Fin des exemptions

Le 22 avril, Donald Trump décide de mettre fin, à partir de début mai, aux exemptions permettant à huit pays l'achat de pétrole iranien.

Le 8 mai, l'Iran annonce avoir décidé de ne plus respecter deux engagements pris aux termes de l'accord: ceux limitant ses réserves d'uranium enrichi (UF6) à 300 kg et ses réserves d'eau lourde à 130 tonnes. Téhéran donne 60 jours aux Etats encore parties à l'accord pour l'aider à contourner les sanctions américaines, faute de quoi l'Iran renoncera à deux autres de ses engagements.

Donald Trump impose de nouvelles sanctions contre "les secteurs iraniens du fer, de l'acier, de l'aluminium et du cuivre".

Escalade dans le Golfe

Le 12 mai, quatre navires, dont trois pétroliers, sont la cible d'"actes de sabotage" dans les eaux territoriales émiraties. Washington et Riyad mettent en cause l'Iran, qui dément.

Washington avait envoyé début mai des renforts militaires au Moyen-Orient, accusant l'Iran de préparer des attaques "imminentes" contre des intérêts américains.

Le 13 juin, deux pétroliers sont attaqués en mer d'Oman, dans la région du Golfe. Washington, Londres et Ryad accusent l'Iran, qui nie.

Uranium enrichi

Le 17 juin, le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique annonce que les réserves d'uranium enrichi de l'Iran dépasseront la limite fixée aux termes de l'accord de Vienne à partir du 27 juin.

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