- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Les autorités du Bangladesh ont dénoncé lundi des surfacturations "scandaleuses" dans les prix de l'électricité que lui fournit le géant indien de l'énergie Adani en vertu d'un contrat signé sous le règne (2009-2024) de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina.
1 milliard de dollars par an
Ces accusations ont été lancées par une commission d'enquête gouvernementale qui s'est penchée sur les contrats d'énergie passés sous l'ère Hasina, en exil en Inde depuis sa chute en août 2024 après des manifestations réprimées dans le sang. Les relations entre le Bangladesh et l'Inde se sont nettement détériorées depuis.
Aux termes d'un accord de 2 milliards de dollars entré en vigueur en 2024, la centrale à charbon du conglomérat indien située à Godda, dans l'État indien du Jharkhand (est), livre au réseau bangladais l'équivalent de 10% de sa consommation d'électricité.
Dans son rapport publié lundi, la commission a estimé que la compagnie publique de distribution d'électricité bangladaise (BPDB) payait ces livraisons jusqu'à 50% de plus que ce qu'elle devrait.
"Ces montants ne sont pas des erreurs (...) ils suggèrent une collusion systématique entre entreprises, personnels politiques et hauts-fonctionnaires pour générer délibérément des surfacturations dont ils se partagent ensuite les profits", a-t-elle accusé.
Le Bangladesh paie selon ce contrat chaque année 1 milliard de dollars à Adani. Selon la commission, BPDB a enregistré des pertes de 4,13 mds USD en 2024-25.
Élections à venir
La commission a jugé "essentiel" de réexaminer ce contrat et recommandé au gouvernement d'annuler "tous ceux dans lesquels il existe des preuves de corruption" et d'en "renégocier les prix et les termes".
Adani Power a affirmé lundi ne pas avoir consulté les conclusions du rapport bangladais, mais assuré qu'il offrait à Dacca des "prix parmi les plus compétitifs". "Nous avons continué à assurer nos fournitures malgré d'importants impayés, alors que d'autres fournisseurs ont réduit leurs livraisons ou les ont même interrompues", a ajouté un porte-parole du groupe.
"Nous exhortons le gouvernement du Bangladesh à rembourser sa dette au plus vite", a-t-il insisté.
Des élections législatives sont prévues le 12 février au Bangladesh, les premières depuis la chute de Mme Hasina.
