Tarifs réglementés de l'électricité : une faible baisse en février, sauf pour certains consommateurs

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Prise d'électricité

Après avoir baissé de près de 15% en février 2025, les tarifs réglementés de l'électricité devraient rester quasiment « stables en moyenne » au 1er février 2026, comme le propose ce 20 janvier la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

Une baisse nette de la facture d’environ 9 € TTC par an

À fin septembre 2025, 19,75 millions de clients résidentiels en France métropolitaine continentale disposaient d'un contrat aux tarifs réglementés de vente de l'électricité (TRVE), rappelle la CRE. Et au 1er février 2026, ces TRVE devraient, toutes taxes comprises, baisser en moyenne de 0,83% TTC. 

Les évolutions hors taxes

Cette faible évolution résulte de : 

- la baisse du coût de l’approvisionnement en électricité par rapport au niveau de 2025, cet approvisionnement étant désormais « réalisé à 100% à un coût représentatif des prix de marchés de gros et des frais d’accès marché » avec l'arrêt de l'ARENH fin 2025

- la baisse du coût de l’approvisionnement en garanties de capacitéune partie des garanties de capacité de chaque consommateur était historiquement apportée par l’ARENH » et la fin du dispositif nécessite d’approvisionner ces garanties de capacité sur le marché) ; 

- l’augmentation des coûts de commercialisation d’EDF, incluant la hausse des coûts d’approvisionnement en certificats d’économie d’énergie (CEE) liée à l’entrée en vigueur de la 6e période du dispositif ;

- la hausse de la composante des rattrapages incluse dans les TRVE, liée principalement à la fin du rattrapage au titre de janvier 2025 ;

La part acheminement (TURPE) de la facture reste pour sa part stable au 1er février, rappelle la CRE.

Évolution de la fiscalité

Quant à la fiscalité, il est prévu :

- une baisse de la contribution tarifaire d'approvisionnement (CTA), comme annoncé tout début janvier par Bercy (cette contribution, incluse dans l'abonnement, est calculée sur la base d'un pourcentage de la part fixe du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, qui passera de 21,93% à 15% au 1er février 2026) ;

- une « augmentation mécanique annuelle de l’accise », qui passe de 29,98€/MWh à 30,85 €/MWh (une fraction est ajustée à l’inflation et une majoration est appliquée au titre du financement des missions de service public dans les zones non interconnectées).

Au total, ces mouvements conduiront à « une légère baisse en moyenne des tarifs réglementés de vente de l’ordre de 1,99 €TTC/MWh par rapport aux TRVE en vigueur, soit une baisse nette de la facture d’environ 9 €TTC par an (pour une consommation moyenne de 4,5 MWh par an, la facture TTC passe donc de 1051 €TTC à 1042 € TTC) », précise la CRE.

Fin de l'ARENH : une aubaine pour les consommateurs en 2026

In fine, la fin de l'ARENH, qui a suscité débats et polémiques au cours des derniers mois, n'entraîne pour l'heure pas d'évolution sensible des tarifs réglementés. « Une fois de plus, les débats ont été pollués par des contre-vérités », constate Nicolas Goldberg, associé énergie chez Colombus Consulting. « La réalité est pourtant simple : la forte baisse des prix de marché a compensé l’absence d’ARENH et si l’ARENH avait été maintenu, les tarifs pour les particuliers auraient été 8% à 10% moins élevés que ce qui le seront en 2026 ». 

Et la fin du dispositif ARENH répond à un arbitrage, rappelle Nicolas Goldberg : « il est difficile de demander à EDF à la fois de vendre son électricité en dessous du prix de marché à 42€/MWh et en même temps d’investir plusieurs dizaines de milliards d’euros chaque année ». Tout en rappelant que l’ARENH ne profitait « pas qu’aux fournisseurs alternatifs mais surtout aux consommateurs, en particulier industriels, qui bénéficiaient là d’une électricité à bas prix ; ce sont surtout pour ces grands consommateurs qu’il y aura un écart de prix significatif avec la fin de l’ARENH ».

Une promotion des heures creuses

Hormis l'annonce de la quasi-stabilité des TRVE en février prochain, la CRE rappelle dans sa délibération qu'elle entend poursuivre « sa démarche d’incitation à l’adaptation des consommations à un signal tarifaire », afin de contribuer à l'équilibre du réseau électrique. 

Une « excellente nouvelle pour le consommateur », souligne Nicolas Goldberg : « cela pourrait faire rimer la baisse des factures avec une hausse du confort. En plaçant notamment des heures creuses en journée, il sera possible d’optimiser sa facture en plaçant des consommations en journée, ce qui n’était pas toujours possible avant ».

Dans cette optique de promouvoir une distinction heures creuses/heures pleines, la CRE annonce entre autres la suppression de l’option base des TRVE pour les « grosses puissances résidentielles » (de 18 à 36 kVA) au 1er février 2026 en France métropolitaine continentale et au 1er février 2027 en zone non interconnectée (ZNI).

Par ailleurs, la CRE va suivre de près une expérimentation par EDF d'une nouvelle option au sein des TRVE pour les « petits » consommateurs résidentiels (puissance comprise entre 3 et 6 kVA). Cette expérimentation doit encore être validée par le Conseil d'État.

L'option Tempo fortement impactée

Une partie des consommateurs d'électricité connaîtront toutefois une hausse importante lors du mouvement tarifaire : ceux disposant d'une option « Tempo » (près de 900 000 consommateurs), jugée très avantageuse pour les consommateurs sachant s'effacer lors des pics de demande sur le réseau (jours « rouge »).

La CRE propose une hausse de 6,2% TTC concernant cette option, « ce qui permet de réduire de moitié l’écart des tarifs de l’option proposée par rapport à son empilement (des coûts) tout en préservant son attractivité pour le consommateur final au bénéfice de la flexibilité du système électrique ».

Cette évolution est « logique et même modérée par rapport à ce que la formule de calcul imposerait » pour Nicolas Goldberg qui rappelle que l'option Tempo reste aujourd’hui « très généreuse, au sens où même si le consommateur ne fait pas d’effort les jours rouges, il dispose d’un immense avantage sur sa facture ». Ainsi, « ce tarif fait perdre de l’argent à EDF et n’est pas réplicable », selon lui (la CRE juge que la « contestabilité » par les fournisseurs alternatifs, est toutefois toujours bien respectée). 

Un « recalage somme toute logique », qui va se poursuivre en 2027, confirme la CRE. Il faudra alors « faire un réel effort les jours rouges pour que le tarif reste attractif, ce qui est d’ailleurs sa vocation première », souligne Nicolas Goldberg.

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