Le ministre du Logement lance une charte pour plus de fiabilité dans les diagnostiqueurs immobiliers

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

Le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun a lancé jeudi une charte de règles de déontologie, de formation et de représentation de la profession des diagnostiqueurs immobiliers, souvent accusés de fraudes.

Avec pour objectif "qu'on arrête le diagnostiqueur-bashing", en lien avec la mauvaise image du diagnostic de performance énergétique (DPE), le ministre du Logement a affiché sa volonté de contribuer à "changer l'image des diagnostiqueurs immobiliers", à l'occasion des Assises de la profession organisés par son ministère.

Les contours de cette charte sont à "co-construire" avec les professionnels dans les semaines à venir, ainsi que les outils à mettre en place. Sont sur la table un ordre des diagnostiqueurs ou encore une carte professionnelle.

Interrogé par l'AFP sur la fiabilité du DPE, Vincent Jeanbrun estime que "c'est aux professionnels d'apporter la réponse, ils ont envie de fiabiliser le DPE, de lutter contre la fraude, de lutter contre les brebis galeuses qui sont une extrême minorité".

Le DPE est devenu un outil central du marché immobilier, nécessaire pour vendre et louer un logement, il est le socle des objectifs de rénovation énergétique de l'Etat.

"Les changement continus du DPE ont amené à un sentiment de confiance perdue, de difficulté à appréhender cet outil, alors qu'il reste indispensable" dans la lutte pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, a souligne Annaïg Le Meur, députée Renaissance.

Dernière annonce de modification en date, le gouvernement souhaite abaisser à nouveau le coefficient de conversion de l'électricité, qui sert à calculer l'énergie réellement consommée pour l'élaboration du DPE, dans le cadre de son plan d'électrification.

Ce coefficient est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier et pourrait encore être réduit à 1,7, le minimum prévu par les Européens, voire à 1 si l'Etat français arrive à modifier ces règles.

Le premier passage de 2,3 à 1,9 avait déjà fait sortir 895.000 logements de la catégorie "passoire thermique", c'est-à-dire dont le DPE est de F ou G. Et un abaissement à 1,7 pourrait en supprimer encore 382.000 supplémentaires, selon une étude de KRNO, start-up d'analyse de la fiabilité des DPE.

"Le Premier ministre a voulu envoyer un message fort autour des enjeux d'électrification et faire en sorte que l'électricité ait un coefficient un petit peu différent", a justifié Vincent Jeanbrun, rappelant que "ce n'est pas de la faute ni des diagnostiqueurs ni du DPE".

La décision passe mal auprès de l'Alliance du diagnostic immobilier, qui y voit une décision politique contraire à l'avis d'un comité technique du bâtiment, selon son vice-président Samir Zanoun.