Les députés PS proposent un référendum d'initiative partagée contre le « démantèlement » d'EDF

  • AFP
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La cheffe de file des députés socialistes Valérie Rabault va déposer une proposition de référendum d'initiative partagée (RIP) contre le "démantèlement" d'EDF via le projet "Hercule" de réorganisation, malgré les assurances données par le gouvernement, a-t-elle annoncé mardi.

"Avec 1,2 million (de Français) nous vous avons empêché de privatiser Aéroports de Paris, ce qui aurait été aujourd'hui une catastrophe. Nous vous empêcherons de démanteler EDF", a lancé Mme Rabault au Premier ministre Jean Castex lors des questions au gouvernement, en référence au RIP lancé en 2019 par des députés et sénateurs d'opposition. "On va déposer une proposition de loi visant à créer un référendum d'initiative partagée pour empêcher la sécabilité d'EDF. Vous êtes gaulliste : nous devons maintenir EDF dans son intégrité", a-t-elle expliqué.

Jean Castex a répondu que "le gouvernement, loin d'avoir l'intention d'affaiblir ou de démanteler cette grande entreprise nationale qu'est EDF, entend bien au contraire l'adapter et lui donner les armes pour remplir sa mission historique". "Nous n'avons, je le répète, nullement l'intention de démanteler EDF qui restera un grand groupe public, les statuts des personnels des industries énergétiques et gazières seront préservés", a martelé le chef du gouvernement.

Mais selon Mme Rabault, le risque n'est pas écarté et "depuis 1946, aucun gouvernement, qu'il soit de droite ou de gauche, n'aurait imaginé démanteler EDF".

Une proposition de RIP doit être déposée par au moins 185 des 925 parlementaires (577 députés, 348 sénateurs). Puis s'ouvre une nouvelle phase : le recueil des soutiens citoyens, durant neuf mois et sous forme électronique. Il faut alors la signature d'au moins 10% du corps électoral, soit près de 5 millions de personnes. Enfin, si la proposition de loi n'a pas été examinée au moins une fois par chacune des deux assemblées parlementaires dans un délai de six mois - dernière restriction-, le président de la République la soumet au référendum.

La proposition de RIP sur la privatisation d'Aéroports de Paris avait recueilli 1,1 million de soutiens. Le gouvernement avait cependant suspendu son projet de privatisation en raison de la crise du coronavirus qui a frappé de plein fouet le secteur du transport aérien.

Le projet "Hercule" prévoit de scinder EDF en trois entités : une entreprise publique (EDF bleu) pour les centrales nucléaires, une autre (vert) cotée en Bourse pour la distribution d'électricité et les énergies renouvelables et une troisième (azur) qui coifferait les barrages hydroélectriques, dont les concessions seraient remises en concurrence sous la pression de Bruxelles.

Ces perspectives inquiètent les syndicats, qui y voient un risque de démantèlement. Les oppositions sont unies dans la dénonciation d'un projet jugé nuisible pour la souveraineté énergétique de la France et la pérennité du groupe.

Commentaires

Keke

Très bonne initiative, j'espère que ça ira au bout, même si 5 millions de soutien c'est pas gagné.

Lecteur 76

Excellente initiative en effet, de la part d'un parti qui n'a pas l'habitude d'en avoir souvent. EdF ne menace pas la concurrence, concept sur lequel, de manière bien vieillote aujourd'hui, se base la Commission aujourd'hui pour harceler la France, les français, et EdF ainsi qu'un ministre "de la transition énergétique" et anti-nucléaire, bien mal placé pour défendre l'essentiel. Aujourd'hui, EdF n'est que l'un , parmi de nombreux autres, des électriciens actifs sur une bonne moitié voire plus du marché européen de l'électricité, marché maintenant interconnecté, qui entretient chaque jour de nombreux échanges, marques d'une solidarité européenne indispensable en matière électrique en même temps qu'une marque également d'une concurrence dynamique. Aujourd'hui, il n'y a plus aucune raison de démanteler EdF au nom de la régulation du marché et de l'organisation de la concurrence. Un détail: j'espère que le RIP ne mentionnera pas, dans les bonnes raisons de défendre EdF, le statut des travailleurs d'EdF, le sujet n'étant guère populaire en Europe. Chez EdF, on est hyper protégé, mais on est aussi mal payé. Avec la concurrence, EdF doit apprendre à mieux gérer ses hommes, les exposer beaucoup plus (moins les protéger) mais beaucoup mieux les payer.

Courteau COURTEAU

Cette partition déguisée est lamentable, on est prêt à découper tout en morceau pour vendre les plus rentable ...alors qu il est pourtant normalement bien connu que les moyens de production amortis dégagent du cash pour justement développer l entreprise sur de nouveaux moyens. On vends qu une une fois les bijoux de famille !

Schricke

Excellente initiative, en effet, mais je crains que certains GROS intérêts, liés à des puissants lobbys, soient à la manœuvre pour faire aboutir ce projet délétère de démantèlement qui n'ose pas dire son nom ! L'Etat va donc tuer "la vache à lait" ?

choppin

Tres bonne initiative qui redonne quelque couleur à un parti qui en a bien besoin. Mais 5 millions la barre est très haute. Si ça réussit, ce serait un fantastique espoir de voir l'Europe tourner le dos au néo-libéralisme.

Ay

Les agents EDF mal payés? J'aimerais savoir ce que vous appelez mal payés?
En tant qu'entreprise fournisseur d'appareillages électrique pour EDF venez voir chez nous et vous verrez ce que mal payé veut dire.
Gilles Ay

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