- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les Bourses asiatiques accusent de nettes baisses mercredi au cinquième jour de la guerre au Moyen-Orient, Séoul dévissant de 12%, le pétrole restant en hausse malgré les engagements de Washington à défendre le transit par le détroit d'Ormuz.
Les Bourses chutent, Séoul dévisse de 12% et Tokyo perd 4%
L'ensemble des places asiatiques, à la suite du repli de Wall Street mardi, est dans la tourmente.
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei chutait de plus de 4% à 54.007 points vers 04H00 GMT. L'indice élargi Topix perdait 4,09%.
La Bourse de Sydney cédait 2,05%, Taipei 3,82% et l'indice hongkongais Hang Seng a brièvement lâché plus de 3%.
A la Bourse de Séoul, très dépendante de la tech, l'indice Kospi a dévissé de plus de 12%, après avoir déjà fortement plongé la veille: il lâchait encore 8,02% vers 04H00 GMT, en voie vers sa pire performance journalière depuis des décennies.
La Corée du Sud, huitième plus gros consommateur de brut du monde, est très dépendante des hydrocarbures du Moyen-Orient.
Et les poids lourds de la cote, les champions des puces mémoires Samsung Electronics (-6,51%) et SK hynix (-4,69%) pâtissent avec retard du récent regain d'inquiétudes sur l'essor de l'IA, dans un marché paniqué.
"Cela ressemble davantage à un dénouement de positions des investisseurs (...) Lorsque l'appétit pour le risque se retourne dans le monde et que la volatilité s'exacerbe sur l'énergie et les devises, on observe un désengagement rapide des valeurs les plus importantes de l'indice", note Dave Mazza, de Roundhill Investments, cité par Bloomberg.
Certains investisseurs ayant acheté des titres tech à leur sommet grâce à une pratique d'endettement sur marge, en pariant sur leur hausse continue, se trouvent désormais piégés et contraints de liquider leurs positions.
La perspective d'un durcissement monétaire maintenu aux Etats-Unis contribue également à la nervosité générale.
Le pétrole consolidé, guettant Ormuz
Vers 04H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché international, gagnait 1,04% à 82,25 dollars. Il avait dépassé mardi 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024.
A la même heure mercredi, le baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain grimpait de 0,55% à 74,97 dollars. WTI et Brent avaient clôturé la veille en hausse de plus de 4%.
Le trafic maritime est paralysé dans le détroit d'Ormuz, goulet d'étranglement par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, ce qui avive les craintes d'une perturbation prolongée des approvisionnements.
Pour autant, les cours avaient modéré leurs gains mardi après des déclarations du président américain Donald Trump assurant que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz.
"Cela a permis aux marchés de dissiper leur anxiété matinale persistante (...) Le WTI se maintenant à des niveaux proches de ceux de l'ouverture de lundi, le sentiment général devient nettement plus stable", constate Elior Manier, analyste de Market Pulse.
Pour autant, "l'escalade du conflit continue de peser sur le moral des investisseurs et de maintenir les marchés dans une attitude prudente", avertit Lloyd Chan, de MUFG.
"Le prix du Brent a dépassé les 80 dollars le baril, soit une hausse cumulée d'environ 13% depuis le début des hostilités le 28 février, ce qui alimente les craintes d'inflation et accentue les freins à la croissance mondiale", poursuit-il.
Cependant, "la réaction du marché pétrolier a été jusqu'à présent plus contenue qu'au cours des premières semaines du conflit russo-ukrainien", et la stabilisation du Brent autour des 82 dollars "suggérant un certain apaisement des craintes de perturbation", reconnaît M. Chan.
Le dollar stable, l'or recherché
L'or, valeur refuge face aux incertitudes, continue de profiter de la situation: il grimpait de 1,76% à 5.180 dollars l'once vers 02H30 GMT.
De son côté, la monnaie américaine cédait un peu de terrain, à 157,35 yens pour un dollar, après avoir encore monté la veille.
Le dollar reste "soutenu par la demande de valeurs refuges et une modération des anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année" face à la flambée des prix énergétiques, souligne Lloyd Chan.
"Toutes les principales devises se sont dépréciées face au dollar après que le président Trump a déclaré que Washington ferait +tout ce qu'il faut+ dans son offensive contre l'Iran", abondent les experts de Standard Chartered.
jug/phs
