- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué jeudi qu'il ne voulait pas que le gouvernement "fasse du rabot à l'aveugle" pour couper dans les dépenses, soulignant que les économies pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient devaient "être en cohérence" avec le budget 2027.
"Il ne faut pas non plus confondre vitesse et précipitation", a-t-il souligné devant la presse, interrogé sur les mesures d'économies prévues. "Je ne veux pas non plus qu'on fasse du rabot à l'aveugle".
Pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement avait annoncé mi-avril, lors d'un comité d'alerte des finances publiques, que 6 milliards d'euros d'économies sur les dépenses pourraient être réalisés en 2026, sous forme de gels de crédits ou d'"annulations ciblées".
Ces 6 milliards d'euros "devront être remis à jour, évidemment, dans les temps qui viendront", a dit M. Lecornu. Un nouveau comité d'alerte des finances publiques est prévu en juin.
"Je veux un tout petit peu de temps" car "les décisions qu'on va prendre entre maintenant et mi-juin de nouvelles économies pour 2026 doivent évidemment être en cohérence avec la copie qu'on va mettre sur la table pour 2027" dans le budget, a expliqué le Premier ministre.
Concernant les aides face à la crise, il a de nouveau rejeté l'idée d'une baisse généralisée de la fiscalité sur le carburant: "J'ai appartenu à un gouvernement qui l'a déjà fait. C'est parfois la spécialité de la classe politique française de faire deux fois la même connerie", mais "nous continuons de tirer ce fardeau en matière de déficit."
Sur les allègements de charges dont bénéficient les entreprises sur les bas salaires, le ministre des Comptes publics David Amiel a écarté l'idée d'une augmentation générale "de l'enveloppe des allègements généraux" à hauteur de 2 milliards d'euros car il n'y a pas de raison de le faire pour "des entreprises qui vont bien". Les organisations patronales avaient écrit au Premier ministre pour lui demander de ne pas geler les allègements de charges, alors que le Smic va augmenter au 1er juin.
Le ministre de l'Economie Roland Lescure a lui martelé que l'économie française avait "des facteurs de résilience" face à la crise, notamment le fait que son approvisionnement énergétique soit diversifié avec beaucoup de nucléaire.
"Face à des prophètes de malheur qui ont tendance à se multiplier, je le répète: on a une économie française qui tient", a-t-il dit, écartant le scénario d'une possible récession.