- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les autorités américaines ont prolongé vendredi de 60 jours la licence d'exploitation de la compagnie pétrolière serbe NIS, encore majoritairement détenue par des actionnaires russes, en négociation avec le groupe hongrois MOL afin de lui céder leurs parts, a annoncé une ministre serbe.
Cette nouvelle prolongation de la licence, valable jusqu'au 16 juin, permettra notamment à la raffinerie de Pancevo, la seule du pays, de continuer à produire les dérivés et d'approvisionner le marché local.
Cruciale pour l'économie locale, l'Industrie pétrolière de Serbie (NIS), détenue à 56% par Gazprom Neft et sa compagnie soeur Intelligence - filiales du géant Gazprom -, est visée depuis début 2025 par des sanctions américaines, dans le cadre des mesures prises face au refus de Moscou de mettre fin à la guerre en Ukraine.
Washington exige la sortie du capital russe de la compagnie serbe pour lever ces sanctions.
"Nous avons reçu de bonnes nouvelles des Etats-Unis. La licence d'exploitation accordée à NIS a été prolongée de 60 jours, ce qui est très important pour une planification plus stable des achats de pétrole brut", a déclaré la ministre serbe de l'Energie, Dubravka Djedovic Handanovic, citée sur le site de la télévision nationale (RTS).
La précédente licence, accordée pour quatre semaines, expirait ce vendredi.
Après plusieurs reports successifs, Washington avait imposé effectivement ces sanctions en octobre, ce qui avait contrait la raffinerie de Pancevo, près de Belgrade, de cesser la production pendant plusieurs semaines, à défaut de brut.
Les licences temporaires sont à nouveau accordées depuis fin décembre à l'entreprise, qui approvisionne 80% du marché national, après l'annonce des négociations entre MOL et Gazprom.
Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain (OFAC) a donné aux deux parties jusqu'au 22 mai pour finaliser la vente.
"Cette prolongation (de la licence) constitue un signal positif quant à l'avancée des négociations sur le changement de propriété entre le groupe hongrois MOL et la société russe Gazprom Neft", a dit la ministre serbe.
Selon le ministre serbe des Finances, Sinisa Mali, en déplacement aux Etats-Unis, ces négociations sont "au stade final".
Le président serbe Aleksandar Vucic, proche du Premier ministre sortant hongrois Viktor Orban - battu dimanche aux législatives par son rival Peter Magyar - a assuré que les négociations en cours n'en seraient pas affectées.
"La détermination de MOL (...) est de poursuivre les discussions aussi bien avec la Serbie qu'avec le partenaire russe, et de finaliser tout cela comme nous en avons déjà parlé ces derniers temps", a-t-il déclaré lundi.
Avec ses quelque 13.500 employés, NIS a contribué en 2024 avec plus de 2 milliards d'euros à la caisse de l'Etat, soit près de 12% du budget national.