- Connaissance des Énergies avec AFP
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Il faut déterminer les conditions de la réouverture d'Ormuz à partir des attentes des acteurs économiques, notamment des assureurs, a plaidé mercredi le ministre de la Défense des Philippines, dont le pays est durement touché par la fermeture du détroit.
"Soyons le plus pragmatique possible" à l'heure de nous demander comment doit rouvrir le détroit d'Ormuz, artère pétrolière mondiale bloquée par l'Iran, a affirmé Gilbert Teodoro Jr, le secrétaire philippin à la Défense, dans un entretien à l'AFP.
"Quel est le minimum requis par les assureurs? Travaillons à partir de là", a-t-il dit en réponse à une question lui demandant si les Philippines seraient favorables à des convois de navires escortés dans le détroit.
"Sans assurance maritime adéquate, rien ne bougera. Alors, analysons leurs limites et celles des armateurs. Et partons de là. Je pense que cette approche devrait être axée sur l'utilisateur. C'est la manière la plus rapide et la plus pragmatique de résoudre le problème. Car de toute façon, ce sont eux qui devront supporter le risque final", a-t-il développé dans cet entretien en marge du PDSF 2026, un forum qui réunit à Paris acteurs et décideurs de la défense pendant trois jours.
Le blocage de fait du détroit d'Ormuz, par où transite près de 20% du brut mondial, a des répercussions majeures sur l'économie mondiale, et de nombreux pays demandent à cor et à cri sa réouverture. Donald Trump a évoqué l'hypothèse d'organiser des convois escortés pour permettre la circulation des navires marchands.
De son côté, Emmanuel Macron a dit que la France pourrait participer à la protection des bateaux, mais une fois que les combats se seront calmés.
Rappelant le rôle essentiel des Philippines dans la marine marchande, à qui l'archipel fournit beaucoup de personnel, et la dépendance de Manille aux flux commerciaux, M. Teodoro a déclaré "vital pour nous que le détroit d'Ormuz soit ouvert immédiatement et sécurisé".
"Non seulement pour les marins, mais aussi pour les consommateurs philippins. Les Philippins les plus démunis doivent payer des prix exorbitants pour l'électricité, le carburant et l'énergie. Les agriculteurs, eux aussi, doivent payer des prix astronomiques pour le carburant et les engrais", a-t-il ajouté.
Une trentaine de pays, dont la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon, se sont dits "prêts à contribuer" aux efforts pour sécuriser le détroit.
Une réunion de leurs chefs d'état major est prévue cette semaine, à l'initiative de Londres et Paris.