- Connaissance des Énergies avec AFP
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La volonté des Etats-Unis d'augmenter la production de pétrole au Venezuela, dont ils ont enlevé début janvier le président Nicolas Maduro, ne devrait pas avoir "d'impact majeur" sur le marché pétrolier, a estimé vendredi à Davos le ministre saoudien des Finances.
"Je pense que nous ne verrons pas d'impact majeur sur le marché du pétrole", a déclaré Mohammed al-Jadaan lors d'une table ronde en clôture du Forum économique mondial, dans les Alpes suisses.
"Toute augmentation (de la production) prendra du temps et nécessitera des investissements considérables", a-t-il ajouté.
Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de brut au monde avec 303.221 millions de barils, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l'Arabie saoudite (267.200 millions) et l'Iran.
Toutefois, des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait chuter la production d'un pic de plus de 3 millions de barils par jour au début des années 2000 à un plus bas historique d'un peu plus de 350.000 barils en 2020. Elle avoisine actuellement 1,2 million de barils par jour, selon les autorités.
Pour le ministre saoudien des Finances, "il faut veiller à ce que l'estimation de la demande et de l'offre d'énergie, ainsi que les niveaux de prix censés attirer les investissements vers le marché pétrolier, encouragent effectivement les investisseurs, sans pénaliser l'économie mondiale".
Par ailleurs, Mohammed al-Jadaan a indiqué à l'AFP que le fonds souverain de la monarchie du Golde (PIF), qui a environ 1.000 milliards de dollars d'actifs sous gestion, "annoncera, avec un peu de chance ce trimestre, sa nouvelle stratégie qui consisterait à recalibrer, revoir la priorité de ses projets" afin "de ne pas surchauffer l'économie".
Ce fonds est l'un des principaux moteurs des efforts déployés par le plus grand exportateur mondial de pétrole, désireux de diversifier son économie.
"L'exécution de certains projets sera prolongée dans le temps. Certains seraient réduits, d'autres retardés", a-t-il précisé, ajoutant que la même logique est appliquée à des projets financés par le budget de l'Etat.
Par exemple, le projet de la mégapole futuriste Neom, de 500 milliards de dollars dans le programme de réformes "Vision 2030" de l'Arabie saoudite, a déjà subi des retards, des changements de personnel et des révisions de conception.
En octobre, le directeur du fonds avait indiqué que ce projet restait une priorité.
