PPE 3 : le décret sur la feuille de route énergétique publié au JO

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le décret relatif à la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), feuille de route de la stratégie énergétique de la France jusqu'à 2035, a été publié vendredi au Journal officiel (JO), au lendemain de sa présentation par le gouvernement.

Une « révision simplifiée » en 2027 ?

"Le décret fixe la programmation pluriannuelle de l'énergie, qui définit les priorités d'action des pouvoirs publics pour la gestion des formes d'énergie sur le territoire hexagonal continental sur la période 2026-2035", est-il indiqué dans le JO.

La nouvelle PPE, qui était très attendue, a été dévoilée jeudi. Elle entend répondre d'ici à 2035 aux enjeux de souveraineté et de décarbonation de la France. Le gouvernement met l'accent sur la relance de la consommation d'une électricité décarbonée, notamment d'origine nucléaire, en remplacement des énergies fossiles coûteuses à importer, mais acte un moindre déploiement de l'éolien terrestre et du solaire.

Le décret stipule ainsi que "les capacités à attribuer ou à contractualiser pour les installations de production d'électricité renouvelable après (le 31 décembre 2028) seront, le cas échéant, ajustées en tenant compte notamment de l'évolution de la consommation d'électricité, du développement des moyens de production d'électricité décarbonée et du développement des flexibilités décarbonées".

"Une révision simplifiée de la programmation pluriannuelle de l'énergie pourra être lancée à cette fin en 2027", est-il indiqué. Par ailleurs, "pour l'éolien terrestre, le renouvellement des parcs existants sera privilégié".

Consulter la Programmation pluriannuelle de l'énergie (2026-2035) publiée au Journal Officiel

Un autre rapport attendu d'ici fin 2026

Le décret indique également que "le gouvernement publiera d'ici la fin de l'année 2026 un rapport sur l'évolution de la consommation d'électricité, du développement des moyens de production d'électricité décarbonée et du développement des flexibilités décarbonées".

Cette troisième PPE acte une relance massive du nucléaire, énergie décarbonée mais complexe à mettre en œuvre - en rupture avec la précédente PPE (2019-2024) qui prévoyait de fermer 14 réacteurs nucléaires -, avec "une optimisation" du parc existant et la construction de six nouveaux réacteurs, et huit en option.

La production nucléaire, déjà majoritaire en France, devrait atteindre 380 à 420 TWh en 2030, contre 320 en 2023.

Cette PPE mise aussi sur une accélération de l'éolien en mer, tandis que l'éolien terrestre et le solaire subissent la stagnation de la demande d'électricité, avec des objectifs en baisse par rapport à ce que prévoyait la version de la PPE soumise à la consultation du public en mars.

Commentaires

Rochain Serge
Une aberration totalement décorrélée des besoins sur la période considérée de 10 années jusqu’à 2035. Mettre l’effort sur le nucléaire qui mettra au mieux 15 ans avec de produire pour un programme à 10 ans, il fallait oser, et restreindre l’éolien terrestre présentant actuellement une asymétrie totalement anachronique avec la moitié du parc total éolien rassemblée dans les hauts de France et le Grand Est, soit 16% de la surface du territoire et le reste saupoudré sur les 84 % restant ! On constate aujourd’hui le résultat évident de cette répartition ubuesque, présence de vent sur ces 16%, l’éolien produit abondamment, absence de vent sur ces 16%, production très faible à nulle, à moins que partout ailleurs sur les 84% le vent soit abondant en même temps, on mise uniquement sur une tempête couvrant toute l'Europe de l'Ouest et s'arretant au méridien à la verticale de Reims. Aujourd'hui, le résultat pratique de cette rapartition cloquignolesque est une production éolienne en dent de scie comme on peut le constater, et dont les anti-renouvelables font des gorges chaudes, se trompant de coupable en accusant le renouvelable et non pas la bêtise de la répartition que ce programme propose d’accentuer. S’il y a une action à entreprendre sur l’éolien terrestre ce n’est certainement pas de bloquer les investissements de cette source, sauf dans les 16% du territoire déjà abondamment pourvus, mais la raison est de les accélérer pour rétablir l’équilibre pour profiter du foisonnement lié à la dizaine de régimes de vent que connait la France.
Christophe B.
Cher Serge, Concernant le nucléaire, il n'est jamais trop tard pour tenter de réparer les erreurs et les compromissions du passé. Mieux vaut tard que jamais. Notre production électrique a besoin des EnR et du nucléaire, pas de l'un ou de l'autre. Par ailleurs, il est responsable de prévoir une clause de revoyure pour adapter la production en fonction de la consommation. Cessons de toujours nous plaindre et avançons avec pragmatisme.
Fayat pierre
L'éolien est normalement implanté ou il y a du vent. Dans mon centre France, les études montrent que des éoliennes de 200 mètres produiront 19% de leur puissance et que la moitié de cette énergie sera produite en 20 jours dans l'année, et que le reste du temps, elles ne produiront rien ou pas grand chose. Le solaire aujourdhui a produit 1% de l'électricité produide et dix fois plus au mois de juillet.Tout ça pour dire: ne révons plus.
HOST ALIER
Une nouvelle fois les lobbyistes sont parvenu à plier les bras de nos politiques et vont continuer de nous endetter à leurs profits. La situation actuelle met en lumière l’influence persistante des groupes de pression dans le secteur des Energies Renouvelables Intermittentes. Force est de constater que, sous leur action, nos responsables politiques ont de nouveau cédé, ce qui se traduit par des décisions qui risquent d’accroître l’endettement du pays — au bénéfice de ces mêmes intérêts. Ainsi, loin de privilégier une gestion raisonnée et adaptée à la baisse de la consommation d’électricité et à l’absence de perspectives de hausse à moyen terme, les choix opérés semblent davantage répondre à des logiques externes qu’à l’intérêt collectif. Cette orientation soulève des interrogations quant à la pertinence des investissements réalisés/qui seront réalisés et à leur impact sur la situation financière nationale.

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