- Connaissance des Énergies avec AFP
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Face à la flambée des prix du carburant, la secrétaire générale de la CFDT, puis son homologue de la CGT, ont appelé mardi à des aides pour les salariés, Marylise Léon défendant des "aides ciblées", Sophie Binet "un blocage des prix de l'énergie".
Le gouvernement a annoncé vendredi un plan d'aide de près de 70 millions d'euros, ciblé et limité au mois d'avril, pour les secteurs les plus touchés par la flambée des prix des carburants, conséquence de la guerre au Moyen-Orient: la pêche, l'agriculture ou les transports, mais sans mesure plus générale.
Interrogée sur la mobilisation des transporteurs routiers pour une aide gouvernementale accrue, Marylise Léon a déclaré sur RTL que "certains secteurs effectivement doivent être soutenus".
Elle a cité les "aides à domicile, personnes dans le social, le médico social, agents de la fonction publique, qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler", et ce sont "surtout des femmes".
Certains peuvent bénéficier d'indemnités kilométriques, par exemple "0,35 euro par kilomètre" pour les aides à domicile, mais "ça ne couvre même pas actuellement les frais d'essence, d'entretien des véhicules", selon la dirigeante de la CFDT.
Face à cette flambée du carburant, la responsable cédétiste a exclu des aides générales, plaidant qu'on "n'a plus les moyens d'arroser le sable, comme on l'a fait en 2022" et que les aides indifférenciées avaient alors bénéficié "d'abord aux plus aisés".
Elle a lancé "un appel aux entreprises et à l'État pour qu'ils fassent des aides ciblées, qu'on puisse tenir compte de l'état des finances publiques, et qu'on amorce une vraie transition écologique, car on en est encore à s'arracher les cheveux et à se dire qu'on est dépendants des énergies fossiles".
Considérant qu'"il ne faut pas tout attendre de l'État", elle a souhaité "une responsabilisation des employeurs" avec, "dans les secteurs qui peuvent le faire, une dynamique de négociation salariale et d'accompagnement au pouvoir d'achat beaucoup plus importante qu'aujourd'hui".
Pour Sophie Binet, le gouvernement "met en place des mesurettes" face à "une situation au moins aussi grave que le choc pétrolier de 1973" et "on n'entend pas parler des travailleurs et travailleuses", comme les aides à domicile, infirmières, et "tous les salariés qui ont besoin de prendre leur voiture pour aller travailler et ne peuvent pas joindre les deux bouts".
"La première mesure qu'il faut mettre en place, c'est un blocage des prix de l'énergie parce que cette augmentation des prix des carburants, elle est injustifiée, c'est de la pure spéculation" des groupes pétroliers, a exhorté la responsable de la CGT sur France info.
Cette mesure "ne coûte rien aux caisses de l'État et permettrait déjà de stabiliser les prix", selon elle.
Depuis le début de la crise énergétique générée par la guerre au Moyen-Orient, l'exécutif n'envisage pas de baisser les taxes sur les carburants, qui représentent 50 à 55% du prix à la pompe.
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