Sénégal: le gouvernement révise des contrats dans plusieurs secteurs dont les mines

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Sénégal a indiqué vendredi vouloir reprendre "l'ensemble des actifs" des Industries chimiques du Sénégal (ICS), un des principaux acteurs du phosphate en Afrique, dont il a refusé de renouveler la convention le liant à l'Etat et les titres miniers, dénonçant des "irrégularités majeures".

Spécialisé dans l'extraction et la transformation du phosphate, les ICS, qui se décrivent comme le plus important producteur d'engrais phosphatés en Afrique subsaharienne et le principal complexe industriel du Sénégal, ont été reprises en 2014 par le groupe pétrochimique asiatique Indorama et emploient des milliers de personnes dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

En septembre 2024, le président Bassirou Diomaye Faye élu au mois d'avril précédent, avait annoncé le début d'une vaste revue des contrats et accords signés avec des partenaires étrangers, une des promesses de campagne du chef de l'Etat, élu sous les couleurs du parti souverainiste Pastef, fondé par Ousmane Sonko qu'il a nommé Premier ministre.

Il a été "établi que durant tout le temps" de la convention liant l'Etat à l'entreprise, "le Sénégal a été lésé", a déclaré M. Sonko, selon un texte publié vendredi par ses services, chiffrant le "manque à gagner" à 1.075,9 milliards FCFA, soit environ 1,6 milliard d'euros.

Parmi les manquements, il a cité "le non-paiement des taxes et redevances, les avantages fiscaux et douaniers indus, des exonérations allouées sans base légale". "Tout cela constitue des manques à gagner substantiels", a-t-il ajouté, précisant que l'Etat réclamait plus de 200 milliards FCFA à l'entreprise, dont il a dit avoir fait bloquer les comptes.

"Ce que nous voulons, désormais, dans ce secteur, c'est reprendre l'ensemble des actifs, définir par nous-mêmes ce que nous voulons de nos phosphates", a expliqué M. Sonko.

Contacté par l'AFP les ICS ont refusé de réagir dans l'immédiat.

Jeudi soir, lors d'une conférence de presse à Dakar, M. Sonko a indiqué avoir obtenu la révision de plusieurs contrats avec des entreprises, essentiellement étrangères, dans plusieurs secteurs et avoir retiré plus de 70 concessions détenues par des compagnies accusées de n'avoir pas respecté la réglementation.

"Nous avons eu beaucoup d'accords" à une révision des contrats et "des avenants ont été signés", notamment dans les secteurs des phosphates, du ciment, de l'atapulgite, du dessalement de l'eau de mer, de l'électricité, des infrastructures et de l'immobilier, s'est félicité le Premier ministre.

Il a assuré que "des gains et des économies ont été engrangés", sans en préciser les montants totaux.

Enfin, M. Sonko a annoncé le retrait de 71 titres miniers, dont 14 concernant l'or, pour "non-respect des engagements" signés par les compagnies détentrices, et leur attribution prochaine à "des partenaires respectant" les contrats.

Il a aussi dit que six "blocs pétroliers" ont été retirés à des entreprises qu'il n'a pas citées.

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