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Charbon : qu’est-ce qu’un terril ?

Terril

Un des terrils de Loos-en-Gohelle dans le Pas-de-Calais (©Philippe Frutier-Altimage)

Un terril est un entassement de déchets miniers à ciel ouvert, la plupart du temps issus de l’extraction du charbon(1). Ce terme proviendrait du mot wallon « terri » qui qualifie un amas de terre et de pierre(2). Les termes « crassier » ou « halde » sont parfois également employés pour désigner un terril.

Concrètement, un terril est principalement composé de sous-produits de l’exploitation minière, à savoir des schistes, des grès carbonifères et d’autres résidus mais il contient également des restes de houille.  

Les terrils n’ont pas toujours eu la forme conique à laquelle on les associe fréquemment. Les premiers d’entre eux, apparus dans les années 1850, étaient plats : les résidus miniers étaient alors transportés hors des galeries au moyen de paniers, puis plus tard par un système de wagonnets et déposés à proximité de la mine. C’est à partir de la fin du XIXe siècle que sont apparues, grâce à la mécanisation, les premières collines artificielles de résidus miniers : les terrils étaient alors édifiés par rampes ou par déversement de déchets à leur sommet(3).

Les grands terrils modernes (de formes coniques ou à plateaux) ont vu le jour après la Seconde Guerre mondiale, à l’image du massif de 3 terrils de Loos-en-Gohelle(4) dans l’ancien bassin minier du Pas-de-Calais. Ce dernier culmine à une hauteur de 188 m, ce qui en fait le plus haut terril houiller d’Europe.

Longtemps considérés comme dépourvus de valeur marchande, les résidus miniers des terrils sont parfois réutilisés aujourd’hui, par exemple pour constituer le soubassement de routes. Certains terrils font par ailleurs l’objet d’une préservation(5) au titre de leur qualité biologique (diversité de biotopes). En juin 2012, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais (incluant 51 des 339 terrils y étant recensés(6) ainsi que de nombreux équipements : fosses, chevalets, édifices, etc.) a été inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Outre leur forme, les terrils sont parfois classifiés dans les catégories suivantes : terril « monumental » (au regard de leur surface et de leur volume), terril « signal » (visible à plus de 15 km), terril « mémoire » (lié à un événement historique), terril « nature » (recouvert d’éléments végétaux) ou encore terril « loisirs » (support à des activités comme du ski sur le terril 42 de Nœux-les-Mines)(7).

Terril de Saint-Henriette

Dans le Nord-Pas-de-Calais, le terril est un élément important du paysage régional. Ici, le terril de Saint-Henriette, situé entre Hénin-Beaumont et Noyelles-Godault et que l’on aperçoit depuis l’autoroute A1 et la ligne de TGV. (©Philippe Frutier-Altimage)

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Sources / Notes
  1. Bien que le terme « terril » soit fréquemment associé au charbon, les remblais issus d’autres mines ou carrières, par exemple de fer ou de phosphate, sont parfois également qualifiés de terrils.
  2. Ce terme pourrait également descendre par altération du mot « stériles », qualificatif associé (à tort) aux déchets prélevés.
  3. Depuis des bennes reliées à des grues.
  4. Il y avait 5 terrils à l'origine mais il n’en reste plus que trois : les jumeaux et la plateforme entre les deux ; les deux autres ayant été exploités.
  5. Natura2000 et ZNIEFF.
  6. Chaque terril s’est vu attribuer un numéro (de 1 à 260) ainsi qu’une lettre pour les terrils « satellites » (ex : 70A, 70 B, etc.).
  7. Présentation de la piste de ski de Losinord

 

« Du vert au noir : le charbon », Patrick De Wever et François Baudin, EDP Sciences, 2015.

Site du Bassin Minier Nord-Pas-de-Calais

« Le terril, pourquoi ? comment ? », Département de Géographie de l’ENS