Le coronavirus : tempête sur la pétrochimie

  • Source : Oxford Institute for Energy Studies

L’épidémie de coronavirus affecte très fortement le secteur mondial de la pétrochimie, la Chine étant « l’épicentre de cette industrie(1) et la plus grande zone de consommation »(2). Dans l’article en anglais ci-après publié le 13 février par l’Oxford Institute for Energy Studies, le chercheur associé John Richard commente cet impact du coronavirus sur l’industrie pétrochimique(3).

Les producteurs de produits pétrochimiques, qui ont pour leur part « largement justifié leurs investissements dans de nouvelles installations en supposant une forte augmentation des importations en provenance de Chine » se trouvent particulièrement déstabilisés et s’interrogent sur la stratégie à adopter. Pour l’auteur de cet article, le coronavirus offre aux marchés « un aperçu de la façon dont un scénario baissier en Chine peut être perturbateur », pour la pétrochimie en particulier sachant qu’« aucun autre marché ne peut compenser la baisse de la demande chinoise » pour ce secteur.

Pour rappel, les produits issus de la pétrochimie sont « partout et font partie intégrante des sociétés modernes » selon les termes employés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) : plastiques, engrais, emballages, vêtements, détergents, pneus, installations énergétiques, etc. L’AIE indique qu’il s’agit du 2e secteur consommant le plus de pétrole au niveau mondial, après les transports et devant les bâtiments(4).

Selon un rapport de novembre 2018 de l'AIE, les produits pétrochimiques devraient constituer « le principal moteur de la demande mondiale de pétrole » dans les décennies à venir et pourraient compter pour plus d’un tiers des besoins supplémentaires de pétrole d’ici à 2030(5).

Lire l'étude  :
Coronavirus et pétrochimie
Sources / Notes
  1. La Chine compterait entre autres pour 61% des importations mondiales de polyéthylène et de 41% de polypropylène.
  2. La pétrochimie voit « ses approvisionnements en matières premières fortement limités » (notamment en raison de la baisse d’activité des raffineries en Chine). La production mondiale d’éthylène nécessiterait par exemple près de 547 Mt de naphta par an.
  3. Il y rappelle entre autres que la Chine a compté pour 43% de la demande mondiale des principaux polymères en 2019, contre 22% en 2003 lors de l’épidémie du SRAS.
  4. 14% de la consommation mondiale de pétrole en 2017, contre 56% pour les transports et 8% pour les bâtiments.
  5. Et pour près de la moitié des besoins supplémentaires à l’horizon 2050, soit davantage que les transports.