Au Royaume-Uni, le gouvernement critiqué pour avoir assoupli les sanctions contre la Russie

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Royaume-Uni a annoncé un assouplissement de ses sanctions contre Moscou en réautorisant mercredi les importations de diesel et de kérosène raffinés à partir de pétrole russe dans des pays tiers, l'opposition au gouvernement travailliste l'accusant de "donner de l'argent à la Russie".

Cette dérogation, décidée par un des plus fidèles alliés de l'Ukraine, prend effet mercredi et a été publiée mardi soir sur le site officiel du gouvernement.

Elle a été présentée comme une mesure de pouvoir d'achat pour les consommateurs britanniques, touchés comme le reste du monde par l'envolée des prix des carburants en raison de la guerre en Iran.

Concrètement, elle autorise les importations de diesel et de kérosène raffinés à partir de pétrole russe dans des pays tiers "pour une durée indéterminée". Cette autorisation sera réexaminée régulièrement.

Certaines sanctions visant le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe ont également été levées.

A la traditionnelle séance hebdomadaire de questions-réponses à la chambre des Communes, le Premier ministre Keir Starmer, fragilisé par la défaite électorale du Labour aux élections locales de début mai, a été sommé de s'expliquer.

"Il choisit désormais d'acheter du pétrole russe +sale+. Cet argent servira à financer la mort de soldats ukrainiens. N'a-t-il pas honte ?", a lancé la cheffe de file des conservateurs, Kemi Badenoch, accusant M. Starmer de "donner de l'argent à la Russie" de Vladimir Poutine.

Le chef des Libéraux démocrates Ed Davey a lui déclaré qu'"il ne fait aucun doute que cela risque de compromettre notre soutien à l'Ukraine".

Le Premier ministre a reconnu l'autorisation "à court terme" de "deux licences ciblées" dans le but "de protéger les consommateurs britanniques", mais a rejeté en bloc les accusations de l'opposition.

Au contraire, il a mis en avant l'instauration de "nouvelles sanctions" ciblées contre Moscou.

- Paraffine et lubrifiants -

"Il s'agit d'un ensemble de mesures incluant de nouvelles interdictions concernant les services maritimes liés au GNL ainsi que de nouvelles restrictions sur les produits pétroliers raffinés en provenance de Russie", a-t-il détaillé.

Peu avant, le gouvernement avait précisé sur X que ces sanctions incluent "des interdictions immédiates sur une série de produits pétroliers raffinés, notamment la paraffine, le naphta et les lubrifiants".

En assouplissant ses sanctions, Londres emboîte le pas aux Etats-Unis, qui avaient annoncé lundi soir une prolongation de 30 jours de leur propre dérogation autorisant l'achat de pétrole russe stocké en mer.

A l'inverse, l'Union européenne a estimé mardi qu'il n'était pas opportun d'alléger la pression exercée sur la Russie.

Les sanctions britanniques avaient été mises en place après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, et interdisaient notamment l'importation de diesel et de kérosène produits dans des pays tiers à partir de pétrole brut russe.

Objectif: tarir les revenus pétroliers du Kremlin pour limiter sa capacité de financer la guerre en Ukraine.

Le blocage du détroit d'Ormuz ainsi que les attaques iraniennes contre des infrastructures énergétiques du Golfe, en réponse aux frappes menées par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran depuis le 28 février, provoquent une flambée des prix de l'énergie, menaçant l'économie mondiale.

Mercredi matin, le baril de pétrole Brent s'échangeait autour de 110 dollars, près de ses récents sommets, reflétant les inquiétudes concernant les perturbations des flux transitant par le détroit.

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