- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Indonésie a annoncé mardi qu'elle allait rationner la vente de carburant tout en bloquant les prix à la pompe et a décrété un jour de télétravail par semaine pour les fonctionnaires dans le but de préserver ses stocks face à la flambée des cours du pétrole provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
"Pour assurer la distribution de carburant, le gouvernement réglementera les achats en fixant une limite raisonnable de 50 litres par véhicule" et par jour, a déclaré le ministre coordinateur des Affaires économiques, Airlangga Hartarto, depuis Séoul où il accompagne le président Prabowo Subianto en visite officielle.
Il a ajouté que les fonctionnaires effectueraient une journée de télétravail chaque vendredi.
Peu avant, le gouvernement a indiqué dans un communiqué transmis à l'AFP qu'il n'y aurait aucune augmentation du prix des carburants, "qu'ils soient subventionnés ou non", à compter du 1er avril.
Les autorités exhortent les citoyens à ne pas céder à la panique face aux "fausses informations" circulant au sujet d'une hausse imminente des prix.
"Nous espérons que le public ne paniquera pas et ne ressentira aucune anxiété, car nous garantissons la disponibilité du carburant", a indiqué le porte-parole de la présidence, Prasetyo Hadi, cité dans le communiqué.
Les mesures s'appliqueront à compter de mercredi et seront évaluées après deux mois de mise en oeuvre.
Le gouvernement estime que ces mesures généreront entre 7,1 à 7,6 milliards de dollars d'économies.
- carburant subventionné -
L'Indonésie, producteur de pétrole, est néanmoins un importateur net et subventionne massivement les carburants et le gaz naturel pour la consommation domestique.
Cette subvention s'élève à 12,3 milliards de dollars (10,7 milliards d'euros) et représente environ 5% du budget annuel de l'Etat pour 2026.
Le budget de l'Etat a été construit sur un baril de pétrole à 70 dollars. Or, le prix du baril a dépassé les 100 dollars, ce qui alourdit sensiblement l'effort que doit consentir l'Etat pour maintenir les prix à la pompe.
Selon les observateurs, le gouvernement pourrait finir par être contraint d'agir en relevant le prix des carburants ou en autorisant à aller au-delà du déficit public maximum fixé par la loi à 3% du produit intérieur brut (PIB).
"La situation économique nationale demeure stable, reposant sur des fondamentaux solides. Les stocks nationaux de carburant sont sécurisés et la stabilité budgétaire est maintenue", a assuré M. Airlangga, durant une conférence presse virtuelle.
"Nous avons besoin du soutien et de la coopération du public. Nous devons acheter du carburant de manière raisonnable et judicieuse", a ajouté Bahlil Lahadalia, le ministre de l'Énergie.
Par le passé, de précédentes hausses du prix du carburant ont provoqué des émeutes massives en Indonésie.
Contrairement à bon nombre de ses voisins, la première économie d'Asie du Sud-Est ne connaît pas actuellement de longues files d'attente aux stations-service.
Plus tôt ce mois-ci, le porte-parole de la présidence indonésienne, M. Prasetyo, a déclaré que le gouvernement envisageait d'économiser environ 4,7 milliards de dollars pour protéger l'économie des retombées.
Pour réduire les dépenses publiques, le gouvernement a annoncé dimanche une réduction d'un jour par semaine de son programme de repas scolaires gratuits, sauf dans les zones présentant des taux élevés de malnutrition.
Le président Prabowo Subianto s'est engagé à porter le taux de croissance économique de l'archipel de 5,1% en 2025 à 8% d'ici 2029, soutenu par des dépenses publiques élevées.