- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les autorités éthiopiennes, qui reconnaissent des "pénuries" de carburant provoquées par la guerre au Moyen-Orient, vont donner la priorité à certains véhicules aux stations-services, a annoncé mardi le ministère du Commerce.
L'Ethiopie, géant d'Afrique de l'Est et pays enclavé d'environ 130 millions d'habitants, est confronté depuis plusieurs jours à de longues files d'attente devant les stations.
La prolongation du conflit et le blocage de fait par l'Iran du détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, perturbe sérieusement les approvisionnements de nombreux pays, dont l'Ethiopie, qui importe la totalité de ses besoins en carburants, qui transitent par le port de Djibouti.
Certains véhicules, notamment ceux "transportant des biens de première nécessité", "les tracteurs contribuant à la modernisation de l'agriculture" ou bien encore "les véhicules de transport public", seront prioritaires à partir de mardi aux stations-essence, a annoncé le ministère du Commerce sur Facebook.
Les autorités d'Addis Abeba ont précisé "qu'en raison de la guerre et de l'instabilité, l'approvisionnement quotidien en gazole a diminué, passant de 9,2 millions de litres à 4,5 millions de litres".
Les autorités fédérales ont également exhorté la population à "utiliser le carburant avec parcimonie", à "privilégier les déplacements à pied", "utiliser les transports en commun" et "privilégier les énergies renouvelables".
Le pays, deuxième plus peuplé du continent africain, promeut depuis plusieurs années le véhicule électrique, après avoir notamment supprimé les taxes à l'importation et interdit à terme toute importation de véhicules thermiques.
Mais fin 2025, les véhicules électriques ne représentaient encore que 7% du parc automobile, selon le ministère des Transports.
Les prix ont augmenté ces derniers jours aux stations-essence, ce qui met la pression sur la population dans un pays déjà confronté à une forte inflation (10% annuellement) et où 40% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
Des élections législatives sont prévues le 1er juin.